Cours
Comprendre, interpréter, apprécier
Choisis à gauche : cours, mémo, exercices ou évaluation. La zone ci-dessous affiche la partie sélectionnée.
Cours — Comprendre, interpréter, apprécier

L’explicite et l’implicite
Un texte dit certaines choses explicitement (elles sont écrites noir sur blanc) et en suggère d’autres implicitement : c’est au lecteur de les déduire en mettant en relation les indices du texte. Cette déduction s’appelle une inférence.
- Explicite : « Léa claqua la porte et monta dans sa chambre sans dîner. » → Léa claque la porte, elle ne dîne pas.
- Implicite : le lecteur comprend que Léa est en colère, même si le mot « colère » n’apparaît pas.
- Autre exemple : « Il remonta son col, enfonça ses mains dans ses poches et pressa le pas. » → il fait froid et le personnage veut rentrer vite.
- Pour inférer, on s’appuie sur les indices du texte et sur ses connaissances du monde.
Comprendre un texte, c’est saisir ce qu’il dit (l’explicite) et ce qu’il suggère (l’implicite) en reliant les indices entre eux.
Interpréter : formuler des hypothèses de lecture
Interpréter, c’est proposer un sens au texte quand il reste ouvert : pourquoi le personnage agit-il ainsi ? Que signifie cette fin étrange ? Une interprétation n’est pas une opinion libre : elle doit être justifiée par le texte.
- Je formule une hypothèse : « Je pense que le narrateur du Horla devient fou. »
- Je la justifie par des citations précises : « il répète “je ne peux plus”, il doute de ce qu’il voit ».
- Je confronte mon hypothèse à tout le texte : un seul indice ne suffit pas.
- Dans un débat interprétatif, j’écoute les hypothèses des autres et je défends la mienne avec des arguments et des citations.
Plusieurs interprétations peuvent coexister, mais toutes ne se valent pas : une interprétation qui contredit le texte doit être abandonnée.
Les outils d’analyse du lecteur
Pour interpréter finement, on mobilise des notions littéraires précises.
| Point de vue | Définition | Effet |
|---|---|---|
| Interne | On voit et on sait ce que perçoit un personnage | Le lecteur partage ses émotions et ses doutes |
| Externe | Le narrateur décrit de l’extérieur, sans accéder aux pensées | Mystère, distance |
| Omniscient | Le narrateur sait tout (pensées, passé, avenir) | Vision complète de l’histoire |
- Champ lexical : ensemble de mots renvoyant au même thème (« ombre, frisson, silence, effroi » → champ lexical de la peur).
- Comparaison : « ses yeux brillaient comme deux étoiles » (outil de comparaison exprimé).
- Métaphore : « ses yeux étaient deux lacs noirs » (image sans outil de comparaison).
- Personnification : « le vent hurlait dans la cheminée ».
- Hyperbole : « je meurs de faim » (exagération).
- Antithèse : rapprochement de deux idées opposées ; l’oxymore unit deux mots contraires (« cette obscure clarté », Corneille).
Apprécier un texte et justifier son jugement
Apprécier une œuvre, c’est exprimer un jugement de lecteur : ce qui m’a touché, surpris, dérangé. En 4ᵉ, ce jugement doit être argumenté.
- Je nomme mon impression : « cette nouvelle m’a mis mal à l’aise ».
- J’explique d’où elle vient : « parce que la chute révèle que le narrateur mentait depuis le début ».
- Je m’appuie sur des procédés : point de vue interne, rythme des phrases, champ lexical.
- J’accepte que d’autres lecteurs ressentent autre chose : le débat enrichit ma lecture.
Une interprétation ou un jugement de lecture ne vaut que s’il est appuyé sur des indices précis du texte (citations, procédés).
Mémo — Comprendre, interpréter, apprécier

- Explicite : ce que le texte dit ; implicite : ce qu’il suggère et que le lecteur déduit (inférence).
- Interpréter = formuler une hypothèse de sens et la justifier par des citations.
- Point de vue : interne (à travers un personnage), externe (de l’extérieur), omniscient (le narrateur sait tout).
- Champ lexical : mots renvoyant au même thème (peur, amour, ville…).
- Figures de style : comparaison (avec « comme »), métaphore (sans outil), personnification, hyperbole, antithèse, oxymore.
- Dans un débat interprétatif : j’écoute, je reformule, je défends mon hypothèse avec le texte.
- Une interprétation qui contredit le texte doit être abandonnée.
Exercices — Comprendre, interpréter, apprécier
Exercice 1
Pour chaque phrase, dis ce que le lecteur peut déduire (l’implicite) :
- « Malik regarda une dernière fois la maison, posa la clé sur la table et sortit sans se retourner. »
- « La vieille dame comptait et recomptait les pièces au fond de son porte-monnaie. »
- « Quand le professeur rendit les copies, Jade cacha aussitôt la sienne dans son sac. »
Correction
1) Malik quitte définitivement la maison (il rend la clé, il ne se retourne pas : départ sans retour). 2) La dame est pauvre ou inquiète de ne pas avoir assez d’argent. 3) Jade a probablement eu une mauvaise note et ne veut pas qu’on la voie. Dans les trois cas, l’information n’est pas écrite : on la déduit des indices.
Exercice 2
Identifie le point de vue (interne, externe ou omniscient) :
- « Un homme entra dans le café, commanda un verre et s’assit près de la fenêtre. Il ne parla à personne. »
- « Je sentis mon cœur s’emballer : quelque chose, dans cette chambre, avait bougé. »
- « Jeanne espérait tout de la vie ; elle ignorait encore que le destin lui réservait bien des déceptions. »
Correction
1) Point de vue externe : le narrateur décrit sans accéder aux pensées. 2) Point de vue interne : on perçoit la scène à travers les sensations du narrateur-personnage (« je sentis »). 3) Point de vue omniscient : le narrateur connaît les espoirs de Jeanne et son avenir.
Exercice 3
Nomme la figure de style :
- « La ville dormait sous la neige. »
- « Il est fort comme un bœuf. »
- « Cette rumeur est un poison. »
- « Je te l’ai répété mille fois ! »
Correction
1) Personnification (la ville « dort » comme un être vivant). 2) Comparaison (outil « comme »). 3) Métaphore (la rumeur est identifiée à un poison, sans outil de comparaison). 4) Hyperbole (exagération volontaire).
Exercice 4
Après la lecture d’une nouvelle fantastique étudiée en classe (par exemple Le Horla de Maupassant), rédige un paragraphe de 8 à 10 lignes répondant à la question : « Le narrateur est-il victime d’un être surnaturel ou de sa propre folie ? » Ta réponse doit contenir une hypothèse claire et au moins deux justifications tirées du texte.
Correction
Critères de réussite : 1) une hypothèse clairement formulée dès la première phrase (« Je pense que… ») ; 2) au moins deux indices précis du texte (citations ou passages résumés) qui la soutiennent ; 3) la mention de l’hésitation fantastique : le texte laisse volontairement les deux explications possibles ; 4) une langue correcte, avec des connecteurs (d’abord, ensuite, pourtant). Les deux réponses sont recevables si elles sont justifiées : c’est le propre du fantastique.
Évaluation — Comprendre, interpréter, apprécier
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Lire à voix haute, seul ou à plusieurs

Lire à voix haute, c’est déjà interpréter
Une lecture à voix haute réussie n’est pas un simple déchiffrage : elle transmet la compréhension que le lecteur a du texte. Le ton choisi, les pauses, le rythme montrent comment on interprète un passage.
- Lire une scène de dispute avec une voix neutre, c’est trahir le texte.
- Ralentir avant une chute de nouvelle, c’est préparer l’effet de surprise.
- Deux lecteurs peuvent proposer deux lectures différentes du même poème : ce sont deux interprétations.
La lecture à voix haute est une interprétation : elle fait entendre le sens et les émotions du texte.
Les outils de la voix
| Outil | Définition | Comment l’utiliser |
|---|---|---|
| Volume | Force de la voix | Assez fort pour être entendu au fond de la salle, sans crier |
| Débit | Vitesse de la parole | Ni trop rapide ni monotone : ralentir sur les passages importants |
| Articulation | Netteté des sons | Prononcer toutes les syllabes, ouvrir la bouche |
| Intonation | Mélodie de la phrase | Monter pour une question, varier selon les émotions |
| Pauses | Silences | S’appuyer sur la ponctuation et le sens |
La ponctuation est la partition du lecteur : une virgule appelle une courte pause, un point une pause plus longue, un point d’interrogation fait monter la voix, un point d’exclamation demande de l’énergie.
Préparer sa lecture
Une bonne lecture à voix haute se prépare comme un musicien prépare un morceau.
- Comprendre d’abord le texte : qui parle ? quelle émotion domine ? où est le moment fort ?
- Annoter son texte : souligner les mots à mettre en valeur, marquer les pauses d’un trait ( / ), noter les changements de ton.
- Repérer les groupes de souffle : ensembles de mots que l’on dit d’une seule respiration, sans couper un groupe grammatical.
- Repérer les paroles rapportées : changer légèrement de voix quand un personnage parle.
- S’entraîner plusieurs fois, seul puis devant un camarade qui donne un retour précis.
Lire la poésie et le théâtre
En poésie, on respecte le rythme du vers sans « chanter » mécaniquement : la voix suit le sens autant que la forme.
- Le e muet suivi d’une consonne se prononce dans un vers : dans « Une rose d’automne », le e de « rose » se compte et s’entend.
- Le e muet en fin de vers ou devant une voyelle ne se prononce pas.
- On marque légèrement la fin du vers, mais on ne coupe pas une phrase qui continue au vers suivant (enjambement).
Au théâtre, la lecture devient jeu : chaque lecteur incarne un personnage, adresse ses répliques à son partenaire et respecte les indications des didascalies (en colère, à voix basse…). Lire à plusieurs demande d’écouter les autres pour enchaîner les répliques sans blanc.
Mémo — Lire à voix haute, seul ou à plusieurs

- Lire à voix haute = interpréter : le ton, le rythme et les pauses font entendre le sens.
- Les 5 outils : volume, débit, articulation, intonation, pauses.
- La ponctuation guide les pauses ; la voix monte sur une question.
- Préparer = comprendre, annoter le texte, repérer les groupes de souffle.
- Changer légèrement de voix pour les paroles rapportées et les personnages.
- En poésie : le e muet devant consonne se prononce dans le vers ; attention aux enjambements.
- Au théâtre : adresser ses répliques, respecter les didascalies, enchaîner sans blanc.
- S’entraîner plusieurs fois et demander un retour précis à un camarade.
Exercices — Lire à voix haute, seul ou à plusieurs
Exercice 1
Recopie ce passage et prépare-le pour une lecture à voix haute : marque les pauses par un trait ( / ), souligne les mots à mettre en valeur, note le ton à adopter.
« La porte s’ouvrit lentement. Personne. Pourtant, j’avais bien entendu frapper. Trois coups, nets, décidés. Je restai immobile, le cœur battant. »
Correction
Exemple d’annotation : « La porte s’ouvrit lentement. / Personne. // Pourtant, / j’avais bien entendu frapper. / Trois coups, / nets, / décidés. // Je restai immobile, / le cœur battant. » Ton : inquiet, débit ralenti, longue pause après « Personne » pour installer la tension. Toute annotation cohérente avec l’atmosphère de peur est acceptée.
Exercice 2
Indique, pour chacun de ces vers, si le e souligné se prononce ou non dans une lecture de poésie :
- « Une rose d’automne est plus qu’une autre exquise » (Agrippa d’Aubigné)
- « Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne » (Victor Hugo)
- « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant » (Paul Verlaine)
Correction
1) Le e de « rose » se prononce : il est suivi d’une consonne (« d’automne »). 2) Le e de « campagne » ne se prononce pas : il est en fin de vers. 3) Le e de « rêve » ne se prononce pas : il est suivi d’une voyelle (« étrange »), il s’élide.
Exercice 3
Avec un camarade, préparez la lecture d’un court dialogue de théâtre étudié en classe (une dizaine de répliques). Répartissez-vous les rôles, décidez ensemble du ton de chaque réplique, puis présentez votre lecture.
Correction
Critères de réussite : 1) chaque lecteur est audible et articule ; 2) les répliques s’enchaînent sans blanc ; 3) le ton correspond aux didascalies et à la situation (colère, ironie, peur…) ; 4) les deux voix sont différenciées ; 5) les lecteurs lèvent les yeux de temps en temps vers le public.
Exercice 4
Enregistre-toi en train de lire un texte d’une quinzaine de lignes. Écoute ton enregistrement et remplis une grille d’auto-évaluation : volume, débit, articulation, intonation, pauses. Note un point fort et un point à améliorer, puis enregistre une seconde version.
Correction
Critères de réussite : 1) la grille est remplie honnêtement pour les 5 outils de la voix ; 2) le point à améliorer est précis (« je lis trop vite les deux premières phrases », pas « c’est nul ») ; 3) la seconde version corrige réellement ce point ; 4) le progrès est audible en comparant les deux enregistrements.
Évaluation — Lire à voix haute, seul ou à plusieurs
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Appréhender une œuvre dans son contexte

