Cours
Comprendre, interpréter, apprécier
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Cours — Comprendre, interpréter, apprécier

Des stratégies pour bien comprendre un texte
Un bon lecteur ne se contente pas de déchiffrer les mots : il construit le sens du texte et vérifie régulièrement qu’il comprend. En 5ᵉ, tu apprends à devenir un lecteur autonome, capable de contrôler seul sa compréhension.
- Avant la lecture : observe le titre, l’auteur, la couverture ou le chapeau introductif pour formuler des hypothèses sur le contenu.
- Pendant la lecture : reformule chaque passage important avec tes propres mots ; si un passage résiste, relis-le lentement et cherche le sens des mots inconnus grâce au contexte.
- Après la lecture : résume l’histoire en quelques phrases (qui ? quoi ? où ? quand ? pourquoi ?) et vérifie que ton résumé tient debout.
- En cas de blocage : repère précisément ce qui pose problème (un mot, une phrase, l’ordre des événements) au lieu d’abandonner.
Comprendre, c’est reformuler : si tu peux raconter le passage avec tes propres mots, c’est que tu l’as compris.
Lire un récit de voyage et d’aventure
En 5ᵉ, tu lis des récits d’aventures et des récits de voyage liés aux grandes découvertes : le héros quitte son monde familier, affronte l’inconnu et en revient transformé. C’est le questionnement « Le voyage et l’aventure : pourquoi aller vers l’inconnu ? »
Pour suivre un récit, appuie-toi sur le schéma narratif :
| Étape | Rôle | Exemple type |
|---|---|---|
| Situation initiale | Présente le héros et son cadre de vie | Un jeune mousse vit dans un port breton. |
| Élément perturbateur | Événement qui bouleverse cet équilibre | Un capitaine l’embarque pour les Indes. |
| Péripéties | Épreuves et rebondissements | Tempête, mutinerie, île inconnue… |
| Élément de résolution | Événement qui met fin aux épreuves | Le navire retrouve enfin sa route. |
| Situation finale | Nouvel équilibre, héros transformé | Le mousse revient, devenu marin accompli. |
Repère aussi ce qui rend l’aventure haletante : le rythme du récit (accélérations, pauses descriptives), les dangers et la façon dont le héros les surmonte.
Lire entre les lignes : l’implicite
Un texte ne dit pas tout : le lecteur doit faire des inférences, c’est-à-dire déduire ce que le texte suggère sans le dire.
- « Léa claqua la porte et monta se coucher sans dîner. » → Le texte ne dit pas que Léa est en colère, mais ses gestes le montrent.
- « Le vieil homme resserra son manteau troué et compta ses dernières pièces. » → On déduit qu’il est pauvre et qu’il fait froid.
- Pour interpréter, combine les indices du texte avec tes connaissances du monde.
L’explicite est écrit noir sur blanc ; l’implicite se déduit des indices. Interpréter, c’est toujours s’appuyer sur le texte, jamais inventer.
Quelques outils d’analyse
Pour analyser un récit, tu disposes d’outils simples et efficaces :
| Outil | Question à se poser | Exemple |
|---|---|---|
| Narrateur | Qui raconte ? Un personnage (« je ») ou une voix extérieure (« il ») ? | « Je saisis la barre » : narrateur-personnage. |
| Point de vue | À travers quels yeux voit-on la scène ? | Interne (pensées d’un personnage) ou externe. |
| Temps du récit | Passé simple (actions) ou imparfait (décor) ? | « La mer était calme ; soudain, un cri retentit. » |
| Comparaison | Deux éléments rapprochés par « comme », « tel que »… | « Les vagues, hautes comme des montagnes… » |
| Personnification | Une chose est décrite comme une personne | « Le vent hurlait sa colère. » |
Ces outils ne servent pas à « étiqueter » le texte, mais à répondre à la question : quel effet le texte produit-il sur le lecteur, et comment ?
Formuler et justifier un jugement de lecture
Apprécier une œuvre, c’est donner un avis personnel argumenté. « J’ai aimé » ou « c’est nul » ne suffisent pas : il faut expliquer pourquoi.
- Émotions : « Ce passage m’a fait peur parce que le narrateur entend des pas sans voir personne. »
- Critères esthétiques : « J’admire la description de la tempête : les comparaisons rendent la scène spectaculaire. »
- Idées et valeurs : « Le héros refuse d’abandonner son compagnon : ce courage rend le roman touchant. »
- Un jugement solide s’appuie toujours sur un passage précis du texte, cité ou reformulé.
Un avis de lecteur = une impression + une justification + un exemple précis tiré du texte.
Mémo — Comprendre, interpréter, apprécier

- Comprendre = reformuler avec ses propres mots ; en cas de blocage, relire et chercher le sens grâce au contexte.
- Schéma narratif : situation initiale → élément perturbateur → péripéties → résolution → situation finale.
- Récit d’aventure : un héros quitte le monde familier, affronte l’inconnu, revient transformé.
- Explicite : ce qui est écrit ; implicite : ce qu’on déduit des indices (inférence).
- Narrateur : personnage (« je ») ou voix extérieure (« il/elle ») ; ne pas le confondre avec l’auteur.
- Temps du récit : imparfait pour le décor et les habitudes, passé simple pour les actions soudaines.
- Figures de base : comparaison (avec « comme »), métaphore (sans outil), personnification.
- Jugement de lecture : une impression + une justification + un exemple précis du texte.
Exercices — Comprendre, interpréter, apprécier
Exercice 1
Lis ce début de récit : « Depuis dix jours, aucun souffle de vent. Les voiles pendaient, inutiles. Le capitaine ne quittait plus la carte des yeux, et les hommes se parlaient à voix basse en surveillant le tonneau d’eau douce. »
- Où la scène se passe-t-elle ? Justifie avec deux indices.
- Quel danger menace l’équipage ? Le texte le dit-il directement ?
Correction
1) Sur un navire en mer : les indices sont « les voiles », « le capitaine », « les hommes » (l’équipage) et « le tonneau d’eau douce ». 2) Le navire est immobilisé faute de vent et l’eau potable risque de manquer : les hommes « surveillent le tonneau d’eau douce ». Le texte ne le dit pas directement : c’est de l’implicite, que l’on déduit des indices.
Exercice 2
Reconstitue le schéma narratif d’un récit d’aventure que tu connais (roman, film ou conte) : donne pour chaque étape (situation initiale, élément perturbateur, péripéties, résolution, situation finale) une phrase précise.
Correction
Critères de réussite : les cinq étapes sont présentes et dans l’ordre ; l’élément perturbateur est bien un événement unique qui bouleverse la situation initiale (et non une péripétie parmi d’autres) ; la situation finale montre un nouvel équilibre, différent du début (le héros a changé, gagné ou appris quelque chose).
Exercice 3
Pour chaque phrase, indique si le narrateur est un personnage de l’histoire ou une voix extérieure, puis relève la figure de style.
- « Je serrai la rambarde : la mer rugissait comme une bête furieuse. »
- « Marco avança dans la jungle ; les lianes lui tendaient leurs bras verts. »
Correction
1) Narrateur-personnage (« je ») ; « la mer rugissait comme une bête furieuse » contient une comparaison (outil « comme ») doublée d’une personnification (la mer « rugit »). 2) Narrateur extérieur (« Marco… lui ») ; « les lianes lui tendaient leurs bras verts » est une personnification : les lianes agissent comme des personnes.
Exercice 4
Rédige en cinq ou six phrases ton avis sur le dernier livre que tu as lu : une impression, une justification et un exemple précis tiré du texte.
Correction
Critères de réussite : l’avis est clairement exprimé (émotion, critère esthétique ou valeur) ; il est justifié par « parce que », « car »… ; il s’appuie sur un passage précis (scène, personnage, phrase citée ou reformulée) ; le texte fait au moins cinq phrases correctement construites et ne se limite pas à « j’ai aimé / je n’ai pas aimé ».
Évaluation — Comprendre, interpréter, apprécier
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Lire à voix haute, seul ou à plusieurs

Préparer sa lecture
Une bonne lecture à voix haute se prépare : on ne lit bien devant un auditoire que ce que l’on a compris et répété. En 5ᵉ, tu dois pouvoir lire avec aisance un texte d’une vingtaine de lignes.
- Comprendre d’abord : lis le texte silencieusement, cherche les mots inconnus, repère qui parle et ce qui se passe.
- Marquer le texte : entoure la ponctuation, souligne les mots importants, trace un trait / pour une petite pause et // pour une pause longue.
- Repérer les groupes de souffle : découpe chaque phrase longue en groupes de mots qui se lisent d’une seule respiration.
- S’entraîner plusieurs fois : la fluidité vient de la répétition, pas du talent.
On lit bien ce qu’on a compris et répété : préparation silencieuse, marquage du texte, entraînement.
Utiliser sa voix : la ponctuation se lit
La voix est ton principal instrument : elle traduit la ponctuation et les émotions du texte.
| Signe | Ce que fait la voix |
|---|---|
| Point . | La voix descend, pause nette. |
| Virgule , | Courte pause, la voix reste en suspens. |
| Point d’interrogation ? | La voix monte en fin de phrase. |
| Point d’exclamation ! | La voix marque la surprise, la colère ou la joie. |
| Points de suspension … | La voix s’attarde, laisse planer l’attente. |
- Articulation : prononce distinctement toutes les syllabes, sans avaler les fins de mots.
- Volume : parle assez fort pour le fond de la salle, sans crier.
- Débit : ni trop vite (on te perd), ni trop lentement (on s’ennuie) ; ralentis sur les passages importants.
- Intonation : varie la hauteur de ta voix selon les émotions du texte.
Le regard, la posture et la gestuelle
Lire devant un auditoire, c’est aussi une affaire de corps :
- Posture : tiens-toi droit, les deux pieds au sol, le texte à hauteur de poitrine pour ne pas baisser la tête.
- Regard : lève les yeux vers le public aux moments clés (fin de phrase, mot fort) ; pour cela, repère ces moments à l’avance.
- Gestuelle : un geste sobre peut souligner un mot ; évite de te balancer ou de triturer ta feuille.
- Silences : un silence bien placé avant un passage important capte l’attention mieux qu’un cri.
Le trio gagnant du lecteur : voix posée, regard levé, corps stable.
Lire à plusieurs et s’améliorer
La lecture à plusieurs voix (dialogue de roman, scène de théâtre, poème partagé) demande de l’écoute : chacun doit connaître son tour de parole et enchaîner sans blanc.
- Répartissez les voix : narrateur, personnages ; surlignez chacun votre partie d’une couleur.
- Travaillez les enchaînements : la réplique suivante démarre juste après la précédente, comme une conversation réelle.
- Après la lecture, utilisez une grille d’écoute : articulation, volume, respect de la ponctuation, regard, émotion transmise.
- Pour réciter un texte mémorisé, les mêmes critères s’appliquent : on évalue ce qui est réussi et un ou deux points à améliorer, pas plus.
Mémo — Lire à voix haute, seul ou à plusieurs

- Préparer : lecture silencieuse, mots difficiles élucidés, pauses marquées (/ et //).
- Groupes de souffle : découper les phrases longues en groupes lus d’une seule respiration.
- Ponctuation : point = voix qui descend ; « ? » = voix qui monte ; « … » = attente.
- Voix : articuler, volume suffisant, débit régulier, intonation variée selon les émotions.
- Corps : posture droite, texte à hauteur de poitrine, regard levé aux moments clés.
- À plusieurs : connaître son tour, enchaîner sans blanc, écouter les autres.
- S’évaluer : grille d’écoute, un ou deux points d’amélioration ciblés à chaque fois.
Exercices — Lire à voix haute, seul ou à plusieurs
Exercice 1
Recopie cette phrase et marque les pauses (/ pour une pause courte, // pour une pause longue) : « Au petit matin, le navire quitta le port, et les mouettes, longtemps, suivirent son sillage. »
Correction
Une répartition correcte : « Au petit matin, / le navire quitta le port, / et les mouettes, / longtemps, / suivirent son sillage. // » Les virgules appellent une pause courte ; le point final, une pause longue. D’autres découpages proches sont acceptables s’ils respectent les groupes de sens.
Exercice 2
Entraîne-toi à lire trois fois de suite un paragraphe d’une vingtaine de lignes de ton livre en cours. Chronomètre-toi : la troisième lecture doit être plus fluide (moins d’hésitations), sans être plus rapide que la parole naturelle.
Correction
Critères de réussite : aucune erreur de déchiffrage à la troisième lecture ; toutes les fins de mots sont prononcées ; la ponctuation est respectée (pauses, voix qui monte sur « ? ») ; le débit reste naturel — lire vite n’est pas lire bien.
Exercice 3
Lis à voix haute ces trois phrases en faisant entendre l’émotion indiquée : 1) « Tu pars déjà ? » (tristesse) 2) « Tu pars déjà ! » (colère) 3) « Tu pars… déjà ? » (surprise).
Correction
Critères de réussite : la phrase 1 se termine sur une voix qui monte doucement, ton bas et lent ; la phrase 2 est plus forte et plus sèche, appuyée sur « déjà » ; la phrase 3 marque un vrai silence sur les points de suspension avant un « déjà ? » étonné, voix qui monte nettement. Un même texte change de sens selon l’intonation.
Exercice 4
Avec un camarade, préparez la lecture à deux voix d’un dialogue de votre choix (une dizaine de répliques) : répartissez les rôles, surlignez vos répliques, répétez deux fois, puis présentez la lecture à la classe ou enregistrez-la.
Correction
Critères de réussite : chacun connaît son tour de parole et enchaîne sans blanc ; les deux voix se distinguent clairement (ton, rythme) ; la ponctuation est entendue ; le narrateur, s’il y en a un, est lu sur un ton neutre différent de celui des personnages ; l’écoute mutuelle est visible (pas de chevauchement).
Évaluation — Lire à voix haute, seul ou à plusieurs
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Appréhender une œuvre dans son contexte

