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Suites numériques

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Cours — Suites numériques

Illustration du chapitre : suites

Qu’est-ce qu’une suite numérique ?

Une suite numérique \((u_n)\) est une fonction de \(\mathbb{N}\) (ou d’un ensemble \(\{n_0, n_0+1,\ldots\}\)) dans \(\mathbb{R}\). On note \(u_0\), \(u_1\), \(u_2\), … les termes ; \(u_n\) est le terme de rang \(n\).

  • Représentation : nuage de points \((n ; u_n)\) dans un repère.
  • On peut commencer à \(n=0\) ou à \(n=1\) : toujours préciser le premier rang.
  • Une suite n’est pas une fonction « continue » : les valeurs entre deux entiers n’existent pas.

La suite est la liste des termes ; l’indice \(n\) joue le rôle de la variable.

Définition explicite ou par récurrence

  • Explicite : \(u_n = f(n)\). Exemple : \(u_n = 3n+1\) donne \(u_0=1\), \(u_1=4\), \(u_2=7\).
  • Récurrence : on donne \(u_0\) (ou \(u_1\)) et une relation \(u_{n+1}=f(u_n)\). Exemple : \(u_0=2\), \(u_{n+1}=3u_n-1\).

Exemple — Avec \(u_0=2\) et \(u_{n+1}=3u_n-1\) : \(u_1=5\), \(u_2=14\), \(u_3=41\).

Explicite = formule directe ; récurrence = chaque terme dépend du précédent.

Suites arithmétiques

Une suite est arithmétique de raison \(r\) si \(u_{n+1}=u_n+r\) pour tout \(n\). On ajoute toujours le même nombre.

  • Forme explicite : \(u_n = u_0 + nr\) (si on part de \(n=0\)).
  • Si on part de \(u_1\) : \(u_n = u_1 + (n-1)r\).
  • Test : \(u_{n+1}-u_n\) constant \(\Leftrightarrow\) arithmétique.
\(u_0\)\(r\)\(u_n\)\(u_5\)
43\(4+3n\)19
10−2\(10-2n\)0

Suites géométriques

Une suite est géométrique de raison \(q\) si \(u_{n+1}=q\,u_n\). On multiplie toujours par le même facteur.

  • Forme explicite : \(u_n = u_0\,q^n\).
  • Depuis \(u_1\) : \(u_n = u_1\,q^{n-1}\).
  • Si \(u_n\neq 0\), le quotient \(u_{n+1}/u_n\) constant \(\Leftrightarrow\) géométrique.

Exemple — \(u_0=5\), \(q=1{,}1\) : \(u_n=5\times 1{,}1^n\) (intérêts composés à 10 %).

Intérêts simples ↔ arithmétique ; intérêts composés / évolutions en % ↔ géométrique.

Sens de variation

  • \((u_n)\) est croissante si \(u_{n+1}\ge u_n\) pour tout \(n\) (strictement si >).
  • Elle est décroissante si \(u_{n+1}\le u_n\).
  • Méthode : étudier le signe de \(u_{n+1}-u_n\), ou comparer \(u_{n+1}/u_n\) à 1 si les termes sont positifs.
TypeConditionVariation
Arithmétique\(r>0\)croissante
Arithmétique\(r<0\)décroissante
Géométrique (\(u_n>0\))\(q>1\)croissante
Géométrique (\(u_n>0\))\(0<q<1\)décroissante

Majorée, minorée, bornée

  • Majorée : il existe \(M\) tel que \(u_n\le M\) pour tout \(n\).
  • Minorée : il existe \(m\) tel que \(u_n\ge m\) pour tout \(n\).
  • Bornée : majorée et minorée.

Exemple — \(u_n=1-\dfrac{1}{n+1}\) est croissante, minorée par 0 et majorée par 1.

Somme des premiers termes

On note souvent \(S_n=u_0+u_1+\cdots+u_n\) (soit \(n+1\) termes) ou \(S_n=u_1+\cdots+u_n\) selon la convention de l’énoncé.

  • Arithmétique : \(S=\dfrac{\text{nombre de termes}}{2}\times(\text{premier}+\text{dernier})\).
  • Avec \(n+1\) termes de \(u_0\) à \(u_n\) : \(S_n=\dfrac{(n+1)(u_0+u_n)}{2}\).
  • Géométrique (\(q\neq 1\)) : \(S_n=u_0\dfrac{1-q^{n+1}}{1-q}\).
  • Si \(q=1\), alors \(S_n=(n+1)u_0\).

Exemple — Somme \(1+2+\cdots+n=\dfrac{n(n+1)}{2}\).

Compter soigneusement le nombre de termes avant d’appliquer une formule de somme.

Modélisation

  • Placement à intérêts simples : suite arithmétique.
  • Placement à intérêts composés, population multipliée par un facteur : suite géométrique.
  • Une hausse de \(t\,\%\) correspond à une multiplication par \(1+\dfrac{t}{100}\).

Exemple — Capital \(C_0=1000\) €, +2 % par an : \(C_n=1000\times 1{,}02^n\).

Résumé général

  • Suite = liste indexée de réels \(u_n\).
  • Explicite \(u_n=f(n)\) ou récurrence \(u_{n+1}=f(u_n)\).
  • Arithmétique : \(u_n=u_0+nr\) ; géométrique : \(u_n=u_0 q^n\).
  • Variation : signe de \(u_{n+1}-u_n\).
  • Sommes : moyenne des extrêmes (arithm.) ; formule \(u_0\frac{1-q^{n+1}}{1-q}\) (géom., \(q\neq 1\)).
  • Bien identifier le premier terme et le nombre de termes.