Situer une œuvre dans son contexte
Une œuvre n’apparaît pas dans le vide : elle est écrite par un auteur, à une époque donnée, souvent en lien avec un mouvement littéraire ou artistique. Connaître ce contexte éclaire la lecture.
- Guy de Maupassant écrit ses nouvelles au XIXᵉ siècle, à l’époque du réalisme : il décrit la société de son temps (paysans normands, employés parisiens) avec précision, parfois avec cruauté.
- Victor Hugo, figure du romantisme, met la poésie au service des sentiments et des grandes causes.
- Les écrivains des Lumières (XVIIIᵉ siècle : Voltaire, Montesquieu, Diderot) combattent l’injustice et l’ignorance par la raison.
- Se demander pour qui et contre quoi un texte a été écrit aide à l’interpréter.
Situer une œuvre = auteur, date, siècle, mouvement, circonstances. Le contexte éclaire le sens, il ne le remplace pas.
Comprendre la structure globale d’une œuvre
Chaque genre organise la matière autrement ; repérer cette architecture aide à comprendre le projet de l’auteur.
- Récit : situation initiale, élément perturbateur, péripéties, dénouement. La nouvelle, brève, resserre ce schéma et se termine souvent par une chute (fin surprenante qui oblige à relire l’histoire autrement).
- Théâtre : la pièce se découpe en actes et en scènes ; l’exposition présente la situation, le nœud concentre le conflit, le dénouement le résout.
- Recueil poétique : l’ordre des poèmes et les titres de sections construisent un parcours (par exemple des saisons, d’un amour, d’une ville).
- Article de presse : titre, chapô, intertitres ; l’essentiel d’abord, les détails ensuite.
Les genres au programme de 4ᵉ
| Genre | Caractéristiques | Exemples |
|---|---|---|
| Nouvelle réaliste | Récit bref, cadre quotidien crédible, chute fréquente | La Parure, Aux champs (Maupassant) |
| Récit fantastique | Intrusion de l’étrange dans le réel, hésitation du lecteur | Le Horla (Maupassant), La Vénus d’Ille (Mérimée) |
| Récit d’anticipation | Monde futur imaginé pour interroger le nôtre | Jules Verne, Ray Bradbury |
| Poésie lyrique | Expression des sentiments (amour, nature, temps qui passe) | Ronsard, Hugo, Verlaine |
| Théâtre | Conflits de personnages et de valeurs, dialogues et didascalies | Corneille, Molière, Anouilh |
| Presse | Informer, expliquer, commenter l’actualité | Article, reportage, éditorial |
Le fantastique se distingue du merveilleux : dans le merveilleux (conte), le surnaturel est accepté ; dans le fantastique, le lecteur hésite entre explication rationnelle et explication surnaturelle.
Comparer des œuvres littéraires et artistiques
En 4ᵉ, on apprend à mettre en relation un texte avec un tableau, une photographie, un film ou une autre œuvre littéraire, avec un vocabulaire adapté.
- Pour une image : cadrage, premier plan / arrière-plan, lumière, couleurs, composition.
- Pour une adaptation : qu’est-ce qui est gardé, supprimé, transformé par rapport au texte ? Quel effet produit chaque choix ?
- Pour deux textes : comparer le thème, le point de vue, le ton (grave, ironique, lyrique).
- Conclure : les deux œuvres disent-elles la même chose du monde, ou se répondent-elles ?
Mémo — Appréhender une œuvre dans son contexte

- Contexte = auteur, date, siècle, mouvement, circonstances d’écriture.
- Réalisme (XIXᵉ) : représenter la vie telle qu’elle est ; Maupassant en est un maître.
- Lumières (XVIIIᵉ) : combattre l’injustice par la raison (Voltaire, Montesquieu, Diderot).
- Nouvelle : récit bref, souvent terminé par une chute surprenante.
- Fantastique : hésitation entre explication rationnelle et surnaturelle (≠ merveilleux).
- Théâtre : actes et scènes ; exposition, nœud, dénouement.
- Comparer des œuvres = repérer ce qui est gardé, supprimé, transformé et l’effet produit.
Exercices — Appréhender une œuvre dans son contexte
Exercice 1
Associe chaque auteur à son siècle et à son mouvement ou courant : Maupassant, Voltaire, Hugo, Ronsard.
Correction
Ronsard : XVIᵉ siècle, poésie de la Renaissance (la Pléiade). Voltaire : XVIIIᵉ siècle, les Lumières. Hugo : XIXᵉ siècle, romantisme. Maupassant : XIXᵉ siècle, réalisme (et récits fantastiques).
Exercice 2
Dans La Parure de Maupassant, Mathilde Loisel emprunte un collier pour un bal, le perd, s’endette dix ans pour le remplacer… et apprend à la fin qu’il était faux. Explique ce qu’est la chute de cette nouvelle et son effet sur le lecteur.
Correction
La chute est la révélation finale : le collier perdu était un bijou de pacotille. Elle surprend le lecteur et l’oblige à relire toute l’histoire autrement : dix ans de sacrifices ont été inutiles. Elle renforce la critique réaliste de Maupassant : la vanité et les apparences ont brisé la vie du couple.
Exercice 3
Classe ces situations dans le bon genre : merveilleux ou fantastique. Justifie.
- Une fée transforme une citrouille en carrosse ; personne ne s’en étonne.
- Un narrateur trouve chaque matin sa carafe d’eau vide et se demande s’il est fou ou si un être invisible vit chez lui.
Correction
1) Merveilleux : le surnaturel fait partie des règles du monde du conte, il est accepté sans discussion. 2) Fantastique : l’événement étrange surgit dans un monde réaliste et le narrateur (comme le lecteur) hésite entre une explication rationnelle (folie, somnambulisme) et une explication surnaturelle (créature invisible). C’est la situation du Horla.
Exercice 4
Après avoir lu une nouvelle étudiée en classe et vu son adaptation (film, BD ou pièce), rédige un paragraphe de comparaison : un élément gardé, un élément transformé, et l’effet de cette transformation.
Correction
Critères de réussite : 1) un élément gardé clairement identifié (personnage, scène, dialogue) ; 2) un élément transformé précis (époque déplacée, fin modifiée, personnage supprimé) ; 3) l’effet de ce choix expliqué (modernisation, suspense accru, sens différent) ; 4) l’emploi d’un vocabulaire d’analyse (adaptation, mise en scène, cadrage, fidélité).
Évaluation — Appréhender une œuvre dans son contexte
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Connaissances littéraires et culturelles

Reconnaître le style d’un auteur
Le style, c’est la manière personnelle d’écrire d’un auteur : ses choix de phrases, d’images, de ton. En 4ᵉ, on apprend à en identifier quelques traits.
- La longueur et le rythme des phrases : phrases courtes et sèches pour l’action, longues périodes pour la description ou l’émotion.
- Les images : certains auteurs multiplient métaphores et comparaisons ; d’autres préfèrent la précision du détail concret.
- Le ton : Voltaire manie l’ironie (dire le contraire de ce qu’on pense pour critiquer) ; Hugo aime l’ampleur et l’antithèse ; Maupassant observe avec une précision froide.
- Les thèmes de prédilection : la mer chez Hugo exilé, la Normandie chez Maupassant, la nature chez les poètes lyriques.
Identifier un style = observer les phrases, les images, le ton et les thèmes qui reviennent d’un texte à l’autre du même auteur.
Mémoriser un passage d’une quinzaine de lignes ou de vers
Apprendre un texte par cœur, c’est se constituer une bibliothèque intérieure : des phrases qui nourrissent l’écriture, l’oral et la pensée.
- Comprendre avant d’apprendre : un texte compris se retient deux fois plus vite.
- Découper le passage en unités de sens (strophes, phrases) et les apprendre une par une.
- Répéter à voix haute : la mémoire de l’oreille et celle du geste s’ajoutent à la mémoire visuelle.
- Espacer les révisions : relire le soir, réciter le lendemain, puis trois jours plus tard.
- S’appuyer sur la structure : rimes, anaphores, répétitions sont des béquilles pour la mémoire.
Relier les œuvres entre elles
Les œuvres se répondent à travers les siècles : mettre en relation ses lectures, c’est construire sa culture littéraire.
- Par le thème : dire l’amour chez Ronsard (« Mignonne, allons voir si la rose… »), chez Hugo, puis chez les poètes du XXᵉ siècle — même sentiment, formes différentes.
- Par le genre : la nouvelle à chute de Maupassant annonce celles de Dino Buzzati ou de Fredric Brown.
- Par la reprise : Anouilh réécrit l’Antigone de Sophocle en 1944 ; le mythe change de sens avec le contexte.
- Par l’opposition : un poème qui célèbre la ville peut se lire face à un poème qui la dénonce.
Argumenter avec des exemples littéraires
En 4ᵉ, on apprend à utiliser ses lectures comme preuves dans une argumentation, à l’écrit comme à l’oral.
- Une idée sans exemple reste abstraite : « La fiction peut dénoncer l’injustice » gagne à être illustrée par Candide de Voltaire ou Claude Gueux de Hugo.
- L’exemple doit être précis : titre, auteur, situation évoquée en une phrase.
- L’exemple doit être exploité : on explique en quoi il soutient l’idée, on ne se contente pas de le citer.
- Varier ses exemples (roman, théâtre, poésie, film) rend l’argumentation plus convaincante.
Mémo — Connaissances littéraires et culturelles

- Style = phrases, images, ton et thèmes propres à un auteur.
- Ironie : dire le contraire de ce qu’on pense pour critiquer (arme préférée de Voltaire).
- Mémoriser : comprendre, découper, répéter à voix haute, espacer les révisions.
- Les rimes, anaphores et répétitions sont des appuis pour la mémoire.
- Relier les œuvres : par le thème, le genre, la réécriture ou l’opposition.
- Un bon exemple littéraire est précis (titre, auteur) et exploité (on explique ce qu’il prouve).
- Se constituer une bibliothèque intérieure nourrit l’écriture et l’oral.
Exercices — Connaissances littéraires et culturelles
Exercice 1
Compare ces deux débuts inventés et décris, pour chacun, deux traits de style :
- « Il pleuvait. Jean sortit. La rue était vide. Il marcha. »
- « Sous le déluge infini qui noyait les toits et faisait des ruisseaux de chaque ruelle, Jean, le cœur aussi lourd que le ciel, s’avança dans la rue déserte comme un naufragé sur une mer de pavés. »
Correction
Texte 1 : phrases courtes, juxtaposées, aucun adjectif ni image ; style sec et rapide, qui crée un effet de froideur. Texte 2 : phrase longue et ample, riche en images (métaphore « une mer de pavés », comparaison « comme un naufragé », hyperbole « déluge infini ») ; style lyrique qui associe le paysage aux émotions du personnage.
Exercice 2
Choisis un passage d’une quinzaine de lignes ou de vers dans une œuvre étudiée. Établis ton plan de mémorisation sur une semaine, puis récite le texte.
Correction
Critères de réussite : 1) le passage est compris (tu peux le reformuler) ; 2) le plan prévoit un apprentissage par unités de sens et des révisions espacées (jour 1, jour 2, jour 5 par exemple) ; 3) la récitation est complète, sans hésitation majeure ; 4) elle est expressive : le ton suit le sens, pas une mélodie mécanique.
Exercice 3
Trouve un point commun et une différence entre Antigone de Sophocle (Antiquité grecque) et Antigone de Jean Anouilh (1944) : même héroïne qui désobéit au roi Créon pour enterrer son frère.
Correction
Point commun : le même conflit de valeurs — Antigone place le devoir envers son frère (loi morale ou religieuse) au-dessus de la loi du roi, et l’assume jusqu’à la mort. Différence : le contexte change le sens ; chez Sophocle, la pièce interroge les lois des dieux et de la cité ; chez Anouilh, écrite sous l’Occupation, la désobéissance d’Antigone résonne avec la résistance à un pouvoir oppressif. Toute différence pertinente (langue moderne, anachronismes, prologue d’Anouilh) est acceptée.
Exercice 4
Rédige un paragraphe argumenté (6 à 8 lignes) pour défendre l’idée suivante : « La littérature peut changer notre regard sur le monde. » Utilise au moins un exemple littéraire précis, tiré de tes lectures de l’année.
Correction
Critères de réussite : 1) l’idée est reformulée en thèse claire ; 2) au moins un exemple précis (titre + auteur + situation en une phrase), par exemple La Parure qui dévoile le poids des apparences, ou Le Horla qui fait douter de la raison ; 3) l’exemple est exploité : une phrase explique ce qu’il prouve ; 4) un connecteur logique articule idée et exemple (ainsi, par exemple, c’est ce que montre…).
Évaluation — Connaissances littéraires et culturelles
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Culture littéraire et artistique