Pourquoi le contexte éclaire l’œuvre
Une œuvre naît à une époque donnée, pour un public donné : connaître son contexte de production aide à mieux l’interpréter.
- Les romans de chevalerie (Chrétien de Troyes, XIIᵉ siècle) s’adressaient à la cour : ils célèbrent l’idéal du chevalier — courage, loyauté, protection des faibles, service de la dame.
- Les récits de voyage des grandes découvertes (Marco Polo, journaux de bord des navigateurs des XVᵉ-XVIᵉ siècles) témoignent d’un monde que les Européens explorent : ils mêlent observations réelles et merveilleux.
- Une comédie de Molière (XVIIᵉ siècle) fait rire le public de son temps en se moquant des défauts humains : avarice, vanité, hypocrisie.
- Sans contexte, on risque le contresens : un duel judiciaire médiéval n’est pas une simple bagarre, c’est une institution de l’époque.
Se demander quand, par qui et pour qui une œuvre a été créée permet de mieux comprendre ce qu’elle veut dire.
Suivre le parcours d’un personnage
Pour comprendre un roman, on suit l’évolution du personnage principal du début à la fin.
- Son portrait de départ : qui est-il ? Que veut-il ? Quelles sont ses qualités et ses failles ?
- Ses épreuves : chaque obstacle révèle ou transforme le personnage (un jeune chevalier inexpérimenté apprend la mesure, un mousse peureux gagne en courage).
- Ses relations : alliés, adversaires, modèles ; elles expliquent souvent ses choix.
- Son bilan final : qu’a-t-il gagné, perdu, compris ? La comparaison début/fin donne le sens du parcours.
Exemple type : dans un roman de chevalerie, le héros commet une faute (orgueil, promesse oubliée), la paie, puis se rachète par une série d’exploits — son parcours dessine un apprentissage.
Comparer une œuvre littéraire et une œuvre artistique
Un même sujet peut être traité par un texte, un tableau, une enluminure ou un film : comparer leurs langages enrichit l’interprétation.
| Langage | Ses moyens propres | Ce qu’on observe |
|---|---|---|
| Texte littéraire | Mots, figures de style, rythme, narrateur | Vocabulaire, comparaisons, point de vue |
| Peinture / enluminure | Couleurs, composition, lumière, taille des figures | Ce qui est au centre, ce qui est mis en valeur |
| Film | Cadrage, montage, musique, jeu des acteurs | Plans rapprochés, rythme des scènes, sons |
Méthode : décris d’abord chaque œuvre séparément, puis relève un point commun (même scène, même émotion) et une différence (ce que l’image montre et que le texte suggère, ou l’inverse).
Rendre compte de sa lecture personnelle
Rendre compte d’une œuvre, ce n’est pas tout raconter : c’est montrer que tu l’as lue, comprise et appréciée en lecteur.
- Présente l’œuvre : titre, auteur, époque, genre, sujet en deux ou trois phrases sans dévoiler la fin.
- Choisis un passage marquant et explique pourquoi il t’a touché, surpris ou amusé.
- Relie l’œuvre à son contexte : « ce récit de voyage reflète la soif de découvertes de son époque ».
- Le carnet de lecture (citations recopiées, impressions, dessins, questions) est un excellent support pour préparer ce compte rendu.
Un bon compte rendu = présenter l’œuvre + analyser un passage précis + donner son avis justifié.
Mémo — Appréhender une œuvre dans son contexte

- Contexte : quand, par qui, pour qui l’œuvre a été créée ; il éclaire son sens.
- Roman de chevalerie (XIIᵉ s.) : idéal du chevalier — courage, loyauté, service de la dame.
- Récit de voyage (XVᵉ-XVIᵉ s.) : grandes découvertes, mélange d’observations et de merveilleux.
- Parcours d’un personnage : portrait de départ → épreuves → bilan final ; comparer début et fin.
- Comparer les arts : chaque langage a ses moyens (mots / couleurs / cadrages) ; chercher un point commun et une différence.
- Compte rendu : présenter l’œuvre, analyser un passage précis, donner un avis justifié.
- Carnet de lecture : citations, impressions et questions notées au fil de la lecture.
Exercices — Appréhender une œuvre dans son contexte
Exercice 1
Associe chaque œuvre à son contexte : 1) un roman où Yvain défend une dame et affronte un géant ; 2) un journal de bord décrivant des terres inconnues et des animaux jamais vus ; 3) une pièce où un maître avare est ridiculisé par ses serviteurs. Contextes : a) grandes découvertes (XVᵉ-XVIᵉ s.) ; b) comédie du XVIIᵉ siècle ; c) littérature de chevalerie médiévale.
Correction
1 → c : le chevalier au service d’une dame relève de l’idéal chevaleresque médiéval. 2 → a : le journal de bord et les terres inconnues renvoient aux voyages des grandes découvertes. 3 → b : la moquerie des défauts (l’avarice) est le ressort de la comédie classique, celle de Molière notamment.
Exercice 2
Choisis le personnage principal de ta dernière lecture et remplis ce tableau en trois lignes : « au début » (qualités, défauts, situation), « ses épreuves » (deux obstacles précis), « à la fin » (ce qu’il a gagné, perdu ou compris).
Correction
Critères de réussite : les trois lignes sont remplies avec des éléments précis du récit (noms, lieux, événements) ; les épreuves choisies sont bien des obstacles qui transforment le personnage ; la ligne « à la fin » montre une évolution par rapport au début (et pas seulement « il gagne »).
Exercice 3
Une enluminure médiévale montre un chevalier minuscule face à un dragon immense qui occupe la moitié de l’image ; le texte, lui, décrit longuement la peur du chevalier avant l’assaut. Compare : que met en valeur chaque œuvre, et par quels moyens ?
Correction
L’enluminure met en valeur la disproportion du danger par la composition : la taille du dragon écrase visuellement le chevalier. Le texte, lui, fait entrer dans l’intériorité du héros : la description de sa peur (que l’image ne peut pas montrer directement) rend son courage plus admirable. Point commun : le même combat ; différence : l’image montre l’extérieur, le texte dévoile l’intérieur.
Exercice 4
Rédige un compte rendu de dix lignes d’une œuvre lue cette année : présentation (titre, auteur, époque, genre), un passage marquant analysé, avis justifié — sans dévoiler la fin.
Correction
Critères de réussite : les quatre informations de présentation sont présentes ; le passage choisi est situé et analysé (ce qu’il raconte + pourquoi il est marquant) ; l’avis est justifié par un argument précis ; la fin n’est pas dévoilée ; le texte est organisé en paragraphes et relu (orthographe, ponctuation).
Évaluation — Appréhender une œuvre dans son contexte
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Connaissances littéraires et culturelles

S’approprier les mots de l’univers d’une œuvre
Chaque œuvre a son univers et son vocabulaire : le connaître, c’est entrer vraiment dans le livre.
- Univers de la chevalerie : adoubement (cérémonie qui fait le chevalier), écuyer (jeune noble au service d’un chevalier), heaume (casque), destrier (cheval de combat), tournoi, suzerain, vassal, prouesse, félonie (trahison).
- Univers du voyage en mer : caravelle, vigie (marin qui guette du haut du mât), mousse (jeune apprenti marin), cap, escale, journal de bord, mutinerie, terre ferme.
- Univers de la comédie : acte, scène, réplique, aparté (parole que seul le public entend), quiproquo (malentendu entre personnages), farce, valet, intrigue.
Note dans ton carnet les mots-clés de l’univers de chaque œuvre étudiée : ils servent à en parler avec précision.
Mémoriser un passage choisi
En 5ᵉ, tu apprends par cœur un passage d’une dizaine de lignes ou de vers. Une mémorisation efficace se fait en plusieurs étapes :
- Comprendre le passage : impossible de retenir durablement ce qu’on ne comprend pas.
- Découper le texte en unités de sens (deux ou trois lignes) et les apprendre une par une.
- Répéter à voix haute : la mémoire retient mieux ce que l’oreille a entendu ; le rythme et les rimes d’un poème sont des alliés.
- Espacer les répétitions : relire le soir, le lendemain, puis trois jours plus tard fixe le texte durablement.
- Se tester : réciter sans le texte, vérifier, corriger — plutôt que relire passivement dix fois.
Des repères dans l’histoire littéraire
Situer les œuvres dans le temps permet de les mettre en relation :
| Époque | Repère littéraire | Exemples |
|---|---|---|
| Moyen Âge (XIIᵉ-XIIIᵉ s.) | Romans de chevalerie, chansons de geste | Chrétien de Troyes (Yvain, Lancelot), Chanson de Roland |
| XIIIᵉ-XVIᵉ s. | Récits de voyage et grandes découvertes | Marco Polo (Le Devisement du monde), journaux des navigateurs |
| XVIIᵉ s. | Comédie classique | Molière (Le Médecin malgré lui, Les Fourberies de Scapin) |
| XIXᵉ s. | Romans d’aventures | Jules Verne, Robert Louis Stevenson (L’Île au trésor) |
| XXᵉ s. | Poésie du voyage et du monde | Guillaume Apollinaire, Blaise Cendrars |
Un repère utile : Moyen Âge = chevalerie, XVIIᵉ = Molière et la comédie, XIXᵉ = romans d’aventures.
Mettre les textes en relation
Comparer des textes entre eux (et avec des œuvres d’art) construit ta culture littéraire :
- Même thème, époques différentes : le héros affronte un monstre chez Chrétien de Troyes comme dans un roman d’aventures moderne — mais les valeurs et les armes changent.
- Même genre, auteurs différents : deux comédies peuvent utiliser le même ressort (le quiproquo) avec des cibles différentes.
- Texte source et réécriture : un mythe ou un conte peut être repris, transformé, parodié ; repérer ce que la réécriture conserve et modifie révèle ses intentions.
- Pour comparer : un point commun précis, une différence précise, et une phrase d’interprétation (« cela montre que… »).
Mémo — Connaissances littéraires et culturelles

- Mots de la chevalerie : adoubement, écuyer, destrier, prouesse, félonie, suzerain, vassal.
- Mots du théâtre : acte, scène, réplique, aparté, quiproquo, intrigue.
- Mémoriser : comprendre → découper → répéter à voix haute → espacer les répétitions → se tester.
- Moyen Âge : romans de chevalerie (Chrétien de Troyes), chansons de geste.
- XVIIᵉ siècle : comédies de Molière ; XIXᵉ siècle : romans d’aventures (Verne, Stevenson).
- Récits de voyage : Marco Polo, journaux des grandes découvertes (XVᵉ-XVIᵉ s.).
- Comparer des textes : un point commun + une différence + une interprétation.
Exercices — Connaissances littéraires et culturelles
Exercice 1
Donne le sens de ces mots de l’univers de la chevalerie : adoubement, écuyer, destrier, félonie. Emploie ensuite deux d’entre eux dans une phrase de ton invention.
Correction
Adoubement : cérémonie au cours de laquelle un jeune homme est fait chevalier. Écuyer : jeune noble au service d’un chevalier, qui apprend le métier des armes. Destrier : cheval de combat du chevalier. Félonie : trahison envers son seigneur. Exemple de phrase : « Après son adoubement, le jeune chevalier enfourcha son destrier. »
Exercice 2
Classe ces œuvres et auteurs dans l’ordre chronologique : Molière — Chrétien de Troyes — Jules Verne — Marco Polo.
Correction
1) Chrétien de Troyes (XIIᵉ siècle, romans de chevalerie) ; 2) Marco Polo (fin XIIIᵉ siècle, Le Devisement du monde) ; 3) Molière (XVIIᵉ siècle, comédies) ; 4) Jules Verne (XIXᵉ siècle, romans d’aventures).
Exercice 3
Choisis un passage de dix lignes ou de dix vers dans une œuvre étudiée et applique la méthode de mémorisation du cours (comprendre, découper, répéter à voix haute, espacer, se tester). Récite-le au bout de trois jours.
Correction
Critères de réussite : le passage est récité sans le texte, avec au plus deux hésitations ; les vers ou les phrases sont dits dans l’ordre exact ; la ponctuation s’entend (pauses, intonation) ; tu sais expliquer en une phrase ce que raconte le passage — preuve qu’il a été compris et pas seulement ânonné.
Exercice 4
Un chevalier de Chrétien de Troyes combat un géant pour délivrer des prisonniers ; le héros d’un roman d’aventures moderne affronte une tempête pour sauver son équipage. Rédige un court paragraphe de comparaison : un point commun, une différence, une interprétation.
Correction
Point commun : dans les deux cas, le héros risque sa vie pour sauver les autres — le courage au service d’autrui. Différence : l’adversaire médiéval est un être merveilleux (le géant) et le combat prouve la valeur chevaleresque ; l’adversaire moderne est une force naturelle (la tempête) et le combat repose sur le sang-froid et la technique. Interprétation : chaque époque invente des épreuves à l’image de ce qu’elle admire — la prouesse guerrière au Moyen Âge, la maîtrise et la solidarité à l’époque moderne.
Évaluation — Connaissances littéraires et culturelles
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Culture littéraire et artistique