Sonder, explorer, anticiper : la fiction aux limites de notre monde
Premier questionnement de l’année : comment la fiction interroge-t-elle le réel en le prolongeant, en le déformant, en l’anticipant ?
- Le récit fantastique fait surgir l’étrange dans le quotidien : Le Horla de Maupassant, La Vénus d’Ille de Mérimée. Le lecteur hésite : folie ou surnaturel ?
- Le récit d’anticipation imagine le futur pour parler du présent : Jules Verne explore les possibles de la science ; Ray Bradbury (Fahrenheit 451) imagine un monde sans livres pour alerter sur le nôtre.
- Dans les deux cas, l’écart avec le réel n’est pas une fuite : c’est un miroir grossissant qui révèle nos peurs et nos questions.
La fiction qui s’éloigne du réel (fantastique, anticipation) sert souvent à mieux l’interroger.
Contempler, célébrer, veiller : habiter la terre en poète
Deuxième questionnement : la poésie lyrique, qui dit les sentiments — l’amour, l’émerveillement devant la nature, l’inquiétude pour la terre.
- Le lyrisme : expression des sentiments personnels à la première personne ; le mot vient de la lyre d’Orphée, instrument qui accompagnait le chant.
- Dire l’amour : Ronsard célèbre la femme aimée et le temps qui passe (« Mignonne, allons voir si la rose… ») ; Hugo et Verlaine renouvellent ce chant.
- Célébrer la nature : les poètes contemplent le monde et invitent à le protéger ; la poésie contemporaine se fait parfois écologique.
- Outils du poète : vers, strophes, rimes, images (métaphore, personnification), musicalité des sonorités.
Obéir, désobéir, trahir ? Conflits de valeurs sur scène
Troisième questionnement : au théâtre, l’individu affronte la société et ses règles. Que faire quand la loi contredit la conscience ?
- Dans Antigone (Sophocle, réécrit par Anouilh), l’héroïne désobéit au roi Créon pour enterrer son frère : loi de la cité contre devoir moral.
- Dans Le Cid de Corneille, Rodrigue est déchiré entre l’honneur de sa famille et son amour pour Chimène : c’est le dilemme cornélien.
- Le théâtre rend ces confrontations de valeurs visibles et audibles : chaque personnage incarne une position, le spectateur est pris à témoin.
- Vocabulaire : dilemme, conflit, tirade, didascalie, dénouement tragique ou heureux.
Critiquer, dénoncer, penser : les Lumières en héritage
Quatrième questionnement : au XVIIIᵉ siècle, les philosophes des Lumières mettent l’écriture au service de la raison et de la liberté. Leur héritage nourrit encore la presse et le débat public.
- Voltaire dénonce l’intolérance et l’injustice par le conte et l’ironie ; il défend Calas, condamné à tort.
- Montesquieu, dans les Lettres persanes, fait décrire la France par des étrangers : le regard décalé révèle l’absurde de nos habitudes.
- Diderot dirige l’Encyclopédie, pour diffuser tous les savoirs.
- Héritage aujourd’hui : la presse et le questionnement « informer, s’informer, déformer ? » — vérifier ses sources, distinguer fait et opinion, résister aux fausses nouvelles.
Quatre parcours de l’année : la fiction aux limites du monde, la poésie pour habiter la terre, les conflits de valeurs sur scène, l’esprit critique hérité des Lumières.
Mémo — Culture littéraire et artistique

- Fiction et réel : fantastique (hésitation) et anticipation (futur imaginé) interrogent notre monde.
- Le Horla (Maupassant), La Vénus d’Ille (Mérimée) : classiques du fantastique.
- Lyrisme : dire ses sentiments à la première personne (amour, nature, temps qui passe).
- Ronsard, Hugo, Verlaine : trois voix du chant amoureux à connaître.
- Théâtre : conflits de valeurs (Antigone désobéit à Créon ; le dilemme de Rodrigue dans Le Cid).
- Lumières (XVIIIᵉ) : Voltaire, Montesquieu, Diderot — critiquer par la raison et l’ironie.
- Héritage des Lumières : l’esprit critique face à l’information (fait / opinion, sources).
Exercices — Culture littéraire et artistique
Exercice 1
Associe chaque œuvre au questionnement de l’année qui lui correspond : Le Horla (Maupassant) ; « Mignonne, allons voir si la rose… » (Ronsard) ; Antigone (Anouilh) ; les Lettres persanes (Montesquieu).
Correction
Le Horla → la fiction aux limites de notre monde (fantastique). Ronsard → habiter la terre en poète (poésie lyrique, dire l’amour et le temps qui passe). Antigone → conflits de valeurs sur scène (obéir, désobéir). Lettres persanes → les Lumières en héritage (critiquer la société par le regard étranger).
Exercice 2
Explique en quelques lignes pourquoi un récit d’anticipation comme Fahrenheit 451 (un monde où les pompiers brûlent les livres) parle en réalité de notre présent.
Correction
Bradbury n’essaie pas de prédire l’avenir : il grossit des tendances de son époque (censure, divertissement permanent, écrans qui remplacent la lecture) pour nous alerter. Le monde imaginé sert de miroir : en voyant ses excès, le lecteur s’interroge sur sa propre société. C’est le principe de la fiction qui interroge le réel.
Exercice 3
Antigone décide d’enterrer son frère malgré l’interdiction du roi Créon, au prix de sa vie. Présente les deux valeurs qui s’affrontent, puis donne ton avis en une phrase argumentée.
Correction
Valeurs en conflit : d’un côté la loi de la cité et l’ordre public défendus par Créon ; de l’autre le devoir moral et familial (et religieux) d’Antigone envers son frère. L’avis personnel est libre mais doit être argumenté, par exemple : « Je comprends Antigone car certaines lois peuvent être injustes » ou « Je comprends Créon car sans loi commune la cité sombre dans le chaos ». Une phrase = une position + une justification.
Exercice 4
À la manière des Lettres persanes, rédige un court paragraphe (6 à 8 lignes) où un visiteur venu d’ailleurs décrit avec étonnement une habitude de notre époque (le smartphone, les réseaux sociaux, la mode…).
Correction
Critères de réussite : 1) le narrateur est bien un étranger naïf qui décrit sans les mots habituels (« un petit miroir noir que chacun consulte cent fois par jour ») ; 2) l’habitude choisie devient étrange ou absurde vue de l’extérieur ; 3) la description contient une critique implicite, comme chez Montesquieu ; 4) le texte est rédigé à la première personne, au présent, dans une langue correcte.
Évaluation — Culture littéraire et artistique
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Écrire pour réfléchir et apprendre

Les écrits de travail
On n’écrit pas seulement pour être lu : on écrit aussi pour soi, pour comprendre, organiser ses idées et mémoriser. Ces écrits n’ont pas besoin d’être parfaits : ils sont des outils.
| Support | Utile pour… | Exemple |
|---|---|---|
| Liste | Rassembler des idées en vrac | Idées pour une rédaction |
| Carte mentale | Organiser un thème en branches | Les personnages d’une œuvre |
| Tableau | Comparer, classer | Discours direct / indirect |
| Brouillon rédigé | Tester une formulation | Premier jet d’un paragraphe |
| Schéma, frise | Visualiser une structure | Étapes du récit, chronologie |
En 4ᵉ, on apprend à choisir soi-même le support d’écrit de travail adapté à l’objectif : lister, comparer, organiser, mémoriser.
Prendre des notes
Prendre en notes un cours, un exposé ou un document, ce n’est pas tout copier : c’est sélectionner et organiser l’essentiel.
- Noter les mots-clés et les idées, pas les phrases entières.
- Utiliser des abréviations stables : tjs (toujours), qqn (quelqu’un), ex. (exemple), → (donc, entraîne), ≠ (différent de), + / − (avantage / inconvénient).
- Rendre visible l’organisation du propos : titres, tirets, numéros, flèches — les connecteurs entendus (« d’abord », « ensuite », « en revanche ») signalent le plan.
- Relire et compléter ses notes rapidement après, tant que la mémoire est fraîche.
L’écrit réflexif : écrire pour penser
L’écrit réflexif est un texte où l’on revient sur ce qu’on a lu, appris ou fait, pour en tirer quelque chose. C’est une nouveauté travaillée en 4ᵉ.
- Journal de lecture : après un chapitre, noter ses impressions, ses questions, ses hypothèses (« je pense que le narrateur cache quelque chose car… »).
- Bilan d’apprentissage : « ce que j’ai compris », « ce qui me résiste encore », « comment je vais m’y prendre ».
- Retour sur un travail : expliquer ses choix d’écriture (« j’ai choisi le point de vue interne pour faire partager la peur »).
- Ces écrits utilisent la première personne et un lexique de la pensée : je suppose, j’en déduis, je me demande, je constate.
Bien utiliser ses écrits de travail
- Un écrit de travail est daté et conservé : il garde la trace du chemin parcouru.
- Il peut être raturé, incomplet, personnel : on ne l’évalue pas comme une rédaction.
- Il prépare les écrits « finis » : la carte mentale devient un plan, le journal de lecture nourrit le débat interprétatif.
- Relire ses écrits de travail avant un contrôle est une révision efficace : on retrouve sa propre pensée, pas celle d’un manuel.
Mémo — Écrire pour réfléchir et apprendre

- On écrit aussi pour soi : comprendre, organiser, mémoriser.
- Supports au choix : liste, carte mentale, tableau, brouillon, schéma — selon l’objectif.
- Prendre des notes = mots-clés + abréviations + mise en page (titres, tirets, flèches).
- Abréviations utiles : tjs, qqn, ex., →, ≠, + / −.
- Relire et compléter ses notes rapidement après le cours.
- Écrit réflexif : journal de lecture, bilan (« j’ai compris… », « je me demande… »).
- Un écrit de travail peut être raturé et personnel : c’est un outil, pas une copie à rendre.
Exercices — Écrire pour réfléchir et apprendre
Exercice 1
Pour chaque objectif, choisis le support d’écrit de travail le plus adapté (liste, carte mentale, tableau, frise, brouillon rédigé) et justifie en une phrase :
- Comparer le fantastique et le merveilleux.
- Rassembler des idées pour une rédaction sur la ville.
- Retenir les liens entre les personnages d’une pièce de théâtre.
Correction
1) Un tableau à deux colonnes : idéal pour comparer point par point. 2) Une liste (ou une carte mentale) : on note les idées en vrac avant de les organiser. 3) Une carte mentale (ou un schéma fléché) : elle rend visibles les relations entre personnages. D’autres choix sont acceptés s’ils sont justifiés par l’objectif.
Exercice 2
Transforme ce passage entendu en notes brèves (mots-clés, abréviations, tirets) : « La nouvelle réaliste se déroule toujours dans un cadre quotidien. Ensuite, elle met en scène des personnages ordinaires. Enfin, elle se termine souvent par une chute, c’est-à-dire une fin surprenante. »
Correction
Exemple de notes : « Nouvelle réaliste : — cadre quotidien — pers. ordinaires — fin = chute (surprise) ». On vérifie : mots-clés seulement, pas de phrases complètes, tirets ou flèches pour montrer la liste des caractéristiques, abréviation stable (« pers. »).
Exercice 3
Après ta lecture du dernier chapitre d’une œuvre étudiée, rédige une entrée de journal de lecture (5 à 6 lignes) contenant : une impression, une question que tu te poses, une hypothèse pour la suite.
Correction
Critères de réussite : 1) la première personne est employée ; 2) les trois éléments sont présents : impression (« j’ai été surpris par… »), question (« je me demande pourquoi… »), hypothèse (« je suppose que… car… ») ; 3) l’hypothèse s’appuie sur un indice du texte ; 4) le style peut rester spontané : c’est un écrit de travail.
Exercice 4
Après une rédaction rendue, écris un court bilan réflexif : ce que tu as réussi, ce qui t’a posé problème, et une stratégie précise pour ton prochain écrit.
Correction
Critères de réussite : 1) une réussite précise (« mon dialogue est vivant »), pas générale (« c’était bien ») ; 2) une difficulté identifiée (« je confonds les temps du récit ») ; 3) une stratégie concrète et vérifiable (« à la relecture, je soulignerai tous les verbes et vérifierai imparfait / passé simple ») ; 4) le ton est honnête : ce bilan sert à progresser, pas à se juger.
Évaluation — Écrire pour réfléchir et apprendre
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Écrire des textes d’invention et de réflexion