La perspective de l’année : éprouver, expérimenter
Le fil rouge de la 5ᵉ est la découverte de soi, d’autrui et du monde : les œuvres lues cette année montrent des personnages qui partent, essaient, se trompent, grandissent. Quatre grands parcours organisent l’année :
- Devenir héroïne / héros : des destins romanesques (récit, fiction).
- Voyager en poésie : « Du monde entier au cœur du monde » (poésie).
- Expérimenter et jouer au théâtre : la société sens dessus dessous (théâtre, comédie).
- Imaginer, sentir, raisonner : des histoires pour plaire et instruire (récit, fiction).
En 5ᵉ, la littérature est une expérience : on y éprouve le voyage, l’amitié, l’héroïsme, l’imaginaire — pour mieux comprendre soi-même et le monde.
Le voyage et l’aventure : pourquoi aller vers l’inconnu ?
Ce questionnement traverse les récits de voyage (Marco Polo, journaux des grandes découvertes) et les romans d’aventures (L’Île au trésor, Jules Verne).
- On part par curiosité (connaître d’autres mondes), par nécessité (fuir, survivre) ou par désir de gloire et de richesse.
- Le voyage confronte le héros à l’autre et à l’ailleurs : paysages, peuples, coutumes inconnues — entre émerveillement et incompréhension.
- À l’arrivée comme au retour, le voyageur est transformé : il ne voit plus son propre monde de la même façon.
Question d’interprétation à se poser : qu’est-ce que le héros cherche vraiment en partant — un trésor, ou une autre version de lui-même ?
Héros, héroïnes et héroïsmes
Du chevalier médiéval au héros de roman moderne, la figure du héros évolue :
| Figure | Qualités mises en avant | Exemples |
|---|---|---|
| Chevalier courtois | Bravoure, loyauté, service de la dame | Yvain, Lancelot (Chrétien de Troyes) |
| Héros épique | Force surhumaine, sacrifice | Roland (Chanson de Roland) |
| Héros d’aventures | Courage, ruse, endurance | Jim Hawkins (L’Île au trésor) |
| Héros ordinaire | Générosité, persévérance au quotidien | Personnages de romans contemporains |
L’héroïsme n’est pas réservé aux combats : tenir une promesse difficile, défendre un camarade ou dire la vérité peut être héroïque. C’est le sens du questionnement « Héros / héroïnes et héroïsmes ».
Imaginer des univers nouveaux — et voyager en poésie
La littérature ne se contente pas de décrire le monde : elle en invente d’autres.
- Univers merveilleux et utopies : îles imaginaires, mondes sous-marins, pays où tout fonctionne autrement — ces univers inventés font rêver, mais servent aussi à regarder notre monde autrement, à le critiquer ou à l’améliorer en pensée.
- La poésie du voyage : Apollinaire, Cendrars et les poètes du XXᵉ siècle embarquent le lecteur « du monde entier au cœur du monde » ; les images poétiques (comparaisons, métaphores) transforment trains, ports et villes en paysages intérieurs.
- Des histoires « pour plaire et instruire » : fables, contes philosophiques et récits merveilleux divertissent tout en transmettant une leçon.
Un univers imaginaire parle toujours, en creux, du monde réel : se demander « que dit ce monde inventé du nôtre ? » est une clé d’interprétation.
Avec autrui — et face à la nature
Deux autres questionnements complètent l’année :
- « Avec autrui : familles, amis, réseaux » : la comédie (Molière) met en scène les relations familiales et sociales sens dessus dessous — parents abusifs, valets rusés, jeunes gens qui veulent choisir leur vie. Le rire révèle les rapports de force et les remet en question.
- « L’être humain est-il maître de la nature ? » : récits d’exploration, robinsonnades et textes descriptifs interrogent notre rapport au monde naturel — domination, émerveillement, responsabilité. La tempête qui brise le navire rappelle que la nature résiste à qui prétend la dompter.
- Dans les deux cas, la littérature pose des questions ouvertes : elle ne donne pas la réponse, elle nourrit la réflexion.
Mémo — Culture littéraire et artistique

- Perspective de l’année : éprouver, expérimenter — la découverte de soi, d’autrui et du monde.
- Le voyage et l’aventure : on part par curiosité, nécessité ou désir de gloire ; le voyageur revient transformé.
- Héros / héroïnes : du chevalier courtois au héros ordinaire, l’héroïsme change de visage selon les époques.
- Imaginer des univers nouveaux : les mondes inventés servent à regarder le monde réel autrement.
- Voyager en poésie : Apollinaire, Cendrars — « Du monde entier au cœur du monde ».
- Avec autrui : la comédie met la société sens dessus dessous et fait rire des rapports de force.
- L’être humain et la nature : domination, émerveillement ou responsabilité — question ouverte.
- Des histoires « pour plaire et instruire » : divertir et transmettre une leçon à la fois.
Exercices — Culture littéraire et artistique
Exercice 1
Associe chaque œuvre au questionnement qui lui correspond le mieux : 1) un journal de bord vers les Indes ; 2) une comédie où un valet ridiculise un père tyrannique ; 3) un roman se déroulant dans une cité sous-marine imaginaire ; 4) le récit d’une jeune fille qui sauve son village d’une inondation. Questionnements : a) Imaginer des univers nouveaux ; b) Le voyage et l’aventure ; c) Héros / héroïnes et héroïsmes ; d) Avec autrui : familles, amis, réseaux.
Correction
1 → b (le voyage vers l’inconnu) ; 2 → d (les relations familiales et sociales mises sens dessus dessous par la comédie) ; 3 → a (un monde inventé) ; 4 → c (un héroïsme au féminin, dans l’action au service des autres). Remarque : la 4 touche aussi au rapport à la nature — plusieurs questionnements peuvent se croiser dans une même œuvre.
Exercice 2
« Pourquoi aller vers l’inconnu ? » Donne trois motivations différentes qui poussent un personnage à partir à l’aventure, avec pour chacune un exemple d’œuvre (livre ou film).
Correction
Exemples attendus : la curiosité (Marco Polo veut connaître l’Orient) ; la richesse ou la gloire (les chercheurs de trésor de L’Île au trésor) ; la nécessité (un naufragé doit survivre, un personnage fuit un danger). Toute réponse cohérente avec un exemple précis est valable : l’essentiel est de distinguer trois motivations réellement différentes.
Exercice 3
Un chevalier qui terrasse un géant et une élève qui défend un camarade harcelé sont-ils tous les deux des héros ? Rédige un paragraphe de six à huit lignes pour répondre, en t’appuyant sur la définition de l’héroïsme vue en cours.
Correction
Critères de réussite : le paragraphe rappelle que l’héroïsme suppose du courage et une action au service des autres, malgré un risque ; il montre que les deux situations remplissent ces conditions (le risque physique pour le chevalier, le risque social pour l’élève) ; il conclut que l’héroïsme ne dépend pas de la taille de l’exploit mais de la valeur du geste. La réponse est argumentée, pas un simple « oui ».
Exercice 4
Invente en dix lignes un univers nouveau (île, cité, planète…) qui corrige un défaut du monde réel de ton choix (pollution, injustice, solitude…). Termine par une phrase expliquant ce que ton monde inventé dit du nôtre.
Correction
Critères de réussite : l’univers est décrit avec des détails concrets (lieux, habitants, règles de vie) ; le défaut du monde réel corrigé est identifiable ; la dernière phrase explicite le lien (« Ma cité où tout se répare montre que nous jetons trop ») ; le texte utilise au moins une comparaison ou une métaphore pour rendre l’univers vivant.
Évaluation — Culture littéraire et artistique
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Écrire pour réfléchir et apprendre

Écrire pour penser : les écrits de travail
On n’écrit pas seulement pour rendre un devoir : on écrit aussi pour soi, afin de comprendre, de mémoriser et d’organiser ses idées. Ces écrits s’appellent des écrits de travail : ils ne sont pas notés et n’ont pas besoin d’être parfaits.
- Écrire une idée la clarifie : tant qu’elle reste dans la tête, elle est souvent floue.
- Écrire aide à mémoriser : recopier ou reformuler une leçon la fixe mieux qu’une simple relecture.
- Écrire garde une trace : on peut y revenir, comparer, corriger.
Un écrit de travail est un outil, pas un produit fini : ratures, abréviations et flèches y sont les bienvenues.
Repérer l’idée principale d’un message
Avant de prendre des notes ou de résumer, il faut savoir distinguer l’essentiel du secondaire.
- L’idée principale est ce que l’auteur veut avant tout faire comprendre ; les exemples, chiffres et anecdotes la soutiennent.
- Test efficace : si on supprime la phrase et que le passage ne veut plus rien dire, c’était l’idée principale ; si le passage reste compréhensible, c’était un détail.
- À l’écrit, cherche-la souvent au début ou à la fin d’un paragraphe ; à l’oral, guette les formules d’insistance (« ce qu’il faut retenir… », « l’essentiel est… ») et les répétitions.
- Reformule l’idée principale en une phrase courte avec tes mots : c’est la meilleure preuve de compréhension.
Choisir le bon support : liste, tableau, carte mentale…
Chaque support d’écrit de travail a ses points forts :
| Support | Utile pour… | Exemple d’usage |
|---|---|---|
| Liste | Énumérer, ne rien oublier | Les étapes du schéma narratif ; le matériel d’un exposé |
| Tableau | Comparer, classer | Comparer deux personnages colonne par colonne |
| Carte mentale | Organiser des idées autour d’un centre | Le vocabulaire de la chevalerie par familles |
| Résumé / synthèse | Condenser un texte ou une leçon | Réduire un chapitre à cinq phrases essentielles |
| Carnet de lecture | Garder une trace personnelle | Citations, impressions, questions au fil du livre |
Règle d’or de la synthèse : n’y mettre que les idées principales, reformulées, jamais des phrases entières recopiées sans réfléchir.
Le brouillon d’oral
Un exposé ou une lecture expressive se prépare aussi par écrit :
- Note ton plan en mots-clés, pas en phrases complètes : lire une feuille rédigée mot à mot rend l’oral monotone.
- Écris en toutes lettres seulement la première phrase (pour bien démarrer) et la dernière (pour bien conclure).
- Prévois sur ta fiche des indications de jeu : « pause ici », « ralentir », « regarder la classe ».
- Numérote tes fiches et écris gros : une fiche illisible ne sert à rien au moment de parler.
Une bonne fiche d’oral contient des mots-clés, la première et la dernière phrase rédigées, et des repères de respiration.
Mémo — Écrire pour réfléchir et apprendre

- Écrit de travail : écrit pour soi (comprendre, mémoriser, organiser) ; ratures et abréviations autorisées.
- Idée principale : ce que l’auteur veut faire comprendre ; les exemples ne font que la soutenir.
- Test : supprimer la phrase — si le passage perd son sens, c’était l’idée principale.
- Liste pour énumérer, tableau pour comparer, carte mentale pour organiser autour d’un centre.
- Synthèse : idées principales reformulées, jamais recopiées telles quelles.
- Carnet de lecture : citations, impressions et questions notées au fil de la lecture.
- Fiche d’oral : mots-clés, première et dernière phrases rédigées, repères (« pause », « ralentir »).
Exercices — Écrire pour réfléchir et apprendre
Exercice 1
Lis ce paragraphe : « Les chevaliers ne combattaient pas toute l’année. En hiver, les tournois s’arrêtaient. Beaucoup passaient des mois dans leur château, à chasser ou à s’entraîner. La guerre, en réalité, n’occupait qu’une petite partie de leur vie. » Quelle est l’idée principale ? Quelles phrases ne sont que des exemples ?
Correction
L’idée principale est la dernière phrase : la guerre n’occupait qu’une petite partie de la vie des chevaliers (la première phrase l’annonce déjà). Les phrases sur l’hiver, les tournois, la chasse et l’entraînement sont des exemples qui illustrent cette idée : on peut les supprimer sans perdre l’essentiel.
Exercice 2
Transforme la leçon sur le schéma narratif (chapitre « Comprendre, interpréter, apprécier ») en carte mentale : place « schéma narratif » au centre et organise les cinq étapes en branches, avec un mot-clé et un exemple par branche.
Correction
Critères de réussite : le centre porte bien le thème ; il y a cinq branches (situation initiale, élément perturbateur, péripéties, résolution, situation finale) dans l’ordre ; chaque branche contient un mot-clé (pas une phrase entière) et un exemple ; la carte est lisible d’un coup d’œil.
Exercice 3
Résume en cinq phrases maximum le dernier chapitre lu dans ton livre en cours, en reformulant avec tes propres mots (interdiction de recopier une phrase du livre).
Correction
Critères de réussite : le résumé tient en cinq phrases ou moins ; il répond aux questions qui ? quoi ? où ? quand ? ; il ne contient aucune phrase recopiée ; il ne garde que les événements essentiels (un détail amusant mais secondaire n’y a pas sa place) ; quelqu’un qui n’a pas lu le chapitre doit pouvoir le comprendre.
Exercice 4
Prépare la fiche d’oral d’un exposé de trois minutes sur un livre que tu recommandes : plan en mots-clés, première et dernière phrases rédigées, deux indications de jeu (« pause », « regarder la classe »…).
Correction
Critères de réussite : la fiche tient sur une demi-page et se lit d’un coup d’œil ; le plan est en mots-clés (titre, auteur, sujet, passage préféré, raison de la recommandation) ; seules la première et la dernière phrases sont rédigées en entier ; au moins deux indications de jeu figurent aux bons endroits ; l’écriture est grosse et lisible.
Évaluation — Écrire pour réfléchir et apprendre
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Écrire des textes d’invention et de réflexion

Planifier son écrit
Un bon texte ne s’écrit pas d’un jet : il se planifie.
- Analyser la consigne : souligne les mots-clés — genre demandé (récit ? lettre ? dialogue ?), situation, contraintes (temps verbaux, longueur, point de vue).
- Chercher des idées : liste rapide au brouillon de tout ce qui vient, sans trier ; on choisit ensuite les meilleures.
- Bâtir un plan : pour un récit, les cinq étapes du schéma narratif ; pour un texte d’idées, un avis + deux ou trois arguments.
- Rédiger paragraphe par paragraphe : un paragraphe = une étape ou une idée ; on saute une ligne entre les parties.
La règle des trois temps : je planifie (consigne, idées, plan) → je rédige → je relis.
Écrire un récit complet et vivant
En 5ᵉ, tu écris des récits plus complexes qu’en 6ᵉ : plusieurs péripéties, une description, un dialogue.
- Temps du récit au passé : imparfait pour le décor et les habitudes (« La forêt s’étendait à perte de vue »), passé simple pour les actions de premier plan (« Soudain, une branche craqua »).
- Insérer une description : au moment où le héros découvre un lieu ou un personnage, ralentis le récit et fais appel aux cinq sens.
- Insérer un dialogue : tiret à chaque changement de locuteur, verbes de parole variés (murmurer, s’exclamer, répliquer…), et un dialogue qui fait avancer l’action.
- Varier les connecteurs : d’abord, puis, soudain, pendant ce temps, enfin — pour guider le lecteur.
L’écriture créative : jouer avec les mots
Écrire peut être un jeu et une pratique artistique. Quelques pistes travaillées en 5ᵉ :
- Écrire à la manière de… : imiter la voix d’un poète du voyage, la liste d’un inventaire merveilleux, le journal de bord d’un explorateur.
- Écrire sous contrainte : un poème où chaque vers commence par « Je me souviens », un récit sans utiliser le verbe « être », un texte en forme d’objet (calligramme, comme Apollinaire).
- Transformer un texte : réécrire une scène du point de vue du dragon, moderniser un épisode de chevalerie, changer la fin d’un conte.
- La contrainte n’est pas une punition : elle force l’imagination à sortir des sentiers battus.
Une image poétique réussie rapproche deux réalités éloignées : « le train cousait la plaine de son fil de fumée ».
Écrire pour convaincre : premiers textes argumentatifs
Un texte à visée argumentative défend un avis à l’aide d’arguments et d’exemples.
| Élément | Rôle | Exemple |
|---|---|---|
| Avis (thèse) | Ce que je pense | « La lecture de romans d’aventures est passionnante. » |
| Argument | Raison qui soutient l’avis | « Elle fait voyager sans quitter sa chambre. » |
| Exemple | Cas précis qui illustre l’argument | « Dans L’Île au trésor, on embarque avec Jim vers les Caraïbes. » |
| Connecteur | Relie les idées | d’abord, ensuite, de plus, enfin, donc |
Structure simple et efficace : une phrase d’avis, deux ou trois paragraphes « argument + exemple », une phrase de conclusion qui reprend l’avis.
Mémo — Écrire des textes d’invention et de réflexion

- Trois temps : planifier (consigne, idées, plan) → rédiger → relire.
- Consigne : souligner genre, situation et contraintes avant d’écrire.
- Récit au passé : imparfait pour le décor, passé simple pour les actions de premier plan.
- Dialogue : tiret à chaque changement de locuteur, verbes de parole variés, dialogue qui fait avancer l’action.
- Description : ralentir le récit, faire appel aux cinq sens.
- Écriture créative : à la manière de…, sous contrainte, transformation d’un texte existant.
- Texte argumentatif : avis + arguments + exemples, reliés par des connecteurs (d’abord, de plus, donc…).
- Paragraphe : une étape ou une idée par paragraphe, ligne sautée entre les parties.
Exercices — Écrire des textes d’invention et de réflexion
Exercice 1
Voici une consigne : « Racontez, au passé, la découverte d’une île inconnue par un jeune mousse ; votre récit contiendra une description et un court dialogue. » Souligne les mots-clés, puis établis le plan de ton récit (cinq étapes).
Correction
Mots-clés : racontez (récit), au passé (imparfait + passé simple), découverte d’une île inconnue (sujet), jeune mousse (personnage), une description et un court dialogue (contraintes). Plan possible : 1) le mousse à bord, vie quotidienne (situation initiale) ; 2) la vigie crie « Terre ! » (élément perturbateur) ; 3) débarquement, exploration, description de l’île, dialogue avec le capitaine (péripéties) ; 4) découverte d’une source d’eau douce (résolution) ; 5) retour au navire, le mousse a gagné la confiance de l’équipage (situation finale).
Exercice 2
Réécris ce passage plat en le rendant vivant : « Il y avait une forêt. Le héros marchait. Il a vu un château. Il était grand. » Utilise l’imparfait et le passé simple correctement, ajoute une comparaison et un détail sensoriel.
Correction
Exemple de réécriture : « La forêt s’étendait à perte de vue et une odeur de mousse humide flottait entre les troncs. Le héros marchait depuis des heures lorsque, au détour du sentier, il aperçut un château dont les tours, hautes comme des falaises, déchiraient la brume. » On vérifie : imparfait pour le décor (« s’étendait », « flottait », « marchait »), passé simple pour l’action soudaine (« aperçut »), une comparaison (« hautes comme des falaises ») et un détail sensoriel (l’odeur de mousse).
Exercice 3
Écris un court poème de six à huit vers « à la manière des poètes du voyage » : chaque vers commence par « Je pars pour… » et contient un lieu réel ou imaginaire ; le dernier vers révèle ce que tu cherches vraiment.
Correction
Critères de réussite : la contrainte d’anaphore (« Je pars pour… ») est respectée sur tous les vers sauf éventuellement le dernier ; les lieux sont variés et évocateurs (précis plutôt que « un pays ») ; au moins une image poétique (comparaison ou métaphore) ; le dernier vers crée un effet de chute en dévoilant la vraie quête (la liberté, un souvenir, quelqu’un…).
Exercice 4
« Faut-il autoriser les téléphones pendant la récréation ? » Rédige un paragraphe argumentatif de huit à dix lignes : ton avis, deux arguments illustrés chacun d’un exemple, des connecteurs, une phrase de conclusion.
Correction
Critères de réussite : l’avis est annoncé dès la première phrase ; chaque argument est distinct et accompagné d’un exemple concret (et non d’une répétition de l’argument) ; des connecteurs organisent le propos (d’abord, ensuite, c’est pourquoi…) ; la conclusion reformule l’avis sans le copier mot pour mot ; le texte reste poli et ne se contente pas d’affirmer sans justifier.
Évaluation — Écrire des textes d’invention et de réflexion
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Évaluer et faire évoluer son écrit

Le brouillon : un texte qui travaille
Le brouillon n’est pas une version « sale » à recopier : c’est un laboratoire où le texte se transforme. Tous les écrivains raturent, déplacent, recommencent.
- Écris ton brouillon une ligne sur deux et garde une marge : tu auras la place de corriger et d’ajouter.
- Utilise des signes de révision : flèche pour déplacer, croix pour supprimer, astérisque pour insérer un ajout écrit en marge.
- N’efface pas : barre proprement ; une idée barrée peut resservir plus loin.
- Le brouillon peut aussi être une liste, un schéma, un plan — tout écrit qui prépare la version finale.
Un texte s’améliore par retouches successives : premier jet → révision du sens → correction de la langue → version finale.
Relire avec des lunettes différentes
Relire tout en même temps ne marche pas : on relit plusieurs fois, en cherchant à chaque passage une seule chose.
| Relecture | Question à se poser |
|---|---|
| 1. Le sens | Ai-je répondu à la consigne ? Mon histoire se suit-elle sans trou ni contradiction ? |
| 2. L’organisation | Mes paragraphes sont-ils dans le bon ordre ? Les connecteurs guident-ils le lecteur ? |
| 3. Les phrases | Chaque phrase a-t-elle un verbe ? Les phrases trop longues peuvent-elles être coupées ? |
| 4. L’orthographe | Accords sujet-verbe, accords dans le groupe nominal, homophones (a/à, et/est, ses/ces…) ? |
Astuce : relire à voix basse fait entendre les phrases bancales, et relire en partant de la fin, phrase par phrase, aide à repérer les fautes d’orthographe.
Enrichir son texte
Réviser, ce n’est pas seulement corriger des fautes : c’est améliorer le texte.
- Remplacer les verbes passe-partout : « il y a », « faire », « dire », « mettre » → « se dresse », « bâtir », « murmurer », « déposer ».
- Ajouter des expansions du nom : « le navire » → « le navire aux voiles déchirées, qui gîtait dangereusement ».
- Varier les débuts de phrase : éviter la série « Il… Il… Il… » en commençant par un complément circonstanciel (« Au lever du jour, il… »).
- Supprimer les répétitions avec des pronoms ou des synonymes : le héros, le jeune homme, l’aventurier, il.
Faire évoluer son écrit selon de nouvelles consignes
En 5ᵉ, on apprend à réécrire : reprendre son texte pour le transformer, sans repartir de zéro.
- Changer de point de vue : le même naufrage raconté par le capitaine, puis par le mousse — les émotions et les détails changent.
- Changer de temps : passer un récit du présent au passé oblige à revoir toutes les formes verbales (et leurs accords).
- Ajouter un passage : insérer une description ou un dialogue à l’endroit indiqué par le professeur.
- Développer ou resserrer : doubler une scène trop rapide, ou couper les détails inutiles d’un passage trop long.
Réécrire n’est pas recopier : chaque nouvelle version doit apporter une amélioration visible, guidée par la consigne.
Mémo — Évaluer et faire évoluer son écrit

- Brouillon : une ligne sur deux, marge, signes de révision (flèche, croix, astérisque) ; barrer, ne pas effacer.
- Relectures ciblées : 1. le sens, 2. l’organisation, 3. les phrases, 4. l’orthographe — jamais tout à la fois.
- Astuces : relire à voix basse (phrases bancales) et en partant de la fin (fautes d’orthographe).
- Enrichir : verbes précis à la place de « faire / mettre / il y a », expansions du nom, débuts de phrase variés.
- Répétitions : pronoms et synonymes (le héros, le jeune homme, il…).
- Réécrire : changer de point de vue, de temps, ajouter ou resserrer un passage — selon la consigne.
- Chaque version doit apporter une amélioration visible par rapport à la précédente.
Exercices — Évaluer et faire évoluer son écrit
Exercice 1
Améliore ces phrases en remplaçant les mots passe-partout soulignés : 1) « Il y a un château sur la colline. » 2) « Le marin a dit qu’une tempête arrivait. » 3) « Elle a mis la carte sur la table. »
Correction
Exemples : 1) « Un château se dresse sur la colline. » 2) « Le marin annonça (ou : cria, avertit) qu’une tempête arrivait. » 3) « Elle déplia (ou : étala, déposa) la carte sur la table. » Tout verbe précis et cohérent avec le contexte est accepté.
Exercice 2
Ce passage contient trois problèmes (une répétition, une contradiction, une phrase sans verbe). Trouve-les et corrige-les : « Le mousse grimpa au mât. Le mousse aperçut une île. Une île magnifique à l’horizon. Pourtant, la mer était déchaînée depuis le matin, et la mer était d’huile. »
Correction
Répétition : « Le mousse… Le mousse » → « Le mousse grimpa au mât et aperçut une île. » Phrase sans verbe : « Une île magnifique à l’horizon. » → l’intégrer : « …une île magnifique qui se dessinait à l’horizon. » Contradiction : la mer ne peut pas être « déchaînée » et « d’huile » en même temps → choisir l’un des deux états (ou marquer une évolution : « la mer, déchaînée au matin, s’était calmée »).
Exercice 3
Réécris ce court récit du point de vue du dragon : « Le chevalier s’avança vers la grotte. Le dragon dormait. D’un coup d’épée, le chevalier le réveilla, et le combat commença. »
Correction
Exemple : « Je dormais paisiblement au fond de ma grotte quand une douleur vive me réveilla : un homme en armure venait de me frapper de son épée. Je dépliai mes ailes, furieux, et le combat commença. » Critères : narration à la première personne du point de vue du dragon, mêmes événements conservés, émotions du dragon ajoutées (la douleur, la fureur) — le changement de point de vue change la sympathie du lecteur.
Exercice 4
Reprends un récit que tu as écrit récemment et applique les quatre relectures ciblées du cours. Note pour chaque relecture au moins une correction apportée, puis recopie la version améliorée.
Correction
Critères de réussite : une trace écrite des quatre relectures existe (sens, organisation, phrases, orthographe) avec au moins une correction chacune ; la version finale ne contient plus les erreurs relevées ; au moins un enrichissement a été ajouté (verbe précis, expansion du nom, connecteur) ; la version finale reste fidèle à la consigne d’origine.
Évaluation — Évaluer et faire évoluer son écrit
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Prendre la parole et interagir