Analyser le sujet et planifier son écrit
Avant d’écrire, on décode le sujet et on prépare un plan : c’est la garantie de ne pas être hors sujet.
- Souligner les mots-clés du sujet : genre demandé (récit, lettre, dialogue…), thème, contraintes (« en insérant un dialogue », « au point de vue interne »).
- Lister ses idées au brouillon, puis les ordonner : pour un récit, les étapes du schéma narratif ; pour une réflexion, les arguments du plus faible au plus fort.
- Prévoir l’ouverture et la fin avant de rédiger : savoir où l’on va évite les récits qui s’essoufflent.
- Gérer son temps : un tiers pour préparer, la moitié pour rédiger, le reste pour relire.
Écrire un récit complexe
En 4ᵉ, un récit réussi mêle plusieurs formes de discours : narration, description et paroles rapportées.
- Narration : les actions s’enchaînent au passé simple (« Il ouvrit la porte et s’avança »), l’arrière-plan à l’imparfait (« La maison sentait le renfermé »).
- Description : elle installe l’atmosphère ; dans un récit fantastique, elle prépare l’étrange (jeu d’ombres, bruits inexpliqués).
- Paroles rapportées : le dialogue au discours direct rend la scène vivante ; le discours indirect résume les échanges secondaires.
- On peut jouer sur l’ordre du récit : un retour en arrière éclaire le passé d’un personnage ; une ellipse saute les moments sans intérêt (« Trois ans passèrent. »).
Un récit de 4ᵉ tisse narration + description + paroles rapportées, et peut varier l’ordre du temps (retour en arrière, ellipse).
Écrire un texte à visée argumentative
Argumenter, c’est défendre une thèse (une position) à l’aide d’arguments (des raisons) illustrés d’exemples.
- Thèse : « La lecture de fictions nous rend plus attentifs aux autres. »
- Argument : « Elle nous fait vivre la vie d’un autre de l’intérieur. »
- Exemple : « Dans La Parure, on partage dix ans de sacrifices de Mathilde. »
- Les connecteurs logiques articulent le propos : d’abord, ensuite, de plus (ajout) ; car, en effet (cause) ; donc, ainsi (conséquence) ; mais, pourtant, cependant (opposition).
- En 4ᵉ, on vise au moins un argument développé et illustré d’un exemple ; on apprend aussi à formuler l’avis adverse pour le discuter.
Respecter les codes du genre demandé
Chaque genre a ses règles ; les respecter fait partie de la consigne.
- Nouvelle à chute : tout doit préparer discrètement la surprise finale, sans la dévoiler.
- Récit fantastique : point de vue interne, gradation de l’étrange, fin ouverte qui laisse le doute.
- Lettre : lieu et date, formule d’adresse, signature ; le registre s’adapte au destinataire.
- Poème lyrique : première personne, images, travail des sonorités ; vers réguliers ou libres selon la consigne.
- Scène de théâtre : noms des personnages avant chaque réplique, didascalies entre parenthèses, conflit qui progresse.
Mémo — Écrire des textes d’invention et de réflexion

- Avant d’écrire : souligner les mots-clés du sujet, lister, ordonner, prévoir la fin.
- Récit complexe = narration + description + paroles rapportées.
- Temps du récit au passé : passé simple (actions) et imparfait (arrière-plan).
- Retour en arrière : éclairer le passé ; ellipse : sauter le temps inutile.
- Argumenter = thèse + argument + exemple, reliés par des connecteurs logiques.
- Connecteurs : d’abord, de plus (ajout) ; car (cause) ; donc (conséquence) ; pourtant (opposition).
- Respecter les codes du genre : chute préparée, didascalies au théâtre, formules de la lettre.
- Garder un tiers du temps pour préparer et du temps pour relire.
Exercices — Écrire des textes d’invention et de réflexion
Exercice 1
Analyse ce sujet en relevant : le genre demandé, le thème, les contraintes. « Racontez, au point de vue interne, la nuit où votre personnage découvre un phénomène inexplicable dans son immeuble. Votre récit insérera un court dialogue et se terminera sur une question. »
Correction
Genre : récit (fantastique, puisque le phénomène est « inexplicable »). Thème : une découverte étrange, la nuit, dans un immeuble. Contraintes : point de vue interne (« je » ou vision limitée à un personnage), un dialogue inséré au discours direct, une fin ouverte sous forme de question — typique du fantastique qui maintient le doute.
Exercice 2
Réécris ce passage plat en y mêlant une description et un court dialogue : « Sami entra dans la cave. Il vit quelque chose de bizarre. Il appela son frère. Ils partirent. »
Correction
Exemple : « Sami poussa la porte de la cave, qui grinça longuement. Une odeur de terre humide le saisit ; au fond, entre deux caisses moisies, une lueur pâle palpitait. “Tu vois ça ? souffla-t-il. — Monte, ordonna son frère d’une voix blanche. Tout de suite.” Ils remontèrent quatre à quatre, sans oser se retourner. » On vérifie : une description qui installe l’atmosphère, un dialogue au discours direct correctement ponctué, des verbes d’action au passé simple.
Exercice 3
Rédige un paragraphe argumentatif (8 à 10 lignes) sur le sujet : « La ville est-elle un lieu de tous les possibles ? » Ta réponse contiendra une thèse, un argument développé, un exemple précis et un connecteur d’opposition pour évoquer l’avis adverse.
Correction
Critères de réussite : 1) une thèse nette (« La ville offre… » ou « La ville promet plus qu’elle ne donne… ») ; 2) un argument développé (rencontres, culture, anonymat qui libère — ou solitude, inégalités) ; 3) un exemple précis (une œuvre lue, un poème sur la ville, une expérience) ; 4) l’avis adverse introduit par pourtant / cependant / certes… mais ; 5) des phrases correctes reliées par des connecteurs.
Exercice 4
Écris le début d’une nouvelle à chute (10 à 12 lignes) : choisis d’abord ta chute, puis rédige une ouverture qui la prépare discrètement sans la révéler.
Correction
Critères de réussite : 1) la chute est choisie avant la rédaction (notée en marge) ; 2) l’ouverture sème des indices discrets qui prendront sens à la fin (double sens, détail insistant) ; 3) aucun indice ne dévoile la surprise ; 4) le cadre est réaliste et crédible, à la manière de Maupassant ; 5) relecture : un camarade qui lit le début ne doit pas deviner la fin, mais doit la trouver logique après coup.
Évaluation — Écrire des textes d’invention et de réflexion
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Évaluer et faire évoluer son écrit

Se relire avec des objectifs ciblés
Relire « en général » ne sert presque à rien : on ne voit pas ses propres erreurs. La relecture efficace est ciblée : une lecture = un objectif.
- Lecture 1 — le sens : le texte répond-il au sujet ? Les idées s’enchaînent-elles ? Rien ne manque, rien n’est en trop ?
- Lecture 2 — la langue : accords sujet-verbe, temps des verbes, ponctuation des dialogues.
- Lecture 3 — le style : répétitions, verbes pauvres (faire, dire, être), phrases trop longues.
- Construire sa grille de relecture personnelle à partir de ses erreurs fréquentes, et la faire évoluer dans l’année.
Une relecture efficace est ciblée : on relit plusieurs fois, avec un objectif précis à chaque passage.
Enrichir et préciser son texte
Améliorer un écrit, ce n’est pas seulement corriger les fautes : c’est le rendre plus précis et plus expressif.
- Remplacer les verbes passe-partout : « il dit » → il murmura, protesta, avoua ; « il y a » → se dresse, s’étend, règne.
- Chasser les répétitions avec des substituts : « Mathilde » → la jeune femme, elle, l’héroïne.
- Puiser dans ses lectures : réutiliser une image, un rythme de phrase admiré chez un auteur.
- Préciser par le détail concret : « une vieille maison » → « une maison aux volets rongés de lierre ».
Relire et faire relire : le regard des pairs
Un camarade voit ce que l’auteur ne voit plus. La relecture entre pairs s’apprend.
- Le relecteur reçoit un objectif précis : « vérifie que ma chute surprend », « repère mes répétitions ».
- Il formule ses retours de façon constructive : un point fort, une question, une suggestion.
- L’auteur reste maître de son texte : il choisit ce qu’il retient des conseils.
Du brouillon à la version finale
Les écrivains raturent : les manuscrits de Hugo ou de Flaubert sont couverts de corrections. Les versions intermédiaires sont la preuve du travail.
- Conserver ses brouillons et comparer les versions : qu’est-ce qui a progressé ? qu’a-t-on perdu ?
- Utiliser le dictionnaire (papier ou en ligne) pour vérifier sens, orthographe et registre d’un mot.
- Les correcteurs automatiques aident mais se trompent : ils ignorent souvent le contexte (« il a tord » n’est pas toujours signalé, les homophones les piègent). La décision finale revient au relecteur humain.
- Recopier au propre est une dernière relecture, pas une simple copie.
Mémo — Évaluer et faire évoluer son écrit

- Relecture efficace = ciblée : une lecture pour le sens, une pour la langue, une pour le style.
- Se construire une grille de relecture à partir de ses erreurs fréquentes.
- Enrichir : verbes précis (murmura ≠ dit), substituts contre les répétitions, détails concrets.
- Ses lectures sont une réserve d’images et de tournures à réutiliser.
- Relecture entre pairs : un objectif précis, des retours constructifs, l’auteur décide.
- Garder ses brouillons : comparer les versions montre le progrès.
- Dictionnaire = vérifier sens et registre ; correcteur automatique = aide utile mais faillible.
Exercices — Évaluer et faire évoluer son écrit
Exercice 1
Améliore ce passage en remplaçant les verbes pauvres et en supprimant les répétitions : « Il y avait une maison au bout de la rue. La maison était vieille. Paul a dit qu’il avait peur de la maison. Paul a dit qu’il ne voulait pas entrer. »
Correction
Exemple : « Au bout de la rue se dressait une maison décrépite, aux volets pendants. “Elle me glace le sang, avoua Paul. Je n’y entrerai pas.” » On vérifie : « il y avait » remplacé par un verbe expressif (se dressait), « la maison » repris par un substitut ou un pronom, « a dit » remplacé par des verbes de parole précis (avoua, souffla, protesta). Toute réécriture respectant ces trois améliorations est juste.
Exercice 2
Voici trois erreurs relevées dans tes dernières rédactions : confusion imparfait / passé simple ; dialogues mal ponctués ; répétition du mot « alors ». Construis ta grille de relecture personnelle en trois points, chacun avec une action concrète de vérification.
Correction
Exemple de grille : 1) Temps du récit : je surligne tous les verbes ; arrière-plan → imparfait, actions ponctuelles → passé simple. 2) Dialogues : je vérifie deux-points avant les guillemets, un tiret à chaque changement de locuteur. 3) Répétitions : je compte les « alors » et j’en remplace par « puis », « à cet instant », « aussitôt » (ou je supprime). Une grille est réussie si chaque point contient une action vérifiable.
Exercice 3
Échange ta rédaction avec un camarade. Consigne de relecture : « Repère un point fort, pose une question sur un passage peu clair, propose une amélioration précise. » Rédigez chacun votre retour, puis améliorez votre propre texte.
Correction
Critères de réussite : 1) le retour contient bien les trois éléments (point fort, question, suggestion) ; 2) la suggestion est précise et localisée (« ligne 8, remplace “bizarre” par un détail qui montre l’étrangeté ») ; 3) l’auteur modifie son texte en retenant au moins une proposition, et peut justifier ce qu’il refuse ; 4) le ton reste bienveillant et porte sur le texte, jamais sur la personne.
Exercice 4
Un correcteur automatique a validé cette phrase : « Les élèves que j’ai vu hier mon rendu leur devoirs. » Relève et corrige les trois erreurs qu’il n’a pas signalées, puis explique pourquoi la machine s’est trompée.
Correction
Corrections : 1) « que j’ai vus » — participe passé avec avoir, COD « que » (= les élèves) placé avant ; 2) « m’ont rendu » — confusion entre « mon » (déterminant) et « m’ont » (pronom + auxiliaire avoir) ; 3) « leurs devoirs » — « devoirs » est au pluriel. Phrase correcte : « Les élèves que j’ai vus hier m’ont rendu leurs devoirs. » La machine échoue car chaque mot existe : seuls le contexte grammatical et l’analyse des fonctions révèlent les erreurs.
Évaluation — Évaluer et faire évoluer son écrit
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Prendre la parole et interagir