Adapter sa parole à la situation
On ne parle pas de la même façon à un ami, à un professeur ou devant la classe entière : chaque situation de communication a ses codes.
| Situation | Registre | Exemples de choix |
|---|---|---|
| Conversation entre amis | Familier possible | « C’est trop bien, ce bouquin ! » |
| Échange en classe | Courant | « J’ai beaucoup aimé ce livre parce que… » |
| Exposé, entretien | Courant à soutenu | « Ce roman m’a particulièrement plu car… » |
Avant de parler, pose-toi trois questions : à qui je m’adresse ? pourquoi (raconter, expliquer, convaincre) ? dans quel cadre (cour de récréation, classe, oral noté) ?
Un oral réussi est un oral adapté : même contenu, mais mots, ton et posture choisis selon la situation.
Parler seul de façon fluide
La fluidité ne veut pas dire parler vite : elle veut dire parler sans se perdre, avec un fil conducteur.
- Prépare un plan en mots-clés (voir le chapitre sur les écrits de travail) et répète à voix haute au moins deux fois.
- Respire : une inspiration calme avant de commencer, des pauses courtes entre les idées.
- Chasse les tics de langage (« euh », « du coup », « genre ») : remplace-les par… un silence. Un silence est toujours plus élégant qu’un « euh ».
- Termine tes phrases : mieux vaut une phrase simple achevée qu’une phrase compliquée abandonnée en route.
Participer à un débat : les règles de l’échange
Un débat n’est pas une dispute : c’est un échange organisé d’arguments sur une question.
- Demander la parole et attendre son tour ; ne jamais couper celui qui parle.
- Écouter vraiment les autres : on répond à ce qui a été dit, pas à ce qu’on imagine.
- S’appuyer sur les interventions précédentes : « Je suis d’accord avec Lina quand elle dit que…, mais j’ajouterais… » ; « Contrairement à ce que pense Tom, je crois que… ».
- Critiquer les idées, jamais les personnes : « cet argument me semble fragile » et non « tu dis n’importe quoi ».
- Accepter de changer d’avis : c’est une force, pas une défaite.
Formule magique du débat : « Je suis d’accord / pas d’accord avec… parce que… » — on relie toujours son propos à celui des autres.
Réagir et reformuler dans un dialogue
Interagir, c’est construire la conversation avec les autres :
- Reformuler pour vérifier qu’on a compris : « Si je comprends bien, tu penses que… ».
- Poser des questions pour faire préciser : « Peux-tu donner un exemple ? ».
- Nuancer plutôt qu’opposer frontalement : « oui, mais… », « c’est vrai dans ce cas, cependant… ».
- Conclure un échange : rappeler les points d’accord et les points qui restent discutés.
Mémo — Prendre la parole et interagir

- Trois questions avant de parler : à qui ? pourquoi ? dans quel cadre ?
- Registre : familier entre amis, courant en classe, courant à soutenu pour un exposé.
- Fluidité : plan en mots-clés, répétition à voix haute, pauses respirées, phrases achevées.
- Tics de langage : remplacer « euh », « du coup », « genre » par un silence.
- Débat : demander la parole, écouter, s’appuyer sur ce qui a été dit, critiquer les idées et non les personnes.
- Reformuler : « Si je comprends bien… » ; questionner : « Peux-tu donner un exemple ? ».
- Changer d’avis après un bon argument est une force.
Exercices — Prendre la parole et interagir
Exercice 1
Transforme cette phrase de registre familier en registre courant, puis en registre soutenu : « Ce bouquin, il est trop cool, je l’ai dévoré en deux jours ! »
Correction
Registre courant : « Ce livre est vraiment passionnant, je l’ai lu en deux jours. » Registre soutenu : « Ce roman m’a captivé au point que je l’ai achevé en deux jours. » On observe : disparition des mots familiers (« bouquin », « trop cool »), suppression du redoublement du sujet (« Ce bouquin, il… ») et vocabulaire plus précis.
Exercice 2
Prépare et enregistre une prise de parole d’une minute : « Le livre (ou le film) que je conseille et pourquoi ». Contraintes : plan en mots-clés, aucun « euh » (remplace-le par une pause), une phrase d’ouverture et une phrase de clôture rédigées.
Correction
Critères de réussite : la minute est à peu près respectée ; le propos suit un fil (titre → sujet → raison n° 1 → raison n° 2 → conclusion) ; les tics de langage sont rares ou absents ; l’ouverture et la clôture sont nettes (on entend que c’est fini) ; le registre est courant, adapté à la classe.
Exercice 3
Lors d’un débat sur la question « Les réseaux sociaux rapprochent-ils vraiment ? », Sami dit : « On peut parler à ses amis à toute heure. » Rédige deux interventions possibles : l’une qui s’appuie sur son propos en l’approuvant et en le complétant, l’autre qui le conteste poliment avec un argument.
Correction
Approbation : « Je suis d’accord avec Sami : on peut garder le contact à toute heure, et j’ajouterais que c’est précieux quand un ami déménage loin. » Contestation polie : « Contrairement à Sami, je pense que parler à toute heure ne veut pas dire se parler vraiment : un message rapide remplace mal une vraie conversation. » Dans les deux cas, on cite le camarade, on relie son propos au sien et on critique l’idée, pas la personne.
Exercice 4
Par groupes de quatre, organisez un mini-débat de cinq minutes sur « Faut-il rendre la lecture obligatoire pendant les vacances ? » : un animateur distribue la parole, chacun intervient au moins deux fois, et chaque intervention commence par une formule de reprise (« Je suis d’accord avec… », « Contrairement à… », « Pour compléter ce que dit… »).
Correction
Critères de réussite : personne n’est coupé ; l’animateur distribue équitablement la parole ; chaque intervention reprend explicitement un propos précédent avant d’ajouter un argument nouveau ; les désaccords portent sur les idées ; le débat se termine par un bilan des points d’accord et de désaccord formulé par l’animateur.
Évaluation — Prendre la parole et interagir
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Écouter, comprendre, interpréter

L’écoute active
Écouter, ce n’est pas seulement entendre : c’est une activité qui demande de l’attention et une intention.
- Avant l’écoute : sais-tu ce que tu cherches ? (le sujet, les arguments, une information précise…). Une écoute avec un objectif est deux fois plus efficace.
- Pendant l’écoute : regarde celui qui parle, repère les mots répétés et les formules d’annonce (« premièrement… », « ce qu’il faut retenir… »).
- Après l’écoute : reformule mentalement (ou par écrit) l’essentiel en une ou deux phrases.
- Les parasites de l’écoute : préparer sa réponse pendant que l’autre parle, se laisser distraire, juger avant la fin.
Écouter activement = un objectif avant, des repères pendant, une reformulation après.
Mémoriser les éléments principaux d’une production orale
Pour retenir un exposé, un documentaire audio ou une lecture entendue :
- Note des mots-clés, pas des phrases : à l’oral, le débit est trop rapide pour tout écrire.
- Organise tes notes en direct : une colonne « idées », une colonne « exemples » ; ou une carte mentale si le plan est annoncé.
- Repère la structure : introduction, parties annoncées, conclusion — les orateurs redisent souvent l’essentiel au début et à la fin.
- Juste après, complète tes notes de mémoire : c’est dans les minutes qui suivent qu’on récupère le plus d’informations.
Comprendre la visée d’une production orale
Toute prise de parole a une visée, un but. L’identifier, c’est déjà interpréter :
| Visée | But | Indices typiques |
|---|---|---|
| Informer | Transmettre des faits | Chiffres, dates, ton neutre, vocabulaire précis |
| Convaincre | Faire adopter un avis | Arguments, connecteurs logiques, questions au public |
| Émouvoir | Toucher les sentiments | Récits personnels, voix qui tremble, vocabulaire des émotions |
| Divertir | Faire rire ou captiver | Anecdotes, exagérations, jeux de mots, suspense |
Attention : une même production peut combiner plusieurs visées — une publicité informe un peu, mais cherche surtout à convaincre.
Interpréter les indices de la voix
À l’oral, le comment compte autant que le quoi :
- Le ton : enthousiaste, ironique, solennel… Un « bravo » ironique signifie le contraire d’un « bravo » sincère.
- Le volume et le débit : ralentir et baisser la voix attire l’attention sur un passage important.
- Les pauses : un silence avant un mot le met en valeur.
- L’insistance : un mot martelé ou répété est un mot que l’orateur veut faire retenir.
Pour interpréter un oral, écoute les mots et la manière de les dire : ton, débit, pauses, insistance.
Mémo — Écouter, comprendre, interpréter

- Écoute active : un objectif avant, des repères pendant, une reformulation après.
- Parasites : préparer sa réponse pendant que l’autre parle, se distraire, juger avant la fin.
- Notes à l’oral : mots-clés seulement ; colonnes « idées / exemples » ou carte mentale.
- Structure : l’essentiel est souvent répété au début et à la fin.
- Quatre visées : informer (faits), convaincre (arguments), émouvoir (sentiments), divertir (rire, suspense).
- Une production orale peut combiner plusieurs visées (une publicité informe et convainc).
- Indices de la voix : ton, volume, débit, pauses, insistance — le « comment » éclaire le « quoi ».
Exercices — Écouter, comprendre, interpréter
Exercice 1
Écoute un court épisode de podcast documentaire (trois à cinq minutes) choisi avec ton professeur ou tes parents. Avant l’écoute, note la question à laquelle tu veux répondre ; après l’écoute, écris la réponse en deux phrases, de mémoire.
Correction
Critères de réussite : la question a bien été posée avant l’écoute ; la réponse rédigée correspond au contenu réel de l’épisode (à vérifier en réécoutant) ; elle tient en deux phrases avec tes propres mots ; tu peux citer un exemple ou un chiffre entendu.
Exercice 2
Détermine la visée principale de chacune de ces prises de parole : 1) « Adoptez notre gourde : chaque bouteille en plastique évitée compte ! » 2) « Le collège compte 620 élèves répartis en 22 classes. » 3) « Ce jour-là, la voix de mon grand-père s’est brisée en racontant son village. »
Correction
1) Convaincre : impératif (« Adoptez ») et argument destiné à faire agir. 2) Informer : ton neutre, chiffres précis, aucun jugement. 3) Émouvoir : récit personnel et vocabulaire de l’émotion (« la voix s’est brisée »). On accepte de noter une visée secondaire (la phrase 1 informe aussi sur le plastique).
Exercice 3
Pendant l’exposé d’un camarade (ou un journal radio de cinq minutes), prends des notes en deux colonnes « idées / exemples », en mots-clés uniquement. Compare ensuite tes notes avec celles d’un autre élève : avez-vous retenu les mêmes idées principales ?
Correction
Critères de réussite : les notes sont en mots-clés (aucune phrase complète recopiée) ; les idées principales figurent dans la colonne de gauche et les exemples en face ; la comparaison permet de vérifier : si une « idée » n’apparaît que chez l’un des deux, discutez pour décider si c’était une idée principale ou un détail.
Exercice 4
Fais lire à un camarade la phrase « C’est vraiment une excellente idée » de trois manières : sincère, ironique, hésitante. Note pour chaque version les indices de voix qui changent le sens (ton, débit, pauses, insistance).
Correction
Version sincère : ton enthousiaste, débit naturel, accent sur « excellente ». Version ironique : ton traînant ou exagéré, insistance moqueuse (« vraiment excellente… »), parfois une pause avant la fin — le sens devient l’inverse des mots. Version hésitante : débit lent, pauses (« C’est… vraiment… une excellente idée ? »), voix qui monte comme une question. Conclusion attendue : les mêmes mots changent de sens selon la manière de les dire.
Évaluation — Écouter, comprendre, interpréter
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Dire, lire, jouer un texte