Un oral construit : le compte rendu et l’exposé
Un oral préparé se construit comme un texte : il a un plan que l’auditoire doit pouvoir suivre à l’oreille.
- Introduction : annoncer le sujet et le plan (« Je vais présenter…, d’abord…, ensuite… »).
- Développement : deux ou trois parties, signalées par des connecteurs bien audibles.
- Conclusion : rappeler l’essentiel en une ou deux phrases, éventuellement ouvrir une question.
- Parler à partir de notes (mots-clés sur une fiche), jamais d’un texte entièrement rédigé qu’on lirait.
- Le compte rendu (de lecture, de sortie, de recherche) restitue fidèlement l’essentiel, dans un ordre clair, sans réciter.
Le débat argumenté
Débattre, ce n’est pas se disputer : c’est confronter des arguments en respectant des règles.
- Écouter sans couper la parole ; demander la parole au modérateur ou l’attendre.
- Reformuler avant de répondre : « Si je te comprends bien, tu dis que… ».
- Argumenter : une idée + une justification + un exemple, pas une simple affirmation.
- Concéder puis réfuter : « C’est vrai que…, mais… » — reconnaître un point à l’adversaire renforce sa propre position.
- Critiquer les idées, jamais les personnes.
Au débat, la formule gagnante : écouter → reformuler → concéder → réfuter avec un argument et un exemple.
Prendre la parole sans préparation
En 4ᵉ, on s’entraîne aussi à l’improvisation : réagir en classe, donner son avis, répondre à une objection imprévue.
- Prendre deux secondes pour respirer et formuler mentalement son idée principale.
- S’appuyer sur une structure simple : « Je pense que… parce que… par exemple… ».
- Assumer les hésitations : mieux vaut une pause silencieuse que des « euh » en cascade.
- Rebondir sur ce qui vient d’être dit (« Comme l’a dit Inès… », « Au contraire de ce qui vient d’être dit… ») : c’est cela, interagir.
Voix, regard, posture
Le corps parle autant que les mots : la communication non verbale se travaille.
- Regard : balayer l’auditoire, ne pas fixer ses notes ni le plafond.
- Posture : droit, stable, mains libres pour accompagner le propos.
- Voix : volume suffisant, débit maîtrisé, pauses pour laisser respirer les idées.
- Le trac est normal : la préparation et la répétition en réduisent l’essentiel.
Mémo — Prendre la parole et interagir

- Oral construit = introduction (sujet + plan), développement en parties, conclusion.
- Parler à partir de mots-clés, jamais lire un texte rédigé.
- Débat : écouter, reformuler, concéder, réfuter — critiquer les idées, pas les personnes.
- Un argument = idée + justification + exemple.
- Improviser : respirer, puis « je pense que… parce que… par exemple… ».
- Interagir = rebondir sur les propos des autres (« comme l’a dit… », « au contraire… »).
- Non verbal : regard vers l’auditoire, posture stable, voix posée.
Exercices — Prendre la parole et interagir
Exercice 1
Prépare la fiche de mots-clés d’un compte rendu oral de 2 minutes sur ta dernière lecture : titre et auteur, situation de départ, un moment marquant, ton avis argumenté. Présente-le sans lire de phrases rédigées.
Correction
Critères de réussite : 1) la fiche ne contient que des mots-clés (pas de phrases complètes) ; 2) le plan annoncé est suivi ; 3) l’avis final est argumenté (une raison + un exemple du livre) ; 4) le regard se détache de la fiche ; 5) la durée est respectée (1 min 30 à 2 min 30).
Exercice 2
Transforme ces affirmations brutes en arguments complets (idée + justification + exemple) : « Les réseaux sociaux, c’est bien. » / « Les devoirs, ça sert à rien. »
Correction
Exemples : « Les réseaux sociaux peuvent être utiles, parce qu’ils permettent de garder le lien avec des proches éloignés ; par exemple, on peut suivre la vie d’un cousin parti à l’étranger. » — « Je ne suis pas d’accord : les devoirs servent à consolider ce qu’on a vu en classe, car la mémoire a besoin de répétition ; ainsi, refaire deux exercices de grammaire aide à fixer la règle. » On vérifie la présence des trois étages : idée, justification, exemple.
Exercice 3
En classe, organisez un débat sur la question « La ville est-elle un lieu de tous les possibles ? ». Répartissez les rôles (modérateur, débatteurs, observateurs) et utilisez au moins une fois chacun : une reformulation, une concession, une réfutation.
Correction
Critères de réussite : 1) personne ne coupe la parole, le modérateur distribue les tours ; 2) chaque débatteur emploie une reformulation (« si je comprends bien… »), une concession (« c’est vrai que… mais… ») et une réfutation argumentée ; 3) les exemples sont précis (lectures, expériences) ; 4) les observateurs relèvent les formules utilisées et font un retour ; 5) aucune attaque personnelle.
Exercice 4
Improvisation : tire au sort un sujet (« Faut-il noter les élèves ? », « Le téléphone au collège », « Vivre en ville ou à la campagne ? ») et parle 60 secondes sans préparation, en suivant la structure « je pense que… parce que… par exemple… ».
Correction
Critères de réussite : 1) une prise de respiration avant de commencer, pas de départ précipité ; 2) la structure en trois temps est audible ; 3) le propos tient 60 secondes sans se répéter ; 4) les « euh » sont limités, remplacés par de courtes pauses ; 5) la position défendue reste la même du début à la fin.
Évaluation — Prendre la parole et interagir
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Écouter, comprendre, interpréter

L’écoute active
Écouter n’est pas seulement entendre : l’écoute active mobilise l’attention pour comprendre et mémoriser un propos oral (exposé, podcast, journal radio, discours).
- Se fixer un objectif d’écoute avant de commencer : « repérer la thèse », « noter les trois informations principales ».
- Repérer les idées principales : elles sont souvent annoncées, répétées ou résumées à la fin.
- Prendre des notes brèves (mots-clés) sans perdre le fil : on complète après.
- Mémoriser en reformulant mentalement : « en résumé, il dit que… ».
Explicite et implicite à l’oral
Comme un texte, une parole dit des choses explicitement et en suggère d’autres. À l’oral, l’implicite passe aussi par la voix et le contexte.
- Le ton change le sens : « Bravo, c’est du beau travail ! » peut être un compliment sincère… ou une ironie cinglante selon l’intonation.
- Les sous-entendus : « Il fait froid ici… » peut vouloir dire « ferme la fenêtre ».
- Le choix des mots révèle un point de vue : dire d’une manifestation qu’elle « rassemble » ou qu’elle « bloque » la ville n’est pas neutre.
- Interpréter un propos oral, c’est croiser ce qui est dit, comment c’est dit, et qui le dit.
À l’oral, le sens vient des mots et de la voix : ton, intonation et contexte peuvent dire le contraire des mots (ironie).
Comprendre l’organisation d’un propos et la restituer
Un propos construit a un plan ; savoir le retrouver permet de le restituer fidèlement.
- Les connecteurs sont des balises sonores : « d’abord », « ensuite », « en revanche », « pour conclure ».
- Dans un journal radio : titres d’abord, puis développement de chaque information — l’essentiel avant les détails.
- Restituer = redonner les idées dans l’ordre du propos, avec ses propres mots, sans ajouter son avis (sauf si on le signale : « à mon avis… »).
- Distinguer fait (vérifiable : « il a plu 40 mm ») et opinion (jugement : « ce temps est déprimant ») — réflexe hérité du questionnement « informer, s’informer, déformer ? ».
Mémo — Écouter, comprendre, interpréter

- Écoute active : un objectif d’écoute + des notes en mots-clés + une reformulation mentale.
- Les idées principales sont annoncées, répétées ou résumées.
- À l’oral, l’implicite passe par le ton : la même phrase peut être sincère ou ironique.
- Un « il fait froid ici… » peut être une demande déguisée : c’est le sous-entendu.
- Le choix des mots d’un journaliste révèle déjà un point de vue.
- Les connecteurs entendus donnent le plan du propos.
- Restituer = mêmes idées, même ordre, ses propres mots, sans mélanger avec son avis.
- Fait = vérifiable ; opinion = jugement personnel.
Exercices — Écouter, comprendre, interpréter
Exercice 1
Écoute un épisode court de podcast documentaire (3 à 5 minutes) choisi avec ton professeur. Avant l’écoute, fixe-toi un objectif ; pendant, note des mots-clés ; après, restitue les trois idées principales à l’oral.
Correction
Critères de réussite : 1) l’objectif d’écoute est formulé avant (« repérer de quoi ça parle et les 3 infos majeures ») ; 2) les notes sont des mots-clés, pas des phrases ; 3) la restitution donne les idées dans l’ordre du propos, avec tes propres mots ; 4) aucune idée inventée : tout vient de l’enregistrement.
Exercice 2
Pour chaque énoncé oral, dis ce qu’il signifie implicitement :
- (D’un ton las, en regardant la télévision allumée) « Tu n’as pas des devoirs, toi ? »
- (Ironique, devant une chambre en désordre) « Eh bien, quel rangement impeccable ! »
- (À voix basse, à un ami, pendant un exposé) « Il est long, ce passage… »
Correction
1) Sous-entendu : « éteins la télévision et va travailler » — la question n’attend pas une réponse. 2) Ironie : le ton dit le contraire des mots ; signification réelle : « ta chambre est en désordre, range-la ». 3) Sous-entendu : « je m’ennuie » — jugement négatif exprimé indirectement. Dans les trois cas, le ton et le contexte renversent ou complètent le sens des mots.
Exercice 3
Classe ces énoncés entendus à la radio en fait ou opinion :
- « Le musée a accueilli 12 000 visiteurs ce week-end. »
- « Cette exposition est la plus émouvante de l’année. »
- « La ligne de bus 12 sera fermée trois semaines pour travaux. »
- « Franchement, ces travaux n’en finissent plus. »
Correction
1) Fait : chiffre vérifiable. 2) Opinion : « la plus émouvante » est un jugement. 3) Fait : information vérifiable et datée. 4) Opinion : « franchement » et « n’en finissent plus » expriment un agacement personnel. Un même sujet peut donc mêler faits et opinions : l’auditeur attentif les sépare.
Exercice 4
Un camarade présente un exposé de 3 minutes. Pendant l’écoute, note les connecteurs qu’il emploie et reconstitue son plan. Compare ensuite avec le plan qu’il avait préparé.
Correction
Critères de réussite : 1) au moins trois connecteurs relevés (« d’abord », « ensuite », « enfin »…) ; 2) le plan reconstitué comporte les grandes parties, pas les détails ; 3) l’écart avec le plan préparé est analysé : si l’auditoire n’a pas retrouvé le plan, c’est souvent que les connecteurs manquaient — conclusion utile pour l’orateur comme pour l’auditeur.
Évaluation — Écouter, comprendre, interpréter
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Dire, lire, jouer un texte

Réciter avec expressivité
Réciter, ce n’est pas débiter un texte appris : c’est le faire vivre pour autrui. La récitation expressive prouve que le texte est compris.
- Le ton suit le sens : on ne dit pas un vers mélancolique comme une exclamation joyeuse.
- Les pauses mettent en valeur les mots importants ; le silence fait partie de la récitation.
- Éviter la mélodie mécanique (la « chanson de récitation ») qui écrase le sens sous le rythme.
- Commencer et finir posément : regarder l’auditoire, respirer, puis se lancer.
Prendre en compte l’auditoire
Dire un texte, c’est l’adresser à quelqu’un. Sans destinataire, la parole tombe à plat.
- Regarder son public : lever les yeux aux moments forts, balayer la salle.
- Adapter le volume à l’espace : être entendu du dernier rang.
- Sentir les réactions : ralentir si l’attention se perd, laisser passer un rire.
- Accepter le regard des autres : l’auditoire n’est pas un juge mais un partenaire.
Jouer une scène de théâtre
Jouer, c’est incarner un personnage : la voix, le corps et l’espace racontent autant que les mots.
- Lire d’abord les didascalies : elles indiquent gestes, tons, déplacements (« à part », « furieux », « elle sort »).
- Chercher ce que le personnage veut dans la scène (convaincre, cacher, séduire, résister) : cette intention guide le jeu.
- Occuper l’espace : entrées, sorties, distances entre personnages (on ne se dispute pas à dix mètres l’un de l’autre).
- Jouer, c’est aussi écouter : réagir aux répliques du partenaire, ne pas attendre simplement son tour.
- Le corps parle : posture d’un roi, d’un valet rusé, d’une héroïne qui défie l’autorité.
Pour jouer une scène : didascalies + intention du personnage + corps et espace + écoute des partenaires.
S’entraîner et progresser
- Répéter debout et à voix haute, dans les conditions réelles.
- S’enregistrer ou se filmer : on découvre des défauts (et des qualités) invisibles de l’intérieur.
- Demander un retour ciblé : « est-ce qu’on m’entend ? », « mon personnage est-il crédible ? ».
- Progresser par petites touches : une répétition = un point à améliorer.
Mémo — Dire, lire, jouer un texte

- Réciter = faire vivre le texte : le ton suit le sens, pas une mélodie mécanique.
- Les pauses et silences mettent en valeur les mots importants.
- Adresser sa parole : regard vers l’auditoire, volume adapté à la salle.
- Les didascalies indiquent tons, gestes et déplacements : les lire avant de jouer.
- Chercher l’intention du personnage : que veut-il dans cette scène ?
- Jouer = aussi écouter ses partenaires et occuper l’espace.
- S’entraîner debout, s’enregistrer, viser un progrès par répétition.
Exercices — Dire, lire, jouer un texte
Exercice 1
Dis la même phrase — « Je ne t’attendais plus. » — de quatre manières différentes : avec soulagement, avec colère, avec ironie, avec tristesse. Fais deviner l’émotion à un camarade.
Correction
Critères de réussite : les quatre versions sont nettement différenciées par le ton, le débit, le volume et l’expression du visage ; le camarade identifie au moins trois émotions sur quatre. Cet exercice prouve que le sens passe par la voix autant que par les mots.
Exercice 2
Choisis une réplique de théâtre accompagnée d’une didascalie (par exemple : « (à part, effrayé) Que vient-il faire ici ? »). Explique ce que la didascalie impose au comédien, puis joue la réplique en la respectant.
Correction
« À part » signifie que le personnage parle pour lui-même (et pour le public), sans être entendu des autres personnages : le comédien se tourne légèrement vers la salle, baisse la voix. « Effrayé » impose le ton : voix tendue, débit précipité ou souffle court. La réplique jouée doit rendre visibles ces deux consignes.
Exercice 3
Par groupes de deux ou trois, montez une courte scène de conflit étudiée en classe (une page maximum). Définissez l’intention de chaque personnage, réglez les déplacements, puis jouez la scène devant la classe.
Correction
Critères de réussite : 1) le texte est su (pas de feuille à la main au moment du jeu) ; 2) chaque comédien peut formuler l’intention de son personnage (« je veux le faire céder ») ; 3) les déplacements sont choisis et non subis ; 4) les répliques s’enchaînent, les comédiens se regardent et réagissent ; 5) le conflit monte en intensité jusqu’à la fin de la scène.
Exercice 4
Récite un poème appris (une quinzaine de vers) devant la classe. Auparavant, prépare trois choix d’interprétation : un passage dit plus lentement, un mot mis en valeur, une pause marquée. Justifie ces choix après la récitation.
Correction
Critères de réussite : 1) le texte est su sans hésitation majeure ; 2) les trois choix annoncés sont audibles pendant la récitation ; 3) la justification s’appuie sur le sens (« je ralentis sur ce vers car le poète y évoque la mort ») ; 4) le regard se porte sur l’auditoire au moins au début et à la fin.
Évaluation — Dire, lire, jouer un texte
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Vocabulaire et orthographe lexicale

La formation des mots
Un mot se compose d’un radical (qui porte le sens principal), éventuellement d’un préfixe (avant) et d’un suffixe (après) : in- + just + -ice → injustice.
| Élément | Sens | Exemples |
|---|---|---|
| in-, im-, il-, ir- | contraire, négation | invisible, impossible, illisible, irréel |
| dé-, dés- | action inverse, privation | défaire, désobéir |
| re-, ré- | répétition, retour | relire, réécrire |
| pré- | avant | prévoir, préhistoire |
| -tion, -sion | action, résultat (nom) | narration, confusion |
| -able, -ible | possibilité (adjectif) | lisible, imaginable |
| -té, -eur | qualité (nom abstrait) | liberté, grandeur |
Connaître ces éléments aide à comprendre un mot inconnu et à l’orthographier : le préfixe in- devient im- devant m, b, p (immangeable, imbattable, imprévu) ; il- devant l ; ir- devant r.
Polysémie, synonymes, dénotation et connotation
- Polysémie : un mot a plusieurs sens selon le contexte — une feuille d’arbre, de papier ; un jugement éclairé (≠ une pièce éclairée).
- Synonymes : sens proche mais jamais identique — peur, crainte, effroi, terreur forment une gradation d’intensité.
- Antonymes : sens contraire — obéir / désobéir, courage / lâcheté.
- Dénotation : le sens neutre, celui du dictionnaire — « rouge » désigne une couleur.
- Connotation : les idées associées — le rouge évoque la passion, le danger, l’interdit. Deux mots de même dénotation peuvent connoter différemment : « une odeur » (neutre), « un parfum » (agréable), « un relent » (désagréable).
Dénotation = le sens du dictionnaire ; connotation = les idées et émotions associées au mot. Les écrivains (et les publicitaires) jouent sur les connotations.
Le lexique de l’abstraction et de l’analyse littéraire
En 4ᵉ, on manie de plus en plus de noms abstraits, indispensables pour analyser et argumenter.
- Passer du concret à l’abstrait : libre → la liberté ; juste → la justice ; fidèle → la fidélité ; désobéir → la désobéissance.
- Lexique du théâtre : réplique, tirade (longue réplique), aparté (parole que seuls les spectateurs entendent), didascalie, dénouement.
- Lexique du roman et de la nouvelle : narrateur, point de vue, intrigue, péripétie, chute.
- Lexique du jugement : approuver, contester, nuancer, dénoncer, célébrer.
Homophones lexicaux et radicaux verbaux
Des mots qui se prononcent pareil s’écrivent différemment : le contexte et la famille de mots permettent de choisir.
- voie (chemin : la voie ferrée) / voix (organe de la parole : une voix grave).
- cent (100) / sang (dans les veines) / sans (privation) / s’en (il s’en va).
- vert (couleur) / verre (matière, récipient) / vers (ligne de poème, ou préposition) / ver (animal).
- S’appuyer sur les mots de la même famille : « sanguin » confirme le g de « sang » ; « verdure » confirme le t de « vert » (verte).
- Pour les radicaux verbaux : les verbes en -eler / -eter doublent souvent la consonne ou prennent un accent (j’appelle, il jette / j’achète, il gèle) — en cas de doute, vérifier au dictionnaire.
Mémo — Vocabulaire et orthographe lexicale

- Mot = préfixe + radical + suffixe : in-just-ice.
- in- devient im- devant m, b, p (imprévu), il- devant l, ir- devant r.
- Suffixes de noms abstraits : -tion, -té, -eur, -esse (narration, liberté, grandeur, sagesse).
- Polysémie : plusieurs sens selon le contexte ; les synonymes forment des gradations (peur < effroi < terreur).
- Dénotation = sens du dictionnaire ; connotation = idées associées (parfum ≠ relent).
- Théâtre : réplique, tirade, aparté, didascalie ; récit : narrateur, intrigue, chute.
- Homophones : voie/voix, cent/sang/sans, vert/verre/vers/ver — s’aider de la famille de mots.
Exercices — Vocabulaire et orthographe lexicale
Exercice 1
Décompose ces mots (préfixe / radical / suffixe) et donne leur sens : irréversible, désobéissance, prévisible, immortalité.
Correction
ir-révers-ible : qui ne peut pas revenir en arrière. dés-obé-issance : fait de ne pas obéir (nom abstrait). pré-vis-ible : qu’on peut voir à l’avance. im-mortal-ité : qualité de ce qui ne meurt pas. On note que in- devient ir- devant r et im- devant m.
Exercice 2
Classe ces mots du moins intense au plus intense (gradation), puis emploie le plus fort dans une phrase de récit fantastique : effroi, inquiétude, peur, terreur.
Correction
Gradation : inquiétude < peur < effroi < terreur. Exemple de phrase : « Quand la porte s’ouvrit sur le couloir vide, une terreur glacée me cloua sur place. » La gradation est un outil précieux pour faire monter la tension dans un récit.
Exercice 3
Ces trois mots désignent à peu près la même réalité : une maison, une demeure, une baraque. Explique ce que chacun connote, puis choisis le plus adapté pour décrire l’habitation inquiétante d’un récit fantastique. Justifie.
Correction
Même dénotation (un lieu d’habitation), connotations différentes : maison est neutre ; demeure connote l’ancienneté, la grandeur, un certain mystère (registre soutenu) ; baraque connote la pauvreté ou le délabrement (registre familier). Pour un récit fantastique, demeure convient le mieux : « une vieille demeure aux volets clos » installe d’emblée une atmosphère étrange et solennelle.
Exercice 4
Complète avec le bon homophone (voie/voix, cent/sang/sans, vert/verre/vers) :
- Elle récita les premiers … du poème d’une … tremblante.
- Le train est annoncé … numéro deux ; il partira … retard.
- Il a levé son … de jus de fruits, … même attendre le toast.
Correction
1) « les premiers vers du poème » (lignes de poésie), « d’une voix tremblante » (organe de la parole). 2) « voie numéro deux » (chemin, quai), « sans retard » (privation). 3) « son verre de jus de fruits » (récipient), « sans même attendre ». Astuce : chercher un mot de la même famille (vocal → voix ; verrerie → verre).
Évaluation — Vocabulaire et orthographe lexicale
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — La phrase et ses constituants