Mettre en voix un poème
Mettre en voix, c’est faire entendre ce que le texte contient : ses images, son rythme, ses émotions.
- Respecter le rythme du vers : dans un poème régulier, le vers impose une respiration ; attention à l’enjambement, quand la phrase déborde sur le vers suivant — on ne s’arrête pas brutalement en fin de vers.
- Faire sonner les sonorités : allitérations (répétition de consonnes) et assonances (répétition de voyelles) se savourent en articulant.
- Choisir un parti pris : le même poème peut être dit comme une confidence, une célébration ou une plainte — c’est ton interprétation.
- Oser les contrastes : un vers murmuré après un vers puissant crée une émotion.
Dire un poème, c’est déjà l’interpréter : tes choix de voix (rythme, volume, ton) sont des choix de sens.
Le corps au service du texte
Au théâtre comme en récitation, le corps parle avant les mots :
- L’ancrage : pieds stables, dos droit — un corps immobile et détendu donne de la force à la parole.
- Le regard : il se pose sur le public ou sur le partenaire de jeu ; un regard fuyant affaiblit le propos.
- Le geste : rare et choisi, il souligne ; multiplié, il parasite.
- Le déplacement : au théâtre, on ne bouge pas par hasard ; chaque déplacement raconte quelque chose (s’approcher = menacer ou se confier, reculer = craindre).
- L’échauffement : quelques exercices de respiration, d’articulation (virelangues) et de détente préparent le corps et la voix.
Jouer une scène de comédie
En 5ᵉ, la pratique théâtrale s’appuie souvent sur la comédie : scènes de dispute, de ruse, de quiproquo.
- Comprendre la situation : qui veut quoi dans la scène ? Qui domine, qui ruse, qui est dupé ? Le comique naît de ce rapport de forces.
- Apprendre ses répliques et surtout ses enchaînements : la réplique du partenaire est ton signal.
- Exploiter les indications scéniques (didascalies) : « à part », « en colère », « il se cache » — elles guident le jeu.
- Jouer le comique sans forcer : le comique de gestes (coups de bâton, cachettes), de mots (répétitions, accents), de situation (quiproquo) fonctionne mieux joué sérieusement qu’en riant soi-même.
Trois comiques à connaître : de mots (répétitions, jeux verbaux), de gestes (mimiques, coups), de situation (quiproquo, renversement maître/valet).
Réciter avec fluidité et progresser
La récitation évalue la mémoire, mais surtout l’interprétation :
- Mémorise avec la méthode vue au chapitre « Connaissances littéraires et culturelles » : comprendre, découper, répéter à voix haute, espacer.
- Répète dans les conditions réelles : debout, sans le texte, devant quelqu’un ou face à un miroir.
- En cas de trou de mémoire : respire, reprends au début du vers ou de la phrase — sans commentaire ni grimace.
- Après chaque passage, identifie un point fort et un point à améliorer : c’est ainsi qu’on progresse d’une récitation à l’autre.
Mémo — Dire, lire, jouer un texte

- Mettre en voix = interpréter : rythme, volume et ton sont des choix de sens.
- Enjambement : quand la phrase déborde du vers, on ne coupe pas brutalement en fin de vers.
- Corps : ancrage stable, regard posé, gestes rares et choisis, déplacements motivés.
- Échauffement : respiration, articulation (virelangues), détente.
- Didascalies : indications scéniques de l’auteur (« à part », « en colère ») qui guident le jeu.
- Trois comiques : de mots, de gestes, de situation (quiproquo).
- Trou de mémoire : respirer, reprendre au début de la phrase, sans commentaire.
- Progresser : après chaque passage, un point fort + un point à améliorer.
Exercices — Dire, lire, jouer un texte
Exercice 1
Échauffe ta diction avec ces virelangues, dits trois fois de plus en plus vite mais toujours distinctement : « Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien » ; « Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches, archisèches ? »
Correction
Critères de réussite : toutes les syllabes restent audibles même à vitesse rapide ; aucune consonne n’est escamotée (« archiduchesse » entier) ; la respiration reste posée. Si un mot déraille, ralentir et reprendre : le but est l’articulation, pas la vitesse.
Exercice 2
Choisis un poème du voyage étudié en classe (ou un poème de ton choix d’une dizaine de vers). Prépare deux mises en voix opposées : l’une joyeuse et élancée, l’autre nostalgique et lente. Présente les deux et demande au public laquelle sert le mieux le texte.
Correction
Critères de réussite : les deux versions sont réellement contrastées (débit, ton, volume, pauses) ; le texte est su ou lu sans erreur ; les enjambements sont respectés (pas d’arrêt mécanique en fin de vers) ; tu sais expliquer en une phrase quel parti pris te semble le plus juste et pourquoi — c’est cela, interpréter.
Exercice 3
Avec un camarade, jouez cette mini-scène de quiproquo : A croit que B a perdu son chat ; B parle en réalité de son téléphone. Écrivez six répliques qui entretiennent le malentendu, puis jouez la scène avec un geste choisi par personnage.
Correction
Critères de réussite : le quiproquo tient six répliques grâce à des mots à double sens (« il ne répond plus », « je l’ai cherché partout », « il est peut-être sous le canapé ») ; la révélation finale fait rire par le décalage ; chaque acteur a un geste caractéristique répété ; les deux jouent sérieusement — sans rire eux-mêmes — car c’est le sérieux qui rend le comique de situation efficace.
Exercice 4
Récite un texte appris (dizaine de lignes ou de vers) devant un petit groupe. Les auditeurs remplissent une grille : mémoire, articulation, ponctuation entendue, regard, émotion. Chacun te donne un point fort et un point à améliorer.
Correction
Critères de réussite : texte su en entier (deux hésitations maximum, rattrapées sans commentaire) ; articulation nette et volume suffisant ; la ponctuation et les enjambements s’entendent ; le regard se détache du sol ; l’émotion choisie est perceptible. Le bilan retient un point à travailler prioritairement pour la prochaine fois.
Évaluation — Dire, lire, jouer un texte
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Vocabulaire et orthographe lexicale

Trouver le sens d’un mot inconnu
Face à un mot inconnu, trois réflexes dans l’ordre :
- Le contexte : la phrase et le paragraphe donnent souvent le sens. « Le navire tanguait dangereusement dans la tempête » → tanguer = pencher d’un côté à l’autre.
- La composition du mot : préfixe, radical, suffixe. « Inaccessible » = in- (négation) + access- (accès) + -ible (possibilité) : « qu’on ne peut pas atteindre ».
- Le dictionnaire : pour vérifier ou trancher. Une entrée donne la classe grammaticale, les différents sens numérotés, des exemples, l’étymologie et parfois des synonymes.
Attention à la polysémie : la plupart des mots ont plusieurs sens ; choisis celui qui convient au contexte (« une carte » : de géographie, à jouer, de restaurant…).
Réflexe en trois temps : contexte → composition du mot → dictionnaire.
La formation des mots : préfixe, radical, suffixe
Un mot dérivé se construit autour d’un radical, avec un préfixe (avant) qui change le sens et/ou un suffixe (après) qui change souvent la classe grammaticale.
| Élément | Sens | Exemples |
|---|---|---|
| Préfixe in-/im-/ir-/il- | négation | invisible, impossible, irréel, illisible |
| Préfixe re- | répétition, retour | refaire, revenir, relire |
| Préfixe dé-/dés- | contraire, séparation | défaire, désobéir, décoller |
| Suffixe -tion / -age | forme un nom d’action | navigation, exploration ; voyage, pillage |
| Suffixe -able / -ible | possibilité (adjectif) | navigable, lisible |
| Suffixe -eur / -euse | celui / celle qui fait | explorateur → exploratrice, voyageur → voyageuse |
Les mots construits sur le même radical forment une famille de mots : terre, terrain, atterrir, souterrain, déterrer. La famille aide aussi pour l’orthographe : « terrien » prend deux r comme « terre ».
L’étymologie : le latin et le grec dans nos mots
Beaucoup de mots français viennent du latin et du grec ancien ; connaître quelques racines éclaire des dizaines de mots.
| Racine | Origine et sens | Mots français |
|---|---|---|
| terra | latin, « terre » | territoire, atterrir, méditerranéen |
| mare | latin, « mer » | marin, maritime, marée |
| navis | latin, « navire » | naviguer, navigation, naval |
| bios | grec, « vie » | biologie, biographie, antibiotique |
| graphein | grec, « écrire » | géographie, calligraphie, paragraphe |
| tele | grec, « loin » | téléphone, télévision, télescope |
Exemple de déduction : géographie = gê (terre) + graphein (écrire) → « description de la Terre ».
Registres de langue et jeux sur les mots
Un même sens peut s’exprimer dans trois registres :
| Registre | Emploi | Exemple |
|---|---|---|
| Familier | Entre proches, à l’oral | une bagnole, bouffer, se planter |
| Courant | Vie quotidienne, école | une voiture, manger, se tromper |
| Soutenu | Écrits littéraires, situations officielles | une automobile, se restaurer, commettre une erreur |
Les mots sont aussi un matériau sonore avec lequel on joue : rimes, allitérations, mots-valises (« un éléphanfare » = éléphant + fanfare), virelangues. Les poètes — et les publicitaires — exploitent ces sonorités.
Mémoriser l’orthographe grâce aux régularités
L’orthographe lexicale n’est pas (que) du par-cœur : elle a des régularités.
- Devant b, m, p, on écrit m au lieu de n : embarquer, emmener, campagne (exceptions : bonbon, néanmoins, embonpoint).
- Le son [s] entre deux voyelles s’écrit ss : traversée, poisson (un seul s se lirait [z] : poison).
- Le c se prononce [s] devant e, i, y (célèbre, cygne) ; il faut une cédille devant a, o, u : façade, leçon, reçu.
- Le g se prononce [ʒ] devant e, i (voyage, girafe) ; on ajoute un e devant a, o pour garder ce son : nous voyageons, un plongeon.
- La famille de mots révèle les lettres muettes : le « t » de chat s’entend dans chaton ; le « d » de grand dans grandir.
Pour retenir un mot : le voir (l’épeler), l’entendre (le prononcer), l’écrire (le copier puis l’écrire de mémoire) — et le relier à sa famille.
Mémo — Vocabulaire et orthographe lexicale

- Mot inconnu : contexte → composition (préfixe, radical, suffixe) → dictionnaire.
- Préfixes : in-/im- (négation), re- (répétition), dé- (contraire). Suffixes : -tion (nom d’action), -able (possibilité), -eur (agent).
- Famille de mots : même radical (terre, terrain, atterrir) ; elle aide à trouver les lettres muettes (grand → grandir).
- Racines : latin terra (terre), mare (mer), navis (navire) ; grec bios (vie), graphein (écrire), tele (loin).
- Registres : familier (bagnole), courant (voiture), soutenu (automobile) — à adapter à la situation.
- Polysémie : la plupart des mots ont plusieurs sens ; le contexte tranche.
- Régularités : m devant b, m, p ; ss entre deux voyelles pour [s] ; ç devant a, o, u ; ge devant a, o.
- Mémoriser un mot : le voir, l’entendre, l’écrire de mémoire, le relier à sa famille.
Exercices — Vocabulaire et orthographe lexicale
Exercice 1
Décompose ces mots (préfixe / radical / suffixe) et déduis leur sens : 1) imbuvable ; 2) reboisement ; 3) désarmement.
Correction
1) im- (négation) + buv- (boire) + -able (possibilité) → « qu’on ne peut pas boire ». 2) re- (à nouveau) + bois + -ement (nom d’action) → « action de replanter des arbres ». 3) dés- (contraire) + arm- (armer) + -ement (nom d’action) → « action d’enlever les armes ».
Exercice 2
Grâce aux racines du cours, propose le sens de : 1) biographie ; 2) télescope (skopein = observer) ; 3) maritime. Vérifie ensuite au dictionnaire.
Correction
1) bios (vie) + graphein (écrire) → « récit de la vie de quelqu’un ». 2) tele (loin) + skopein (observer) → « instrument pour observer ce qui est loin ». 3) mare (mer) + -time → « qui se rapporte à la mer » (commerce maritime, façade maritime). Le dictionnaire confirme ces sens.
Exercice 3
Réécris cette phrase en registre courant, puis en registre soutenu : « On a bouffé un truc dégueu avant de se barrer. »
Correction
Registre courant : « Nous avons mangé quelque chose de mauvais avant de partir. » Registre soutenu : « Nous avons consommé un mets détestable avant de prendre congé. » On vérifie : disparition des mots familiers (« bouffé », « truc », « dégueu », « se barrer ») et remplacement de « on » par « nous ».
Exercice 4
Complète avec la bonne graphie et justifie par une régularité du cours : 1) une le…on (ç/c) ; 2) e…mener (n/m) ; 3) une traver…ée (s/ss) ; 4) nous voya…ons (g/ge).
Correction
1) une leçon : cédille devant o pour garder le son [s]. 2) emmener : m devant m (règle du m devant b, m, p). 3) une traverssée → traversée s’écrit avec ss : entre deux voyelles, il faut ss pour le son [s]. 4) nous voyageons : on ajoute un e après le g devant o pour garder le son [ʒ].
Évaluation — Vocabulaire et orthographe lexicale
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — La phrase et ses constituants

Types et formes de phrases
Quatre types de phrases, selon l’intention :
- Déclarative : « Le navire quitte le port. » (on affirme)
- Interrogative : « Le navire quitte-t-il le port ? » (on questionne)
- Exclamative : « Quel magnifique navire ! » (on exprime une émotion)
- Injonctive : « Quittez le port immédiatement. » (on ordonne, on conseille)
Chaque type peut prendre la forme affirmative ou la forme négative : « Le navire ne quitte pas le port. » La négation s’écrit en deux mots : ne… pas, ne… plus, ne… jamais, ne… rien.
La phrase non verbale ne contient pas de verbe conjugué : « Terre en vue ! », « Départ à l’aube. » Elle est fréquente dans les titres et les dialogues.
À l’écrit, ne jamais oublier le ne de la négation : « on ne voit rien » (et non « on voit rien »).
Phrase simple, phrase complexe
Une phrase simple contient un seul verbe conjugué (une seule proposition) ; une phrase complexe en contient plusieurs. Trois façons de relier les propositions :
| Liaison | Moyen | Exemple |
|---|---|---|
| Juxtaposition | Signe de ponctuation ( , ; : ) | « Le vent se leva, les voiles claquèrent. » |
| Coordination | Conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) | « Le vent se leva et les voiles claquèrent. » |
| Subordination | Mot subordonnant (que, quand, parce que, si, qui…) | « Les voiles claquèrent parce que le vent se leva. » |
La juxtaposition et la coordination créent des effets de sens : « Il pleuvait, nous sortîmes » (simple succession) ; « Il pleuvait, mais nous sortîmes » (opposition) ; « Il pleuvait, donc nous restâmes » (conséquence). Dans la subordination, la proposition subordonnée dépend de la principale : « [Les voiles claquèrent] parce que le vent se leva. »
Les fonctions dans la phrase
Autour du verbe s’organisent des fonctions :
| Fonction | Question / test | Exemple |
|---|---|---|
| Sujet | Qui est-ce qui… ? | « Le capitaine observe la côte. » |
| COD | verbe + quoi ? qui ? (sans préposition) | « Le capitaine observe la côte. » |
| COI | verbe + à quoi ? de quoi ? à qui ? | « Il parle à son équipage. » |
| Attribut du sujet | après être, sembler, devenir, paraître, rester… | « Le capitaine semble inquiet. » |
| Complément circonstanciel | où ? quand ? comment ? pourquoi ? (souvent déplaçable et supprimable) | « À l’aube, le navire appareilla. » |
Ne confonds pas COD et attribut : le COD désigne autre chose que le sujet (« il regarde la mer »), l’attribut dit ce qu’est le sujet (« il est marin ») avec un verbe d’état.
Classes de mots : ne pas confondre
- Préposition : petit mot invariable qui introduit un complément — à, de, par, pour, sans, sous, sur, dans, chez, avec…
- Adverbe : mot invariable qui modifie un verbe, un adjectif ou une phrase — lentement, très, hier, ne… pas.
- Mot subordonnant : introduit une subordonnée — que, quand, parce que, si, comme, qui…
- Déterminant ou pronom ? Le déterminant accompagne un nom (« le navire », « leur carte ») ; le pronom remplace un groupe nominal (« je le vois », « il leur parle »). Test : « le/la/les/leur » suivi d’un nom = déterminant ; suivi (ou précédé) d’un verbe = pronom.
« Il leur parle » (pronom, invariable) ≠ « leurs cartes » (déterminant, s’accorde avec le nom).
Les degrés de l’adjectif
L’adjectif peut exprimer une comparaison ou un degré extrême :
| Degré | Construction | Exemple |
|---|---|---|
| Comparatif de supériorité | plus + adjectif + que | « Ce navire est plus rapide que l’autre. » |
| Comparatif d’égalité | aussi + adjectif + que | « Il est aussi courageux que son frère. » |
| Comparatif d’infériorité | moins + adjectif + que | « La mer est moins calme qu’hier. » |
| Superlatif relatif | le/la/les plus (moins) + adjectif | « C’est le plus vaillant des chevaliers. » |
| Superlatif absolu | très / fort / extrêmement + adjectif | « Une traversée très périlleuse. » |
Formes irrégulières à connaître : meilleur (comparatif de « bon » — on ne dit pas « plus bon ») et pire (comparatif de « mauvais »).
Mémo — La phrase et ses constituants

- Quatre types : déclarative, interrogative, exclamative, injonctive ; formes affirmative / négative (ne… pas, en deux mots).
- Phrase simple = un verbe conjugué ; complexe = plusieurs propositions.
- Juxtaposition (ponctuation), coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car), subordination (que, quand, parce que, si…).
- Sujet : qui est-ce qui ? COD : verbe + quoi ? COI : verbe + à/de qui ?
- Attribut du sujet : après un verbe d’état (être, sembler, devenir, paraître, rester).
- CC : où ? quand ? comment ? pourquoi ? — déplaçable et supprimable.
- Déterminant devant un nom ; pronom avec un verbe : « le navire » / « je le vois ».
- Degrés de l’adjectif : plus/aussi/moins… que ; le plus… ; très… ; irréguliers : meilleur, pire.
Exercices — La phrase et ses constituants
Exercice 1
Indique si chaque phrase est simple ou complexe ; si elle est complexe, précise le lien entre les propositions (juxtaposition, coordination, subordination) : 1) « La tempête éclata pendant la nuit. » 2) « Le mousse tremblait, le capitaine restait calme. » 3) « L’équipage fut sauvé parce que la vigie avait donné l’alerte. » 4) « Le vent tomba et la mer redevint calme. »
Correction
1) Simple : un seul verbe conjugué (« éclata »). 2) Complexe, juxtaposition : deux propositions séparées par une virgule. 3) Complexe, subordination : « parce que » introduit une subordonnée de cause. 4) Complexe, coordination : les propositions sont reliées par « et ».
Exercice 2
Donne la fonction des groupes soulignés : 1) « Le chevalier saisit son épée. » 2) « Au lever du jour, la flotte appareilla. » 3) « La princesse semblait soulagée. » 4) « Le messager parla au roi. »
Correction
1) « son épée » : COD (saisit quoi ?). 2) « Au lever du jour » : complément circonstanciel de temps (déplaçable et supprimable). 3) « soulagée » : attribut du sujet (« semblait » est un verbe d’état). 4) « au roi » : COI (parla à qui ?).
Exercice 3
« Le » est-il déterminant ou pronom ? 1) « Le trésor est enfoui sur l’île. » 2) « Ce trésor, nous le trouverons. » Même question pour « leur » : 3) « Il rendit leur carte aux marins. » 4) « Il leur rendit la carte. »
Correction
1) Déterminant : « le » accompagne le nom « trésor ». 2) Pronom : « le » remplace « ce trésor » et se place devant le verbe. 3) Déterminant : « leur » accompagne le nom « carte » (il s’accorderait : leurs cartes). 4) Pronom : « leur » remplace « aux marins » et reste invariable.
Exercice 4
Réécris en utilisant le degré demandé : 1) « Ce sentier est dangereux. » (comparatif de supériorité, par rapport à « la route ») 2) « Lancelot est un chevalier vaillant. » (superlatif relatif, parmi tous les chevaliers) 3) « Ce gâteau est bon. » (comparatif de supériorité, par rapport à « l’autre »).
Correction
1) « Ce sentier est plus dangereux que la route. » 2) « Lancelot est le plus vaillant des chevaliers. » 3) « Ce gâteau est meilleur que l’autre » — forme irrégulière obligatoire : « plus bon » est incorrect.
Évaluation — La phrase et ses constituants
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Registres de langue et paroles rapportées

Grammaire de l’oral, grammaire de l’écrit
À l’oral spontané, la langue prend des libertés que l’écrit n’accepte pas :
| Oral spontané | Écrit (norme) | Phénomène |
|---|---|---|
| « On voit rien. » | « On ne voit rien. » | Chute du « ne » de négation |
| « Tu viens quand ? » | « Quand viens-tu ? » | Interrogation sans inversion |
| « Mon frère, il arrive. » | « Mon frère arrive. » | Redoublement du sujet |
| « Y a du vent. » | « Il y a du vent. » | Effacement de « il » |
Ces tournures orales ne sont pas des « fautes » en conversation ; mais dans un écrit scolaire ou un oral formel, on applique la norme de l’écrit. Un romancier peut, lui, les utiliser volontairement dans un dialogue pour faire vrai.
Le discours direct
Au discours direct, on rapporte les paroles telles qu’elles ont été prononcées :
- Un verbe de parole annonce ou accompagne les paroles : dire, demander, s’écrier, murmurer, répliquer…
- Ponctuation : deux-points, guillemets ouvrants, paroles, guillemets fermants — « Le capitaine s’écria : “Terre en vue !” »
- Dans un dialogue suivi, un tiret marque chaque changement de locuteur (les guillemets peuvent encadrer l’ensemble du dialogue).
- Le verbe de parole peut être en incise, au milieu ou à la fin : « Terre en vue ! s’écria le capitaine. » (sujet inversé dans l’incise).
Discours direct = paroles exactes + deux-points, guillemets, tirets ; temps et personnes de la parole d’origine conservés.
Le discours indirect
Au discours indirect, les paroles sont intégrées au récit dans une subordonnée : plus de guillemets, mais des transformations obligatoires.
| Discours direct | Discours indirect | Transformations |
|---|---|---|
| Il déclara : « Je suis prêt. » | Il déclara qu’il était prêt. | que + personne (je → il) + temps (présent → imparfait) |
| Elle demanda : « Où allons-nous ? » | Elle demanda où ils allaient. | mot interrogatif conservé, plus de point d’interrogation |
| Il demanda : « Viendras-tu demain ? » | Il demanda si elle viendrait le lendemain. | si + conditionnel + demain → le lendemain |
Retiens les changements : pronoms (je → il/elle), temps (présent → imparfait ; futur → conditionnel ; passé composé → plus-que-parfait) et repères de temps (aujourd’hui → ce jour-là ; demain → le lendemain ; hier → la veille).
Insérer un dialogue dans un récit
Un dialogue réussi fait avancer l’histoire et révèle les personnages :
- Introduire le dialogue par une phrase de récit : « Le mousse s’approcha du capitaine. »
- Varier les verbes de parole : au lieu de « dit-il » partout — souffla, protesta, ordonna, s’étonna, avoua…
- Doser : deux ou trois échanges valent mieux qu’une page entière de répliques creuses.
- Adapter le registre au personnage : un vieux loup de mer et un jeune mousse ne parlent pas de la même façon — c’est un outil de caractérisation.
- Reprendre le récit après le dialogue : « Sur ces mots, le capitaine remonta sur le pont. »
Un dialogue n’est pas une pause : il doit apporter une information ou révéler un personnage.
Mémo — Registres de langue et paroles rapportées

- Oral spontané : chute du « ne », sujet redoublé, « y a » — acceptable en conversation, pas dans un écrit scolaire.
- Discours direct : paroles exactes ; deux-points, guillemets, tirets à chaque changement de locuteur.
- Incise : « Terre en vue ! s’écria le capitaine. » (sujet inversé).
- Discours indirect : subordonnée après un verbe de parole ; pas de guillemets.
- Transformations : je → il/elle ; présent → imparfait ; futur → conditionnel ; question totale → « si ».
- Repères de temps : aujourd’hui → ce jour-là ; demain → le lendemain ; hier → la veille.
- Dialogue de récit : verbes de parole variés, registre adapté au personnage, dialogue qui fait avancer l’action.
Exercices — Registres de langue et paroles rapportées
Exercice 1
Rétablis la norme de l’écrit : 1) « On entend rien avec ce vent. » 2) « Tu pars quand ? » 3) « Le capitaine, il a donné l’ordre. » 4) « Y a une île droit devant. »
Correction
1) « On n’entend rien avec ce vent. » 2) « Quand pars-tu ? » (ou : « Quand est-ce que tu pars ? », accepté à l’oral courant). 3) « Le capitaine a donné l’ordre. » (suppression du sujet redoublé). 4) « Il y a une île droit devant. »
Exercice 2
Ponctue correctement ce discours direct : « le mousse murmura j’ai peur de la tempête le capitaine répondit garde ton calme petit »
Correction
« Le mousse murmura : “J’ai peur de la tempête.” Le capitaine répondit : “Garde ton calme, petit.” » En dialogue suivi, on peut aussi écrire :
— J’ai peur de la tempête, murmura le mousse.
— Garde ton calme, petit, répondit le capitaine.
Les verbes de parole passent alors en incise, avec sujet inversé.
Exercice 3
Transpose au discours indirect : 1) Le capitaine déclara : « Nous accosterons demain. » 2) La vigie cria : « Je vois un navire à l’horizon ! » 3) Le mousse demanda : « Sommes-nous perdus ? »
Correction
1) Le capitaine déclara qu’ils accosteraient le lendemain (futur → conditionnel ; demain → le lendemain). 2) La vigie cria qu’elle voyait un navire à l’horizon (je → elle ; présent → imparfait ; l’exclamation disparaît). 3) Le mousse demanda s’ils étaient perdus (question totale → « si » ; présent → imparfait ; plus de point d’interrogation).
Exercice 4
Écris un passage de récit (huit à douze lignes) contenant un dialogue de trois échanges entre un explorateur et son guide : phrase d’introduction, tirets, trois verbes de parole différents, registres distincts (l’explorateur parle en registre soutenu, le guide en registre courant), reprise du récit à la fin.
Correction
Critères de réussite : le dialogue est introduit par une phrase de récit et se clôt par une reprise du récit ; chaque changement de locuteur est marqué d’un tiret ; trois verbes de parole différents (aucun « dit-il » répété) ; les deux registres sont reconnaissables (par exemple « Fort bien, poursuivons notre progression » face à « On ferait mieux de passer par là ») ; le dialogue apporte une information utile à l’histoire (danger, direction, découverte).
Évaluation — Registres de langue et paroles rapportées
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Le verbe : formes, temps et modes