Phrase simple, phrase complexe
Une phrase simple contient un seul verbe conjugué (une seule proposition). Une phrase complexe en contient plusieurs, reliées de trois manières :
- Juxtaposition : les propositions sont séparées par une virgule, un point-virgule ou deux-points — « Il pleuvait, la rue était déserte. »
- Coordination : elles sont reliées par une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) — « Il pleuvait et la rue était déserte. »
- Subordination : une proposition (la subordonnée) dépend d’une autre (la principale) — « Il resta chez lui parce qu’il pleuvait. »
Pour compter les propositions, on compte les verbes conjugués. La subordonnée ne peut pas exister seule : « parce qu’il pleuvait » n’est pas une phrase.
Subordonnées relatives et conjonctives
- La relative est introduite par un pronom relatif (qui, que, quoi, dont, où, lequel…) et complète un nom, son antécédent : « Le livre que tu m’as prêté est passionnant. » (« que tu m’as prêté » complète « le livre »).
- La conjonctive complétive est introduite par la conjonction « que » et complète le plus souvent un verbe (fonction COD) : « Je pense que tu as raison. »
- Pour les distinguer : dans la relative, « que » reprend l’antécédent (il a une fonction dans la subordonnée) ; dans la conjonctive, « que » n’est qu’un outil, il ne reprend rien.
- « dont » équivaut à « de qui / de quoi » : « L’ami dont je t’ai parlé » (= j’ai parlé de cet ami).
Les subordonnées circonstancielles
Elles jouent le rôle d’un complément circonstanciel et précisent les circonstances de l’action. En 4ᵉ, on découvre en particulier l’opposition et la condition.
| Circonstance | Conjonctions | Exemple |
|---|---|---|
| Temps | quand, lorsque, dès que, avant que | « Dès que la cloche sonna, ils sortirent. » |
| Cause | parce que, puisque, comme | « Comme il pleuvait, le match fut annulé. » |
| Conséquence | si bien que, de sorte que | « Il a couru, si bien qu’il est arrivé à temps. » |
| But | pour que, afin que (+ subjonctif) | « Parle plus fort pour que tout le monde entende. » |
| Opposition / concession | alors que, tandis que, bien que (+ subjonctif) | « Bien qu’il soit tard, elle lit encore. » |
| Condition | si, à condition que, pourvu que | « Si tu viens, nous répéterons la scène. » |
Attention aux modes : après bien que, pour que, afin que, on emploie le subjonctif (« bien qu’il soit tard », et non « bien qu’il est tard »).
L’apposition
L’apposition est un mot ou groupe de mots, généralement détaché par des virgules, qui désigne la même réalité que le nom qu’il complète.
- « Paris, capitale de la France, attire des millions de visiteurs. » — « capitale de la France » = Paris.
- « Épuisée, Antigone tint tête au roi. » — l’adjectif apposé qualifie Antigone en la détachant en tête de phrase.
- L’apposition permet d’enrichir une phrase sans créer de subordonnée : outil précieux pour les descriptions.
Mémo — La phrase et ses constituants

- Phrase complexe = plusieurs verbes conjugués : juxtaposition, coordination ou subordination.
- Conjonctions de coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car.
- Relative : pronom relatif (qui, que, dont, où) + complète un nom (l’antécédent).
- Conjonctive complétive : « que » après un verbe, fonction COD (« Je pense que… »).
- Circonstancielles : temps (quand), cause (parce que), conséquence (si bien que), but (pour que), opposition (bien que, alors que), condition (si).
- Après bien que, pour que, afin que → subjonctif.
- Apposition : détachée par des virgules, désigne la même réalité que le nom (« Paris, capitale de la France »).
Exercices — La phrase et ses constituants
Exercice 1
Indique si les propositions sont juxtaposées, coordonnées ou si l’une est subordonnée à l’autre :
- « Le rideau se lève, la salle retient son souffle. »
- « Antigone sait qu’elle risque la mort. »
- « Rodrigue hésite, car il aime Chimène. »
Correction
1) Juxtaposition : deux propositions séparées par une virgule. 2) Subordination : « qu’elle risque la mort » est une conjonctive complétive, COD de « sait ». 3) Coordination : les deux propositions sont reliées par la conjonction « car ».
Exercice 2
Dis si « que » introduit une relative ou une conjonctive, et justifie :
- « La pièce que nous répétons passe vendredi. »
- « Je crois que cette scène est la plus difficile. »
Correction
1) Relative : « que » est un pronom relatif ; il reprend l’antécédent « la pièce » et occupe la fonction COD dans la subordonnée (nous répétons la pièce). 2) Conjonctive : « que » est une conjonction, il ne reprend aucun nom ; toute la subordonnée « que cette scène est la plus difficile » est COD du verbe « crois ».
Exercice 3
Identifie la circonstance exprimée par chaque subordonnée (temps, cause, conséquence, but, opposition, condition) :
- « Bien qu’il connaisse son texte, il a le trac. »
- « Si tu m’aides, je finirai ce soir. »
- « Elle répète tous les jours afin que la scène soit parfaite. »
- « Puisque tu es là, donne-moi la réplique. »
Correction
1) Opposition / concession (« bien que » + subjonctif « connaisse »). 2) Condition (« si »). 3) But (« afin que » + subjonctif « soit »). 4) Cause (« puisque » présente une cause connue de tous).
Exercice 4
Enrichis chacune de ces phrases avec une apposition détachée par des virgules :
- « Maupassant a écrit près de trois cents nouvelles. »
- « La Seine traverse la ville. »
Correction
Exemples : 1) « Maupassant, maître de la nouvelle réaliste, a écrit près de trois cents nouvelles. » 2) « La Seine, fleuve célébré par les poètes, traverse la ville. » On vérifie : l’apposition est encadrée de virgules et désigne la même réalité que le nom qu’elle complète.
Évaluation — La phrase et ses constituants
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Registres de langue et paroles rapportées

Les registres de langue
On ne parle pas de la même façon à un ami, à un professeur ou dans une lettre officielle : on adapte son registre à la situation.
| Registre | Situation | Exemple |
|---|---|---|
| Familier | Entre proches, à l’oral | « C’est un bouquin génial, il m’a scotché. » |
| Courant | À l’école, avec des inconnus | « C’est un très bon livre, il m’a passionné. » |
| Soutenu | Écrits officiels, littérature | « Cet ouvrage remarquable m’a captivé. » |
- Le registre familier se repère au lexique (bouquin, scotché), aux négations incomplètes (« j’sais pas ») et aux tournures relâchées.
- En 4ᵉ, on doit contrôler le registre courant à l’écrit comme à l’oral, et savoir employer le soutenu quand la situation l’exige.
- Dans un récit, le registre des dialogues caractérise les personnages : un valet de comédie et un roi ne parlent pas pareil.
Le discours direct
Au discours direct, les paroles sont rapportées telles quelles, comme prononcées.
- Typographie : deux-points, guillemets, tiret à chaque changement de locuteur — « Elle demanda : “Où étais-tu ? — Au théâtre”, répondit-il. »
- Un verbe de parole introduit ou accompagne les paroles : dire, demander, s’écrier, murmurer, avouer…
- L’incise se glisse dans la réplique avec sujet inversé : « Je reviendrai, promit-elle, dès demain. »
- Effet : vivacité, présence des personnages, mise en scène de leur registre de langue.
Le discours indirect et ses transformations
Au discours indirect, les paroles sont intégrées au récit dans une subordonnée : plus de guillemets, mais des transformations obligatoires (personnes, temps, indicateurs).
| Discours direct | Discours indirect (verbe introducteur au passé) |
|---|---|
| « Je suis fatiguée. » (présent) | Elle a dit qu’elle était fatiguée. (imparfait) |
| « J’ai terminé. » (passé composé) | Il a affirmé qu’il avait terminé. (plus-que-parfait) |
| « Je viendrai. » (futur) | Elle a promis qu’elle viendrait. (conditionnel présent) |
| « Viendras-tu demain ? » | Il m’a demandé si je viendrais le lendemain. |
| « Range ta chambre ! » | Elle lui a ordonné de ranger sa chambre. (infinitif) |
- Indicateurs de temps et de lieu : aujourd’hui → ce jour-là ; demain → le lendemain ; hier → la veille ; ici → là.
- La question totale est introduite par si ; la question partielle garde son mot interrogatif (« Il demanda où elle allait »).
Au discours indirect après un verbe au passé : présent → imparfait, passé composé → plus-que-parfait, futur → conditionnel ; et demain → le lendemain, hier → la veille.
Alterner discours direct et indirect dans un récit
- Discours direct pour les moments forts : une dispute, un aveu, une révélation — le lecteur entend les personnages.
- Discours indirect pour résumer les échanges secondaires sans casser le rythme du récit : « Il lui raconta sa journée et lui demanda des nouvelles de sa mère. »
- L’alternance des deux est la marque d’un récit maîtrisé, attendue en rédaction de 4ᵉ.
Mémo — Registres de langue et paroles rapportées

- Trois registres : familier (bouquin), courant (livre), soutenu (ouvrage) — à adapter à la situation.
- Discours direct : deux-points, guillemets, tirets, verbes de parole, incises (« promit-elle »).
- Discours indirect : paroles intégrées dans une subordonnée, sans guillemets.
- Après un verbe au passé : présent → imparfait ; passé composé → plus-que-parfait ; futur → conditionnel.
- demain → le lendemain ; hier → la veille ; ici → là ; aujourd’hui → ce jour-là.
- Question totale → introduite par si ; ordre → de + infinitif.
- Dans un récit : direct pour les moments forts, indirect pour résumer.
Exercices — Registres de langue et paroles rapportées
Exercice 1
Réécris cette phrase familière en registre courant, puis en registre soutenu : « J’ai chopé un bouquin trop bien à la biblio, j’te jure, il déchire. »
Correction
Courant : « J’ai trouvé un très bon livre à la bibliothèque, je t’assure qu’il est excellent. » Soutenu : « J’ai déniché à la bibliothèque un ouvrage remarquable, dont je ne saurais trop te recommander la lecture. » On vérifie : lexique adapté (bouquin → livre → ouvrage), négations et tournures complètes, disparition des élisions familières (« j’te »).
Exercice 2
Transpose au discours indirect (attention aux temps et aux indicateurs) :
- Elle a dit : « Je suis fatiguée. »
- Il m’a demandé : « Viendras-tu demain ? »
- Paul a affirmé : « J’ai terminé mon travail hier. »
Correction
1) Elle a dit qu’elle était fatiguée (présent → imparfait). 2) Il m’a demandé si je viendrais le lendemain (question totale → « si » ; futur → conditionnel ; demain → le lendemain). 3) Paul a affirmé qu’il avait terminé son travail la veille (passé composé → plus-que-parfait ; hier → la veille ; mon → son).
Exercice 3
Transpose au discours direct, en rétablissant la ponctuation exacte : « Le professeur annonça que la sortie aurait lieu le lendemain et demanda aux élèves s’ils avaient rendu leur autorisation. »
Correction
Le professeur annonça : « La sortie aura lieu demain », puis demanda : « Avez-vous rendu votre autorisation ? » Transformations inverses : conditionnel → futur (« aura lieu »), le lendemain → demain, « s’ils avaient rendu » → question directe au passé composé avec inversion « avez-vous rendu », et retour à la 2ᵉ personne (« votre »). Deux-points et guillemets obligatoires.
Exercice 4
Écris un court passage de récit (6 à 8 lignes) racontant une dispute entre deux amis : les reproches essentiels au discours direct, le reste de l’échange résumé au discours indirect.
Correction
Critères de réussite : 1) au moins deux répliques au discours direct correctement ponctuées (deux-points, guillemets, tirets) avec des verbes de parole variés ; 2) au moins une phrase au discours indirect avec ses transformations correctes (« Il lui reprocha qu’elle ne l’écoutait plus » / « Il lui reprocha de ne plus l’écouter ») ; 3) le choix est cohérent : le moment le plus fort de la dispute est au direct ; 4) temps du récit maîtrisés.
Évaluation — Registres de langue et paroles rapportées
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Le verbe : formes, temps et modes