Radical et terminaison
Une forme verbale se compose d’un radical (qui porte le sens) et d’une terminaison (qui indique le temps et la personne) : nous naviguions = radical « naviguer » + terminaison de l’imparfait, 1ʳᵉ personne du pluriel.
- Les temps simples tiennent en un seul mot : présent (je navigue), imparfait (je naviguais), passé simple (je naviguai), futur (je naviguerai).
- Les temps composés se forment avec un auxiliaire (être ou avoir) + participe passé : passé composé (j’ai navigué), plus-que-parfait (j’avais navigué).
- Certains verbes changent de radical selon les temps : prendre → je prends, je prenais, je pris, je prendrai.
Pour analyser une forme verbale : infinitif + temps + personne. Ex. : « ils prirent » = prendre, passé simple, 3ᵉ personne du pluriel.
Les temps simples de l’indicatif
Terminaisons à connaître parfaitement :
| Temps | Chanter | Finir | Prendre |
|---|---|---|---|
| Présent (je / nous) | je chante / nous chantons | je finis / nous finissons | je prends / nous prenons |
| Imparfait (je / nous) | je chantais / nous chantions | je finissais / nous finissions | je prenais / nous prenions |
| Passé simple (il / ils) | il chanta / ils chantèrent | il finit / ils finirent | il prit / ils prirent |
| Futur (je / nous) | je chanterai / nous chanterons | je finirai / nous finirons | je prendrai / nous prendrons |
- Imparfait : mêmes terminaisons pour tous les verbes — -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient.
- Passé simple : verbes en -er → -a / -èrent ; la plupart des autres → -it / -irent ou -ut / -urent (il courut, ils voulurent) ; venir et tenir → il vint, ils tinrent.
- Futur : infinitif (souvent) + -rai, -ras, -ra, -rons, -rez, -ront.
Les temps composés
Un temps composé = auxiliaire conjugué + participe passé. L’auxiliaire donne le nom du temps :
| Temps composé | Auxiliaire au… | Exemple |
|---|---|---|
| Passé composé | présent | j’ai exploré / je suis parti(e) |
| Plus-que-parfait | imparfait | j’avais exploré / j’étais parti(e) |
- Le plus-que-parfait exprime une action antérieure à une autre action passée : « Le navire avait quitté le port quand la tempête éclata. »
- Ne confonds pas participe passé et infinitif des verbes en -er : « il a exploré » (participe) / « il veut explorer » (infinitif). Test : remplacer par « prendre / pris » — « il a pris » → -é ; « il veut prendre » → -er.
Les valeurs des temps dans le récit
Un temps n’indique pas seulement une date : il a des valeurs.
- Imparfait : arrière-plan du récit — descriptions (« la mer brillait »), habitudes (« chaque soir, il consultait la carte »), actions en cours non délimitées.
- Passé simple : premier plan — actions soudaines, achevées, qui font avancer l’histoire (« soudain, la vigie cria »).
- Présent : vérité générale (« La Terre tourne »), présent d’énonciation (« Je t’écris du port »), présent de narration pour rendre un récit plus vivant (« Alors le capitaine bondit et saisit la barre »).
- Aspect : les temps composés présentent l’action comme accomplie (« il a mangé » = c’est fait), les temps simples comme en cours (« il mange »).
Dans un récit au passé : imparfait = décor et actions d’arrière-plan, passé simple = actions de premier plan.
Indicatif et impératif
Le mode exprime la manière d’envisager l’action :
- L’indicatif présente l’action comme réelle : c’est le mode des faits (tous les temps vus ci-dessus).
- L’impératif exprime l’ordre, le conseil, l’interdiction ; il n’a que trois personnes et pas de sujet exprimé : « Écoute ! Écoutons ! Écoutez ! »
- À la 2ᵉ personne du singulier, les verbes en -er ne prennent pas de s : « Marche plus vite ! », « Regarde la carte ! » (mais : « Finis ton travail ! », « Prends la barre ! »).
- À la forme négative, l’impératif exprime l’interdiction : « Ne quitte pas le pont ! »
Mémo — Le verbe : formes, temps et modes

- Forme verbale = radical (sens) + terminaison (temps + personne).
- Imparfait : -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient — pour tous les verbes.
- Passé simple : -er → il chanta / ils chantèrent ; autres → il prit / ils prirent, il courut / ils coururent ; venir → il vint.
- Futur : -rai, -ras, -ra, -rons, -rez, -ront.
- Temps composés : auxiliaire + participe passé ; plus-que-parfait = action antérieure dans le passé.
- Valeurs : imparfait = arrière-plan (décor, habitudes) ; passé simple = premier plan (actions).
- -é ou -er ? Remplacer par pris / prendre : « il a pris » → -é ; « il veut prendre » → -er.
- Impératif : trois personnes, pas de sujet ; verbes en -er sans s au singulier (« Regarde ! » mais « Finis ! »).
Exercices — Le verbe : formes, temps et modes
Exercice 1
Analyse ces formes verbales (infinitif, temps, personne) : 1) nous prenions ; 2) ils s’élancèrent ; 3) tu auras fini ; 4) elle avait découvert.
Correction
1) prendre, imparfait de l’indicatif, 1ʳᵉ personne du pluriel. 2) s’élancer, passé simple, 3ᵉ personne du pluriel. 3) finir, futur antérieur (auxiliaire avoir au futur + participe passé), 2ᵉ personne du singulier. 4) découvrir, plus-que-parfait (auxiliaire avoir à l’imparfait + participe passé), 3ᵉ personne du singulier.
Exercice 2
Complète ce récit en conjuguant à l’imparfait ou au passé simple, selon la valeur : « La mer (être) calme et le navire (avancer) doucement. Soudain, la vigie (crier) : une voile ennemie (apparaître) à l’horizon. Le capitaine (saisir) sa lunette. »
Correction
« La mer était calme et le navire avançait doucement (imparfait : décor, arrière-plan). Soudain, la vigie cria : une voile ennemie apparut à l’horizon. Le capitaine saisit sa lunette (passé simple : actions soudaines de premier plan). »
Exercice 3
Choisis entre -é et -er : 1) Le mousse a grimp… au mât. 2) Il voulait explor… la grotte. 3) Après avoir cherch… longtemps, ils ont trouv… le passage.
Correction
1) « a grimpé » (on peut dire « a pris » → participe passé). 2) « voulait explorer » (« voulait prendre » → infinitif). 3) « après avoir cherché » (« après avoir pris ») et « ils ont trouvé » (« ils ont pris ») → participes passés.
Exercice 4
Transforme ces consignes à l’impératif, 2ᵉ personne du singulier, puis 1ʳᵉ personne du pluriel : 1) regarder la carte ; 2) finir les provisions ; 3) ne pas quitter le sentier.
Correction
1) « Regarde la carte ! » (pas de s : verbe en -er) / « Regardons la carte ! » 2) « Finis les provisions ! » (le s reste : finir n’est pas un verbe en -er) / « Finissons les provisions ! » 3) « Ne quitte pas le sentier ! » / « Ne quittons pas le sentier ! » (impératif négatif = interdiction).
Évaluation — Le verbe : formes, temps et modes
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
Cours — Accords et orthographe grammaticale

La chaîne d’accord du groupe nominal
Dans le groupe nominal, le nom noyau impose son genre et son nombre au déterminant et aux adjectifs : c’est la chaîne d’accord.
- « les grandes caravelles portugaises » : le nom « caravelles » (féminin pluriel) commande tout le groupe.
- L’adjectif s’accorde même s’il est éloigné du nom : « Les voiles, gonflées par le vent, claquaient. »
- L’attribut du sujet s’accorde avec le sujet, à travers le verbe d’état : « La mer semble calme. », « Les marins restèrent silencieux. »
- Adjectifs de couleur : ils s’accordent (« des voiles blanches »), sauf s’ils viennent d’un nom (« des voiles orange ») ou s’ils sont composés (« des yeux bleu clair »).
Toujours chercher le nom noyau : c’est lui qui commande le genre et le nombre de toute la chaîne.
L’accord sujet-verbe : les cas difficiles
Le verbe s’accorde avec son sujet, même quand celui-ci est difficile à repérer :
| Cas | Exemple | Explication |
|---|---|---|
| Sujet inversé | « Sur le pont couraient les mousses. » | Le sujet est après le verbe : qui est-ce qui courait ? |
| Écran entre sujet et verbe | « Le capitaine des marins donne l’ordre. » | Le verbe s’accorde avec « capitaine », pas avec « marins ». |
| Sujets coordonnés | « Le mousse et la vigie guettent. » | Deux sujets au singulier = verbe au pluriel. |
| Pronom relatif « qui » | « C’est moi qui prends la barre. » | « qui » reprend « moi » : accord à la 1ʳᵉ personne. |
| Pronom écran | « Le capitaine les appelle. » | « les » est COD : le verbe s’accorde avec « capitaine ». |
Le participe passé avec être
Avec l’auxiliaire être, le participe passé s’accorde avec le sujet en genre et en nombre :
- « Le navire est arrivé au port. » (masculin singulier)
- « La flotte est arrivée au port. » (féminin singulier)
- « Les exploratrices sont arrivées épuisées. » (féminin pluriel — et « épuisées », attribut, s’accorde aussi)
- La règle vaut pour tous les temps composés avec être : « Elles étaient parties à l’aube. »
Auxiliaire être → accord avec le sujet, toujours.
Le participe passé avec avoir
Avec l’auxiliaire avoir, le participe passé ne s’accorde jamais avec le sujet :
- « Elles ont exploré la grotte. » (pas d’accord avec « elles »)
- Mais il s’accorde avec le COD si celui-ci est placé avant le verbe (COD antéposé) :
- « Les îles que nous avons explorées étaient désertes. » → « que » (= les îles) est COD, placé avant : accord au féminin pluriel.
- « Ces cartes, il les a rangées. » → « les » (= ces cartes) est COD antéposé : accord.
- « Nous avons exploré les îles. » → COD après le verbe : pas d’accord.
Méthode en trois questions : 1) Quel auxiliaire ? 2) S’il s’agit d’avoir : y a-t-il un COD ? 3) Est-il placé avant le verbe ? Si oui, accord avec ce COD.
Avoir → accord seulement avec le COD placé avant le verbe : « les îles que nous avons explorées ».
Mémo — Accords et orthographe grammaticale

- Groupe nominal : le nom noyau commande genre et nombre de toute la chaîne (déterminant, adjectifs).
- Attribut du sujet : s’accorde avec le sujet (« La mer semble calme. »).
- Sujet inversé : poser la question « qui est-ce qui ? » (« Sur le pont couraient les mousses. »).
- Écran : « Le capitaine des marins donne… » — accord avec le noyau du sujet, pas avec le complément.
- Sujets coordonnés : verbe au pluriel ; « c’est moi qui » → verbe à la 1ʳᵉ personne.
- Participe passé avec être : accord avec le sujet (« Elles sont parties. »).
- Participe passé avec avoir : pas d’accord avec le sujet ; accord avec le COD seulement s’il est avant le verbe (« les îles que nous avons explorées »).
- Méthode : quel auxiliaire ? y a-t-il un COD ? est-il placé avant ?
Exercices — Accords et orthographe grammaticale
Exercice 1
Accorde les mots entre parenthèses : « Les (grand) caravelles (portugais), (poussé) par des vents (favorable), atteignirent les côtes (lointain). »
Correction
« Les grandes caravelles portugaises, poussées par des vents favorables, atteignirent les côtes lointaines. » Tous les adjectifs et le participe s’accordent avec leur nom noyau : « caravelles » (féminin pluriel), « vents » (masculin pluriel), « côtes » (féminin pluriel).
Exercice 2
Choisis la forme verbale correcte : 1) « Le chef des explorateurs (donne / donnent) le signal. » 2) « Sur la plage (s’élevait / s’élevaient) trois cabanes. » 3) « C’est toi qui (prend / prends) la première garde. » 4) « Le mousse et la vigie (guette / guettent) l’horizon. »
Correction
1) donne : le sujet est « le chef » (singulier), « des explorateurs » n’est qu’un complément-écran. 2) s’élevaient : le sujet inversé est « trois cabanes » (pluriel). 3) prends : « qui » reprend « toi » → 2ᵉ personne du singulier. 4) guettent : deux sujets coordonnés → pluriel.
Exercice 3
Accorde les participes passés : 1) « Elles sont (parti) avant l’aube. » 2) « Ils ont (découvert) une crique. » 3) « La crique qu’ils ont (découvert) était magnifique. » 4) « Ces provisions, nous les avons (embarqué) hier. »
Correction
1) « parties » : auxiliaire être → accord avec le sujet « elles ». 2) « découvert » : auxiliaire avoir, COD (« une crique ») après le verbe → pas d’accord. 3) « découverte » : le COD « qu’ » (= la crique) est avant le verbe → accord féminin singulier. 4) « embarquées » : « les » (= ces provisions, féminin pluriel) est COD antéposé → accord.
Exercice 4 — Dictée préparée
Fais-toi dicter ce texte, puis vérifie chaque accord : « Les deux sœurs étaient parties explorer la falaise. Les grottes qu’elles avaient repérées la veille semblaient profondes. Poussées par la curiosité, elles ont allumé leurs lampes et ont exploré la première galerie. »
Correction
Points à vérifier : « parties » (être + sujet féminin pluriel) ; « repérées » (avoir + COD « qu’ » = les grottes, antéposé) ; « semblaient profondes » (attribut accordé avec « les grottes ») ; « Poussées » (participe apposé, accordé avec « elles ») ; « ont allumé » et « ont exploré » sans accord (COD après le verbe) ; « leurs lampes » (déterminant accordé).
Évaluation — Accords et orthographe grammaticale
Une question à la fois : la note apparaît après 20 réponses et se calcule sur les 20 dernières.
Question 1