Les temps composés de l’indicatif
Un temps composé se forme avec un auxiliaire (être ou avoir) conjugué à un temps simple + le participe passé du verbe. Chaque temps simple a son temps composé.
| Temps composé | Auxiliaire au… | Exemple (finir) | Emploi |
|---|---|---|---|
| Passé composé | présent | j’ai fini | fait passé achevé |
| Plus-que-parfait | imparfait | j’avais fini | fait antérieur à un fait passé |
| Passé antérieur | passé simple | j’eus fini | après « quand », avec le passé simple |
| Futur antérieur | futur | j’aurai fini | fait futur antérieur à un autre |
| Conditionnel passé | conditionnel présent | j’aurais fini | regret, hypothèse passée |
Exemples en contexte : « Quand j’eus fini, je sortis. » — « Dès que tu auras fini, appelle-moi. » — « Sans toi, je n’aurais jamais fini. »
La voix passive
À la voix active, le sujet fait l’action ; à la voix passive, le sujet la subit. Le COD de la phrase active devient sujet ; l’ancien sujet devient complément d’agent (introduit par « par » ou « de »).
| Voix active | Voix passive |
|---|---|
| Le chat mange la souris. | La souris est mangée par le chat. |
| Les élèves liront ce roman. | Ce roman sera lu par les élèves. |
| La tempête a détruit le pont. | Le pont a été détruit par la tempête. |
| Tous appréciaient cette actrice. | Cette actrice était appréciée de tous. |
- La voix passive se construit avec être (qui porte le temps) + participe passé, accordé avec le sujet : « la souris est mangée ».
- Seuls les verbes qui acceptent un COD (verbes transitifs directs) peuvent se mettre au passif.
- Le complément d’agent peut être absent : « Le pont a été détruit. » (on ignore ou on tait l’auteur de l’action — effet fréquent dans la presse).
Passif = être + participe passé accordé avec le sujet ; l’auteur de l’action devient complément d’agent (par…), parfois absent.
Les valeurs du conditionnel
- Futur dans le passé : « Elle a promis qu’elle viendrait. » (dans un récit au passé, remplace le futur).
- Hypothèse (avec si + imparfait) : « Si j’avais le temps, je lirais davantage. »
- Politesse : « Pourrais-tu m’aider ? » (moins abrupt que « peux-tu »).
- Information non confirmée (usage journalistique) : « Le voleur se serait enfui à pied. » — le journaliste signale qu’il n’a pas vérifié.
- Imaginaire, jeu : « On serait des explorateurs, tu aurais une carte secrète… »
Le subjonctif : reconnaître ses emplois
Le subjonctif exprime ce qui est envisagé (souhait, volonté, doute, obligation) plutôt que ce qui est réel. Formes clés : que je sois, que tu aies, qu’il fasse, que nous allions, qu’ils puissent.
- Après les verbes de volonté ou de souhait : « Je veux que tu viennes. » / « Elle souhaite qu’il réussisse. »
- Après il faut que : « Il faut que tu fasses tes exercices. »
- Après certains sentiments ou le doute : « Je crains qu’il ne soit trop tard. » / « Je doute qu’il vienne. »
- Après certaines conjonctions : bien que, pour que, afin que, avant que — « Bien qu’il soit tard… »
- Comparer : « Je pense qu’il viendra » (indicatif : fait présenté comme sûr) / « Je doute qu’il vienne » (subjonctif : fait incertain).
Mémo — Le verbe : formes, temps et modes

- Temps composé = auxiliaire + participe passé : j’avais fini (plus-que-parfait), j’eus fini (passé antérieur), j’aurai fini (futur antérieur), j’aurais fini (conditionnel passé).
- Le plus-que-parfait dit l’antériorité dans le passé : « Il avait plu, la route brillait. »
- Passif = être + participe passé accordé avec le sujet ; le COD actif devient sujet.
- L’auteur de l’action au passif = complément d’agent (« par le chat »), parfois absent.
- Conditionnel : futur dans le passé, hypothèse (si + imparfait), politesse, information non confirmée.
- Subjonctif après : il faut que, vouloir que, douter que, bien que, pour que.
- Repères du subjonctif : que je fasse, que tu sois, que nous allions.
Exercices — Le verbe : formes, temps et modes
Exercice 1
Conjugue le verbe entre parenthèses au temps composé demandé :
- Quand je suis arrivé, le spectacle (commencer, plus-que-parfait) déjà.
- Dès que tu (terminer, futur antérieur), préviens-moi.
- Sans cette panne, nous (arriver, conditionnel passé) à l’heure.
Correction
1) « le spectacle avait déjà commencé » (auxiliaire avoir à l’imparfait). 2) « Dès que tu auras terminé » (auxiliaire au futur). 3) « nous serions arrivés à l’heure » (auxiliaire être au conditionnel présent ; participe accordé avec « nous »).
Exercice 2
Transpose à la voix passive (garde le même temps) :
- Le jury récompensera la meilleure lecture.
- La tempête a détruit le vieux pont.
- Tous les élèves respectaient cette professeure.
Correction
1) « La meilleure lecture sera récompensée par le jury. » (futur ; accord « récompensée »). 2) « Le vieux pont a été détruit par la tempête. » (passé composé passif). 3) « Cette professeure était respectée de tous les élèves. » (imparfait ; « de » possible avec les verbes de sentiment).
Exercice 3
Donne la valeur du conditionnel dans chaque phrase (futur dans le passé, hypothèse, politesse, information non confirmée) :
- « Selon nos sources, l’incendie serait d’origine électrique. »
- « Pourriez-vous répéter la consigne ? »
- « Il avait juré qu’il reviendrait. »
- « Si nous vivions en ville, nous irions au théâtre chaque semaine. »
Correction
1) Information non confirmée (« selon nos sources » : le journaliste ne garantit pas le fait). 2) Politesse. 3) Futur dans le passé (récit au passé : « il reviendrait » = futur vu du passé). 4) Hypothèse (si + imparfait → conditionnel présent).
Exercice 4
Choisis entre indicatif et subjonctif, puis justifie :
- Il faut que tu (faire) ton exposé cette semaine.
- Je pense qu’elle (venir, futur) demain.
- Bien qu’il (être) timide, il a très bien joué la scène.
- Je doute que nous (avoir) le temps.
Correction
1) « que tu fasses » — subjonctif après « il faut que ». 2) « qu’elle viendra » — indicatif après « je pense que » (fait présenté comme probable). 3) « Bien qu’il soit timide » — subjonctif obligatoire après « bien que ». 4) « que nous ayons le temps » — subjonctif après un verbe de doute.
Évaluation — Le verbe : formes, temps et modes
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Accords et orthographe grammaticale

L’accord du verbe avec le sujet : les cas complexes
Le verbe s’accorde toujours avec son sujet, même quand celui-ci est difficile à repérer.
- Sujet inversé : « Dans la cour jouent des enfants. » — le sujet est « des enfants », après le verbe.
- Sujets coordonnés : « Pierre et Léa sont arrivés. » — deux sujets singuliers → verbe au pluriel.
- Sujet « qui » : le verbe prend la personne de l’antécédent — « C’est moi qui ai raison », « c’est toi qui as commencé ».
- Écran entre sujet et verbe : « La liste des livres à lire est affichée. » — le sujet est « la liste », pas « les livres ».
- Nom collectif : « Une foule de curieux se pressait (ou se pressaient) devant le théâtre. » — accord avec « foule » ou avec « curieux » selon le sens.
Les chaînes d’accord avec les déterminants indéfinis
Le déterminant indéfini impose son nombre à toute la chaîne d’accord : nom, adjectif, verbe.
| Déterminant | Nombre | Exemple |
|---|---|---|
| chaque | singulier | « Chaque élève prend son cahier. » |
| aucun, aucune | singulier | « Aucune erreur n’a été trouvée. » |
| plusieurs | pluriel | « Plusieurs élèves étaient absents. » |
| quelques | pluriel | « Quelques minutes suffiront. » |
| certains, certaines | pluriel | « Certaines scènes sont difficiles. » |
| tout / toute / tous / toutes | variable | « Tout le groupe », « toutes les répliques » |
chaque, aucun → toujours singulier ; plusieurs, quelques, certains → toujours pluriel ; toute la chaîne (nom, adjectif, verbe) suit.
L’accord du participe passé : rappels et cas des verbes pronominaux
- Avec être : accord avec le sujet — « Elles sont parties. »
- Avec avoir : pas d’accord avec le sujet, mais accord avec le COD placé avant — « Les fleurs que j’ai cueillies » (que = les fleurs, avant le verbe) ; « J’ai cueilli des fleurs » (COD après : pas d’accord).
- Verbes pronominaux (découverte en 4ᵉ) : ils se conjuguent avec être, mais suivent souvent la règle de l’accord avec avoir : « Elles se sont lavées. » (se = COD, placé avant → accord) ; « Elles se sont lavé les mains. » (le COD « les mains » est après → pas d’accord ; « se » est COI) ; « Elles se sont parlé. » (parler à quelqu’un : « se » est COI → jamais d’accord).
- Réflexe : chercher le COD et sa position — c’est lui qui décide de l’accord.
Homophones grammaticaux à contrôler en 4ᵉ
| Homophones | Astuce | Exemple |
|---|---|---|
| leur / leurs | devant un verbe, « leur » est invariable (= à eux) | « Je leur parle » / « leurs cahiers » |
| quel(s) que / quelque(s) | « quel que » + être au subjonctif s’accorde | « Quelles que soient tes raisons » / « quelques raisons » |
| on / ont | « ont » = avaient (verbe avoir) | « On répète » / « Ils ont répété » |
| m’ont / mon | « m’ont » = « ont » + pronom « me » | « Ils m’ont rendu mon livre » |
Mémo — Accords et orthographe grammaticale

- Le verbe s’accorde avec son sujet, même inversé (« Dans la cour jouent des enfants »).
- « C’est moi qui ai… », « c’est toi qui as… » : « qui » prend la personne de son antécédent.
- chaque, aucun → singulier ; plusieurs, quelques, certains → pluriel (toute la chaîne suit).
- Participe passé avec être → accord avec le sujet ; avec avoir → accord avec le COD placé avant.
- Pronominaux : « elles se sont lavées » (se = COD avant) mais « elles se sont lavé les mains » (COD après) et « elles se sont parlé » (se = COI).
- leur devant un verbe est invariable ; leurs devant un nom pluriel.
- Réflexe de relecture : souligner chaque verbe et chercher son sujet ; chercher le COD des participes.
Exercices — Accords et orthographe grammaticale
Exercice 1
Accorde le verbe entre parenthèses au présent :
- Sur la scène (s’avancer) les deux comédiens.
- C’est moi qui (avoir) la première réplique.
- La pile de livres (menacer) de tomber.
Correction
1) « Sur la scène s’avancent les deux comédiens » — sujet inversé pluriel. 2) « C’est moi qui ai la première réplique » — « qui » a pour antécédent « moi », 1ʳᵉ personne. 3) « La pile de livres menace de tomber » — le sujet est « la pile » (singulier), pas « les livres ».
Exercice 2
Complète avec le déterminant indéfini qui convient (chaque, plusieurs, aucune, quelques) et accorde la suite de la phrase :
- … élève (apprendre) sa réplique.
- … répétitions (être) encore nécessaires.
- … erreur ne (devoir) rester dans la version finale.
Correction
1) « Chaque élève apprend sa réplique » (singulier). 2) « Plusieurs / Quelques répétitions sont encore nécessaires » (pluriel). 3) « Aucune erreur ne doit rester dans la version finale » (singulier). Le déterminant commande le nombre de toute la chaîne d’accord.
Exercice 3
Accorde (ou non) le participe passé et justifie :
- Les nouvelles que nous avons (lire) étaient de Maupassant.
- Elles se sont (laver) les mains avant de peindre le décor.
- Les deux actrices se sont (saluer) à la fin de la représentation.
Correction
1) « que nous avons lues » — avoir + COD « que » (= les nouvelles) placé avant → accord féminin pluriel. 2) « Elles se sont lavé les mains » — le COD « les mains » est placé après le verbe → pas d’accord (« se » est COI). 3) « Elles se sont saluées » — saluer quelqu’un : « se » est COD placé avant → accord féminin pluriel.
Exercice 4
Corrige les cinq erreurs d’accord de ce paragraphe : « Chaque comédiens connaissent leur texte. Les répliques que nous avons répété hier sonne juste. Dans les coulisses attend les figurants, et c’est toi qui a le premier mot. »
Correction
Corrections : 1) « Chaque comédien connaît son texte » (chaque → singulier, deux corrections liées). 2) « les répliques que nous avons répétées » (COD avant avoir → accord). 3) « … sonnent juste » (sujet « les répliques », pluriel). 4) « Dans les coulisses attendent les figurants » (sujet inversé pluriel). 5) « c’est toi qui as le premier mot » (qui = toi, 2ᵉ personne). Paragraphe corrigé : « Chaque comédien connaît son texte. Les répliques que nous avons répétées hier sonnent juste. Dans les coulisses attendent les figurants, et c’est toi qui as le premier mot. »
Évaluation — Accords et orthographe grammaticale
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
